Et si nous remontions le temps ....

La pratique religieuse à Vihiers au début des années 50.

A partir des bulletins paroissiaux et des souvenirs de quelques anciens paroissiens dont certains étaient enfants de chœur durant ces années.

Le chanoine Levron, curé doyen de Vihiers depuis Janvier 1946, relance, en Avril 1950, la publication du bulletin paroissial, publication qui avait été interrompue par la guerre. Il s’agit d’un petit fascicule d’une quinzaine de pages - Edition spéciale de « Notre Clocher » -

Les bulletins paroissiaux sont portés dans les familles moyennant une petite contribution financière (20 puis 25 F) donnée directement au porteur ou un abonnement à 300 F. Les pages concernant la vie paroissiale (baptêmes, communions, mariages, sépultures, résultats aux examens des école libres, nouvelles des militaires...) sont particulièrement appréciées.
Sachant très bien écrire, le curé utilise ces bulletins pour informer, instruire, réprimander ou encourager ses paroissiens. On y trouve beaucoup d’éléments, forts savants, sur les fêtes religieuses, les saints...mais aussi des « petites histoires », comme ses entretiens imaginaires avec la mère Taugourdeau, pour faire passer ses enseignements moraux. Bien sûr, on y trouve tous les détails pratiques concernant les offices religieux, les baptêmes, mariages et sépultures, le catéchisme (horaires, examens), les retraites, les conférences religieuses. Les écoles libres pour lesquelles il se bat ont une place importante avec les ventes de crèches, les résultats des examens, les kermesses, les positions politiques de l’Église.
Mais le curé, dans son bulletin, fait aussi le compte-rendu des différentes Œuvres de la Paroisse : le Patronage saint Joseph avec les films du mois (il est à l’origine du cinéma lancé en 1946), mais aussi les pièces de théâtre, la chorale, la Patriote et ses résultats sportifs, la J.A.C. (Jeunesse agricole chrétienne) avec ses différentes sections : jeunes filles, foyers, femmes (les Ligueuses), mais encore il donne des nouvelles des appelés de la Paroisse...

1 – la messe du dimanche

Chaque fidèle doit assister à la messe du dimanche : soit à la première messe, tôt le dimanche matin, généralement à 7 H, c’est une « messe basse » c’est à dire non chantée et donc rapide, soit à la Grand’Messe de 11 H, une messe chantée c’est à dire animée par la chorale, donc plus longue, plus d’une heure.
En Janvier 1951, dans le bulletin paroissial, après ses vœux le curé fait quelques rappels à ses paroissiens, quant-à l’obligation de la messe dominicale « Dieu nous ordonne d’assister chaque dimanche à la messe. Ce n’est pas un désir, c’est un ordre. » écrit-il, puis il ajoute que Dieu aurait pu demander bien plus, une journée de prière par semaine, la messe chaque jour. Alors on n’a pas à se plaindre. Il déplore qu’un bon tiers des chrétiens manque la messe régulièrement. Il énumère toutes les bonnes raisons avancées par ces paroissiens absentéistes :
– Certains trouvent la grand-messe du dimanche trop longue (une heure et quart) à cause des nombreux chants et de la distribution de la Communion. Il faut dire que le curé a bouleversé les habitudes locales. Il a encouragé la chorale qui embellit mais, donc aussi, allonge la Grand’Messe. Il essaie de modifier les pratiques religieuses concernant la Communion. Alors qu’avant la guerre on communiait très peu, souvent une fois par an à Pâques, le curé se met à distribuer la Communion, comme aujourd’hui, pendant chaque messe. Le chanoine Levron rétorque à ceux-là qu’ils ne trouvent pas trop longues leurs parties de belotes au café, leurs discussions avec les amis, les assemblées, les foires.

– Les hommes préfèrent aller à la pêche, à la chasse, au café avec les copains. Le clergé anticipant l’absentéisme des chasseurs disait une messe spéciale appelée « messe des chasseurs », le jour de l’ouverture de la chasse, vers 6 heures du matin, avant le lever du soleil.
– Les femmes prétextent qu’elles doivent s’occuper de leurs « poupons » ou bien préparer le déjeuner.
– Et puis, ajoute-t-il, la grippe a bon dos.
Aucune de ces excuses ne trouve grâce à ses yeux, surtout pas « les poupons ».

Le curé donne dans ce bulletin paroissial le nombre de messes qui ont été célébrées dans son église durant l’année 1950 : 1650 messes ! Soit 4 à 5 messes par jour ! Mais il faut savoir qu’un prêtre à l’obligation de dire sa messe chaque jour or, sur la paroisse de Vihiers, ils sont deux : le curé et son vicaire.

On peut en conclure qu’au début des années 50 à Vihiers, si les deux tiers des paroissiens vont bien à la messe chaque dimanche, un tiers s’en dispense assez souvent, ne fréquentant l’église que pour les grandes occasions : les grandes fêtes religieuses et les sacrements (baptême, communions des enfants, mariage et enterrements).

D’ailleurs, deux mois après, en Mars, le curé renouvelle ses réprimandes concernant la messe du dimanche : « Pendant un certain temps, l’assistance à la messe du dimanche fut un peu négligée. Il y en a encore trop qui ne comprennent pas, qui ne savent pas ce que doit être la messe pour eux. Il y a eu, il faut le répéter la grippe ! Les malades, par ailleurs, suivent la messe à la radio ! Mais il y a, semble-t-il, des convalescences un peu prolongées … Et vous, jeune, attention ! … Vous êtes un objet de scandale si l’on s’aperçoit que vous manquez la messe... »
En septembre 1952 le curé fait quelques recommandations concernant la messe du dimanche :
– « L’Eglise exige une tenue correcte et décente à l’église, la femme doit toujours avoir la tête couverte à l’église.
– Un vrai chrétien doit être à l’heure quand il assiste à la Messe le dimanche. Il doit attendre la fin de la Messe pour sortir de l’église.
– Il faut avoir un missel entre les mains à la Messe et s’en servir.
– La Communion à la Grand’Messe est très recommandée... »

2 – « Faire ses Pâques »

Chaque fidèle doit se confesser puis communier au moins une fois par an, on appelle cela « faire ses Pâques ». Le curé appelle les paroissiens devant remplir cette obligation des « pascalisants »
Dans le bulletin paroissial de 1951, du mois suivant Pâques, le curé fait le bilan des communions pascales. Il estime en gros, à 1000-1100 adultes à Vihiers, le nombre des « pascalisants » auxquels il rajoute 300 enfants ayant fait leur communion.
Mais écrit le Curé :
« Il reste que 250 adultes ne remplissent plus leur devoir Pascal, et se mettent ainsi en dehors de la Communion de l’Eglise. 250 … Et Pourquoi ? Certains, par principe (Libres Penseurs …), beaucoup par négligence, indifférence... » Vihiers comptant alors environ 1600 habitants, ses chiffres sont tout à fait vraisemblables.

Pour permettre aux fidèles de « Faire leurs Pâques » le curé se met à leur disposition pour les confesser. Il annonce dans le bulletin paroissial les horaires de confessions : le samedi des Rameaux, les lundi, mardi, mercredi et Samedi saint (veille de Pâques) soit cinq après-midis de 15-16 H à 19 H. Il faut rappeler qu’à cette époque toutes les confessions sont individuelles !
Beaucoup d’adultes, au début des années 50, ne se confessent et ne communient qu’une fois par an. Dans les fermes, le patron organisait un roulement pour que tout le monde puisse aller se confesser la veille de Pâques. Les hommes y allaient le plus tard possible le samedi saint afin d’être surs de ne pas jurer avant d’aller communier ! Les femmes y allaient plus tôt.

En ce qui concerne la communion, les pratiques sont très différentes de notre époque. Peu de gens communiaient, comme aujourd’hui, à chaque messe. Il faut dire qu’il était interdit de manger et boire depuis minuit jusqu’à la communion du lendemain. Aussi, pour éviter de rester à jeun jusqu’au midi, ceux qui désiraient communier le dimanche, se rendaient généralement à la fin de la première messe pour recevoir l’eucharistie. Pour cela, ils attendaient à la porte de l’église et se précipitait à l’intérieur dès qu’ils entendaient la fin de la messe. On communiait donc peu à la Grand’Messe. Les jours de communion des enfants le curé ajoute une messe à 9 H qu’il appelle « Messe de Communion » pour permettre aux enfants d’être à jeun moins longtemps.
L’Église essaie cependant de modifier cette pratique et le curé constate dans le bulletin paroissial que les communions se font de plus en plus nombreuses sur la Paroisse. Le curé Levron attribue cela à une assistance plus importante à la messe en semaine. Ainsi, les Ligueuses, les femmes de l’Action Catholique féminine, s’engagent à venir à la messe tous les mardis. Il remarque aussi que les communions de la Grand’Messe sont plus fréquentes et qu’enfin un nombre de plus en plus grand d’enfants communient le dimanche et le jeudi (à l’époque, pour les enfants, jour de congé consacré au catéchisme). Les enfants des écoles privées allaient aussi à la messe tous les premiers vendredis du mois consacré au saint sacrement.
Cependant au début des années 50 les vieilles traditions persistent, hommes et femmes ne font pas ensemble leurs Pâques. Ainsi, on lit dans le bulletin paroissial : « Il est d’usage, ici, que les femmes communient le Jeudi Saint, et les hommes, le Dimanche de Pâques. Il est bon de s’en tenir à l’usage établi, bien qu’il ne faille pas y voir un précepte strict. L’important c’est que tous communient. » et donc, il annonce un peu plus loin : « Dimanche de Pâques : la messe de 7 h, sera selon la coutume, la messe de Communion Pascale des hommes et des jeunes gens. »
Ainsi, on voit bien qu’à Vihiers le curé se heurte souvent au poids des traditions lorsque, suivant les ordres de son évêque novateur, Monseigneur Chappoulie, il essaie d’introduire des nouveautés, particulièrement la distribution de la Communion pendant la Grand’Messe du Dimanche.

3 - Les sacrements

Bien peu de vihiersois osaient se passer des sacrements de l’Église. La grande majorité des enfants est baptisée, fait ses communions (privées et solennelles) et sa confirmation, puis se marie à l’église, reçoit l’extrême-onction et passe par l’église lors des funérailles.
Seules quelques familles de Vihiers rejettent l’Église catholique, soit par conviction, soit à cause d’un désaccord avec le Curé. Très peu d’enfants, essentiellement quelques garçons, ne font pas leur communion.

4 - Le catéchisme, les communions et la confirmation

Le curé se montre très exigeant pour accorder aux enfants le droit de faire leur communion. La première obligation est l’assistance aux leçons de catéchisme. Voici ce qu’écrit le curé Levron dans le bulletin paroissial d’octobre 1950 :
« Sur le plan paroissial, l’Enseignement Catéchétique comprend trois cycles ou séries de leçons :
1°) D’abord le catéchisme de première Communion Privée – qui groupe tous les enfants âgés de 6 ans – et qui prépare à la cérémonie de première communion Privée. Les cours ont lieu à l’église, chaque lundi, à 12 heures.
2°) Puis le cycle des catéchismes de Communion Solennelle – divisé en trois cours – 1ère et 2è année préparatoire, et catéchisme de Première Communion.
La Communion Solennelle est fixée actuellement à 11 ans. Les enfants sont donc répartis ainsi :
1ère année préparatoire, les enfants qui ont, ou prennent 8 ans, en 1950.
2è année préparatoire, les enfants qui ont, ou prennent 9 ans, en 1950.
Catéchisme de Première Communion, les enfants qui ont, ou prennent 10 ans, en 1950.
Ces trois cours de catéchisme ont lieu, à la Chapelle Saint-Jean, et également de 12 heures à 13 heures :

  • Les lundis et mercredis, pour les deux années préparatoires.
  • Les mardis et vendredis, pour la Première Communion.
    Ce règlement est strict et ne comporte aucune exception. Le clergé est chargé de son application. Pour les cas particuliers, Monsieur le Curé doit en référer à l’Évêché.
    Un troisième cycle, enfin, intitulé « Catéchisme de Persévérance », groupe tous les enfants de 12 à 13 ans. Il a lieu à l’église, le mardi et le Vendredi, de 12 heures à 13 heures. »
    De 8 à 13 ans les enfants ont donc deux heures de catéchisme par semaine. Les anciens se souviennent de ces heures passées à la Chapelle Saint Jean, les filles d’un côté et les garçons de l’autre. Quant-aux enfants des écoles publiques, ils étaient relégués à l’arrière, sur les deux derniers bancs.
    Une de ces petites filles de l’école publique se rappelle être arrivée parfois en retard à l’école suite à ces leçons de catéchisme, mais jamais l’instituteur ne lui a fait de remarques désobligeantes.
    Au début des années 50 le catéchisme est fait uniquement par le curé ou son abbé. Il est absolument hors de question pour eux de se faire aider, comme aujourd’hui, par des laïcs.


Le curé rappelle dans le bulletin paroissial l’importance du catéchisme :
« L’Église attache de plus en plus d’importance à cet enseignement du catéchisme. C’est souvent le seul bagage religieux que l’enfant emportera avec lui dans la vie. Et dans le désarroi actuel des idées et des doctrines, face au libertinage des mœurs, les jeunes ont besoin plus que jamais de principes et de convictions. »
La grande doctrine concurrente de la religion est à l’époque le communisme. Il ne faut pas oublier qu’en 1947, le parti communiste est devenu, lors des élections législatives, le premier parti de France et nous sommes au début des années 50 en pleine guerre froide. Même si l’ouest est épargné par la montée du communisme, l’Église doit se battre pour conserver ses fidèles ; cela d’autant plus qu’à Vihiers, contrairement aux petites paroisses rurales des environs, un petit noyau de « libres penseurs » comme les appelle le curé, entretient des activités culturelles, sportives en dehors de la paroisse autour du « Foyer Laïque ». Cela s’explique par le fait qu’en tant que chef-lieu du canton, Vihiers abrite des notables, comme le notaire, des commerçants, et des fonctionnaires comme les instituteurs laïques, les postiers, les employés de la perception ; plus instruits et parfois non originaires de la région ils sont moins soumis au clergé local.

Le curé insiste aussi, dans le bulletin paroissial, sur le rôle des parents dans la formation religieuse des enfants :
« Cet enseignement religieux (comme l’autre d’ailleurs), suppose une étroite collaboration entre parents et Maîtres. Et ici, les Maîtres sont les prêtres. Ils ne feront rien (d’efficace et de sérieux), sans l’aide, l’appui, le travail des parents. Quand l’enfant arrive au Catéchisme sans avoir reçu de sa maman les premières notions de religion, le prêtre jette le grain dans un terrain qui n’a pas été préparé. Presque toute la semence est perdue...
Les parents doivent donc préparer leurs enfants à l’enseignement du Catéchisme en les familiarisant avec les grandes vérités – en leur apprenant les premières prières. Ils doivent ensuite les inscrire en temps voulu, aux cours de catéchisme. Enfin ils auront à cœur de contrôler soigneusement les leçons et devoirs qui pourraient leur être donnés. »
L’éducation est « l’affaire des mamans » à cette époque. D’ailleurs, le principal grief du pape dans son encyclique de 1937 contre le communisme, c’est l’encouragement fait aux femmes d’aller travailler à l’extérieur. L’Église porte donc une attention toute particulière à la formation religieuse des filles. Ainsi à Vihiers les religieuses de Saint Jean les encadrent avec beaucoup d’attention, alors que les garçons, eux, confiés aux instituteurs, sont moins surveillés. Dans les petits villages ne pouvant entretenir deux écoles catholiques, comme Trémont, les garçons vont à l’école publique, mais jamais les filles !


Pour les enfants, la communion est précédée par une retraite obligatoire de trois jours, retraite annoncée ainsi dans le bulletin paroissial :
« La retraite, obligatoire pour tous les enfants de 1re, 2e et 3e Communion, démarre le jeudi de l’Ascension après les Vêpres et ne se termine que le samedi soir. Elle se déroule, pour les garçons, au Patronage St Joseph (ancienne salle de cinéma). Les enseignants acceptaient que les enfants soient absents de l’école.
Les petits enfants de 7 ans ont eux aussi leur petite retraite « ouverture le jeudi à 17h - vendredi et samedi à 12 h et 16 h 30 » Elle se déroulait donc en dehors des horaires scolaires.

Mais, attention, apprendre ses leçons est obligatoire car les enfants devaient passer un « examen de catéchisme » pour pouvoir faire leur communion !
Le curé en annonce la date dans le bulletin paroissial : « Examens de catéchisme, le jeudi 26 Avril à l’église » Il incite les parents à aider leurs enfants pour réviser leurs leçons de catéchisme. M. le curé de St Hilaire et son abbé constituaient le jury d’examen. Les résultats des enfants (leurs notes) paraissent dans le bulletin paroissial ! La réussite à cet examen était obligatoire pour faire sa communion, aussi bien la Première Communion Privée que la Première Communion Solennelle.

En plus de l’assistance aux leçons de catéchisme, de la réussite à l’examen, et de présence à la retraite, la fréquentation régulière de la messe du dimanche est aussi obligatoire pour faire sa communion. Chaque enfant reçoit pour cela un livret de messe. Pour les élèves des écoles catholiques, le contrôle est fait par leurs enseignants qui les surveillent à la Messe. En effet, les enfants assistent à la Messe, non avec leurs parents, mais dans le chœur avec les autres enfants, toujours à la même place, avec les religieuses de Saint Jean, pour les filles, ou avec l’instituteur pour les garçons. Les enfants des écoles publiques, sont eux, relégués en arrière, derrière un gros pilier, souvient une ancienne. Et ils doivent faire signer, après la messe, leur carnet de messe, à la sacristie. Ce carnet doit particulièrement être utilisé, précise le curé, lorsque les enfants assistent à la messe en dehors de la Paroisse.

Une vihiersoise se souvient du drame vécu par sa mère à l’époque du curé Delépine pendant la guerre. Celui-ci annonce à sa maman, la veille du jour de la petite communion, alors que la famille, les parrains et marraines sont déjà là, que son fils ne la fera pas car il a manqué une leçon de catéchisme ! Elle essaya de faire valoir que le pauvre enfant avait été malade, mais cela ne changea rien. Il ne la fit que l’année suivante. Il faut dire que l’enfant fréquentait l’école publique.


Le curé vérifie aussi, bien sûr, que l’enfant se confesse régulièrement. Pendant la période du catéchisme, la confession est obligatoire tous les quinze jours. La première confession est traumatisante pour certains enfants qui ont très peur de leur curé. On a vu certains petits « faire dans leur culotte ». Et puis l’habitude se prend. Sur la cours de l’école saint Jean, se souvient une ancienne « les filles faisaient ensemble la liste des péchés à avouer au prêtre en confession puis l’apprenaient par cœur. C’est à celle qui aura la liste la plus longue, le record a été de 19 péchés ! Bien sûr, ce sont toujours les mêmes qui reviennent : j’ai pris du chocolat, de la confiture, dans le placard sans la permission de maman, j’ai oublié ma prière, j’ai parlé pendant la messe... Et puis on terminait par j’ai menti car on était obligé d’inventer des fautes pour faire plaisir au curé ! »

La petite communion ou communion privée. Pour un enfant de 7 ans, recevoir la communion pour la première fois, peut être fort traumatisant : il faut s’être confessé au prêtre la veille, puis jeuner depuis minuit jusqu’à la communion et enfin, surtout, veiller à bien recevoir cette hostie. Agenouillé à la table il fallait bien ouvrir la bouche, tirer la langue pour que le prêtre pose l’hostie dessus et surtout ne pas la mordre sinon du sang va couler, faisait-on croire aux petits. Et si, catastrophe, l’enfant laisse tomber l’hostie par terre, il est excommunié, mis en dehors de l’Église. C’est ainsi qu’un vihiersois, humilié par cette mésaventure dans les années 60, ne remettra plus jamais les pieds dans une église.
En 1950, la messe de Communion est à 8 H 30. Les enfants ne communient donc pas comme aujourd’hui à la Grand-messe chantée.

La Première communion Solennelle ou Profession de Foi. Elle consiste pour les jeunes de 11-12 ans, à renouveler, devant tous les chrétiens (d’où le nom de solennel) les promesses du baptême, promesses faites par leurs parrains et marraines, alors qu’ils étaient bébé.
Pour la première fois à Vihiers, en 1951, tous les enfants auront le même cierge afin de supprimer dit le curé « des comparaisons fâcheuses et parfois pénibles, en une telle fête de famille ».
En effet, les enfants des familles modestes ne pouvaient présenter que des simples cierges en regard de ceux très ouvragés de leurs copains, enfants de notables. Bien sûr, cela ne gommait pas les autres distinctions sociales, particulièrement les tenues vestimentaires. Certaines filles portaient des robes ressemblant à celle d’une mariée, et les garçons portaient des costumes comme ceux des adultes. Quelques années après, pour gommer ces différences, les enfants, garçons et filles, feront leur communion en aube (robe blanche).

Les jours de communion, à Vihiers, il y avait 3 messes dans la matinée : la première messe à 7 h, la messe de Communion à 9 h, et la Grand-messe à 11 h. A cela s’ajoutaient bien sûr, les vêpres à 15 h 30. Le repas de famille doit être terminé ! Et le lendemain, pour tous les enfants, une messe d’action de grâce à 9 h après laquelle le curé leur remettait le scapulaire c’est à dire deux petites bandes de tissu portant des images religieuses, reliées entre elles par des lanières.

La confirmation – C’est le sacrement consistant à oindre d’huile sainte une personne baptisée afin qu’elle reçoive le don du Saint-Esprit. Nécessitant la présence de l’évêque, elle ne se déroulait que tous les cinq ans dans les paroisses. Ainsi, l’évêque vient à Vihiers, le jeudi 24 Avril 1952 à 11 heures pour confirmer les enfants de 8 à 12 ans. Des parrains et marraines de confirmation étaient désignés par le Curé. Il choisissait « des notables » particulièrement actifs dans la paroisse. C’était une façon de les honorer.

A suivre !

La plus grande fête chrétienne est Pâques. Selon la coutume, écrit le curé, « le temps pascal commencera le dimanche de la Passion (ou dimanche des Rameaux le 18 Mars), pour se clôturer le 2ème dimanche après Pâques, dit « dimanche du Bon Pasteur » (soit le dimanche 8 Avril). »


Mais avant Pâques, il y a le Carême, cette période de 40 jours pendant laquelle les chrétiens doivent faire ce que le curé appelle, dans le bulletin paroissial, les « exercices de Carême » c’est-à-dire : tous les mardis , prière, chapelet et salut à 20 h 30. Le vendredi à la même heure chemin de Croix.
En Avril 1950 le curé se réjouit car « les exercices de Carême furent mieux suivis que les années précédentes » il attribue cela au fait que c’est l’Année Sainte.
Durant cette période les paroissiens sont invités à des conférences religieuses ou « causeries » comme les appelle le curé. En 1950 le chanoine Riobé, directeur des œuvres (de l’Action Catholique), vient faire deux conférences dans la salle de cinéma. Lors de la 1ère sur la foi, la salle est presque pleine, lors de la seconde sur l’espérance, le chanoine est vraiment impressionné par le fait que « plus de 300 personnes se déplacent pour l’écouter sur un tel sujet ». Son frère, docteur en chimie, professeur des facultés, viendra donner une 3ème conférence sur « La charité ou bombe atomique ».

En 1951 des conférences sont encore organisées :
« Le jeudi 15 mars – Dernière conférence extraordinaire de Carême sur le Saint Suaire de Turin, donnée par M. l’abbé Renou, professeur au Collège St Julien (à Angers). Le conférencier nous a parlé de l’authenticité (très contestée aujourd’hui par les historiens) de cette précieuse relique, essayant de nous retracer un à un, à l’aide de magnifiques photos, les supplices de la passion. »

Voici les nombreux offices religieux annoncés dans le bulletin paroissial pour le temps pascal :
« Le dimanche des Rameaux – La Grand’messe chantée à 10 h sera précédée de la Bénédiction des Rameaux et de la procession au cimetière.

Le Jeudi saint – Première Messe à 7 h. A 9 h Office. Le tantôt, à 16 h, Bénédiction des enfants. (Les mamans amenaient leurs bébés, qu’elles avaient habillés de leurs plus beaux habits devant l’autel de la Vierge décoré de fleurs, de branchages, d’où le nom de Paradis donné à cette bénédiction.) Le soir à 21 h, Sermon de la Passion. Il sera donné par M. L’abbé Boreau, vicaire de Nueil.
Le Vendredi Saint : Office à 7 h. Le tantôt, à 15 h, Chemin de la Croix.
Samedi Saint : Office à 7 h. Le curé note le mois suivant : « Après une nuit d’adoration devant le paradis, nombreux furent les fidèles qui s’agenouillèrent devant les 14 stations ... »
Il faut ajouter que les fidèles devaient jeuner ce jour-là, c’est-à-dire ne faire qu’un repas complet dans la journée et se contenter pour les autres d’une petite collation.
Dimanche de Pâques : La messe de 7 h, sera selon la coutume, la messe de Communion Pascale des hommes et des Jeunes gens. La Grand’messe sera chantée à 11 h et les Vêpres auront lieu à 15 h. Le curé précise le programme musical des cérémonies : « en plus des belles mélodies grégoriennes de l’introït, de l’alléluia...on entendait la Messe à 4 voix mixtes de J. Samson et un extrait de la Cantate 142 de J.S. Bach. »

La chorale de Vihiers était très réputée, elle donnait même des concerts à l’extérieur. Selon certains témoignages, des « incroyants » venaient à la messe comme à un concert !
Le dimanche de Pâques est aussi un véritable défilé de mode ! Il est de coutume, ce jour-là, quel que soit le temps, de montrer ses habits neufs de printemps.
Lundi de Pâques : Grand’messe à 9 h, vêpres à 14 h. »

Fête de la Pentecôte : Messes à 7 h et 11 h -Vêpres à 15 h. « Fête très solennelle et pieuse, » écrit le curé.
Quatre-Temps d’été – mercredi 16 Mai, vendredi 18 et samedi 19 : jeûne (un seul vrai repas par jour)
Fête de la Pentecôte : Messes à 7 h et 11 h -Vêpres à 15 h. « Fête très solennelle et pieuse, » écrit le Curé.
Quatre-Temps d’été – mercredi 16 Mai, vendredi 18 et samedi 19 : jeûne (un seul vrai repas par jour).

Fête de l’assomption, le 15 Aout.
Le lundi est consacré à la confession des enfants. Le mardi, veille de la fête, jeûne et abstinence. Le curé confesse toute la journée.
« Le 15 Aout, après les vêpres chantées à 15 h, procession à St Jean. Durant les vêpres sera exposé la relique insigne du voile de la Vierge Marie, que nous avons le grand honneur de posséder ici et qui est habituellement dans le tabernacle de son autel. »

Fête est la Nativité de la Vierge le 8 Septembre : messe à 7 heures, messe pour les enfants à 9 heures, le soir à 21 heures chant des complies.

La fête de la Toussaint, le 1er novembre, est précédée par un jour de Jeûne et d’abstinence pendant lequel le curé confesse toute la journée.


Fête de Noël – « Confessions le vendredi 22 décembre (1950) de 15 h. à 19 h 30 et le samedi toute la journée. Vous aurez ainsi la possibilité de communier le dimanche 24 et le lundi 25 décembre » écrit le Curé.
Noël tombant un lundi, les paroissiens doivent aller à la messe le dimanche ainsi qu’à celle de minuit le soir de Noël ou celle du 25 décembre.
Le jour de Noël, après les vêpres, la paroisse organise pour les enfants un arbre de Noël, dans la salle saint Joseph (ancien cinéma).
Dans le bulletin paroissial de Décembre 1950 le curé écrit un long texte intitulé : « Petit Jésus … ou père noël ». Il rappelle que le père noël est une invention des laïcards et n’existe pas alors que l’Enfant-Jésus existe bien, lui. « Seulement l’Enfant-Jésus descend, par ses inspirations et sa grâce, dans le cœur des papas et des mamans, et leur suggère, à l’occasion de sa naissance à Lui, le plus beau et le plus aimable des enfants, -et, en son honneur- de gâter leurs touts petits. »
Eh oui, dans les années 50 ce n’est pas le père Noël qui amène les cadeaux mais le Petit Jésus.

Lors de toutes ces fêtes, outre l’assistance à la messe les fidèles sont invités à aller aux vêpres l’après-midi à 15 H.
Au début des années 50, les vêpres étaient encore célébrées chaque dimanche à 15 H. Mais à la fin des années 50, les fidèles les délaissant de plus en plus pour d’autres activités, particulièrement sportives, les vêpres ont d’abord disparu les dimanches ordinaires puis les jours de fêtes religieuses. C’était trop difficile à concilier avec les matches du dimanche.
Voici le témoignage d’un ancien vihiersois, Jacques Andrault (né en 1945) sur leur disparition :

Vihiers années 1956-1957 (après, je suis parti comme interne à STE MARIE à CHOLET et je ne pouvais plus être enfant de chœur à Vihiers car je ne rentrais qu’une fois par mois).
Un dimanche après-midi. Il faisait beau : un temps idéal pour aller voir un match de football au stade de la Loge (le stade de la Patriote). Malheureusement, en tant qu’enfant de chœur, j’étais ce dimanche de service pour assister le curé COGNARD à la célébration des Vêpres.
Dimanche 15 heures : au moment où l’arbitre sifflait le début du match sur le stade de la Loge je sonnais le début des Vêpres à l’église et Monsieur le Curé COGNARD entonnait le premier chant. Constatant qu’il n’était pas repris pas l’assemblée clairsemée - à l’exception de Mademoiselle Bertine BIBARD dont la voix suraigüe faisait trembler les piliers de l’Église - il entonna à nouveau ce chant en espérant - ou pas ? - avoir plus de succès. Mais - à part Bertine - l’assemblée resta étrangement silencieuse. Alors d’une voix mi-agacée mi-amusée, il me dit " Puisqu’"ils" -il y avait un ou deux hommes dans l’assemblée ! - ne veulent pas chanter, tu vas sonner la fin de la partie et on va s’en aller !"
Et ce qui fut dit fut fait ! Après un passage à la sacristie pour se changer, je suivis Monsieur le Curé vers la sortie alors que l’assemblée toujours clairsemée mais fidèle, avait décidé de remplacer les chants grégoriens par la récitation du chapelet.
Je me précipitai sur mon vélo pour rejoindre le stade de la Loge. J’ai pu assister à une grande partie de la première mi-temps ce qui n’aurait pas été possible si Monsieur le Curé n’avait pas interrompu la partie - pardon les Vêpres - au début de la cérémonie.
Je crois me rappeler que les Vêpres furent définitivement supprimées à Vihiers à partir de ce dimanche. Le Curé COGNARD fut-il précurseur dans le canton et même dans le département ? Le connaissant cela ne m’étonnerait pas. En tout cas je n’ai plus jamais manqué le début d’un match de football au stade de la Loge à partir de cet évènement.

P.S. La mémoire étant une faculté qui oublie, je ne suis pas certain que les faits se soient déroulés exactement de cette façon - mais j’ai encore dans les oreilles la voix de Bertine –
Par contre je doute qu’il existe beaucoup de survivants de l’assemblée pour me contredire !

Après les fêtes de Pâques, les fidèles sont sollicités pour les processions. Comme l’explique le curé dans le bulletin paroissial, les processions des Rogations ont pour but d’obtenir des biens matériels et plus particulièrement des bonnes récoltes. Dans les campagnes les paysans y étaient très attachés. Mais à Vihiers, ils étaient peu représentés, la majorité de la population était composée de commerçants et d’artisans. Cependant les fidèles participent, nombreux, à ces processions dans la ville.

La première est celle de saint Marc : « Mercredi 25 Avril – Saint Marc – Procession et chant des Litanies des Saints. La procession partira de l’église pour se rendre à St Jean, à 6 h 30. Je vous invite à y venir nombreux comme l’an dernier. Le but de cette procession ? Attirer les bénédictions de Dieu sur les biens de la terre (comme les rogations) et plus particulièrement de prier Dieu d’écarter les gelées, si préjudiciables à cette époque. »

Puis ensuite viennent les trois processions des Rogations. Voilà comment le curé justifie ces processions dans le bulletin paroissial :


«  Les Rogations – Trois processions, aux chants des Litanies, pour attirer sur nos jardins et nos prairies, les bénédictions du Bon Dieu. Ces processions s’inspirent de la même idée, … le matériel agricole le plus perfectionné, les engrais les plus actifs, ne suffisent pas, dans les travaux des champs. Le temps joue ici un grand rôle. ... Or le temps appartient à Dieu. Et dans ce domaine-là nous ne pouvons pas grand’ chose... Si ! ... Prier … Comprendre notre dépendance vis à vis de Dieu, c’est du Christianisme pur, de la religion bien comprise... »
Il continue en annonçant les horaires et trajets des processions :

Lundi 30 Avril (1951) : A 6 h. 30, départ de la procession vers St Jean. Messe à la Chapelle et retour par les « Quatre Chemins ».

Mardi 1er Mai : A 6 h. 30, départ de la procession pour l’hospice Maupassant, Messe à la Chapelle et retour par la Pyramide et St Martin.
Le bulletin paroissial du mois suivant indique qu’il y avait ce mardi-là « jusqu’à 300 âmes ». C’est beaucoup pour la chapelle !

Mercredi 2 Mai : A 6 h. 30, départ de la procession vers St Jean. Messe à la Chapelle et retour par la Ville. » Pour permettre aux commerçants de rentrer rapidement pour préparer le marché, la procession est courte.

Le mois suivant tous les fidèles sont mobilisés pour la Fête-Dieu qui se déroule le dimanche qui suit la Trinité, soixante jours après Pâques. Aussi appelée la Fête du Saint-Sacrement, elle célèbre la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l’eucharistie. Pendant la procession de la Fête-Dieu, le prêtre porte l’eucharistie dans un ostensoir au milieu des rues et des places qui étaient, encore dans les années 50, richement décorées de fleurs, de verdures, de tentures .... On abrite le Saint-Sacrement sous un dais porté par quatre notables. On marche habituellement sur un tapis de pétales de roses que des enfants jettent sur le chemin de la procession.
A Vihiers il y a même deux processions de Fête-Dieu, l’une après la Grand-messe du dimanche et l’autre la semaine suivante, après les vêpres. Elles empruntent des itinéraires différents, sans doute pour permettre à davantage de paroissiens de décorer leurs maisons, leur quartier sur le passage de la procession.
Voici ce qu’annonce le curé

« Procession de la Fête-Dieu – A l’issue de la Grand’Messe chantée à 10 h, procession au Calvaire de Saint Jean, selon l’itinéraire traditionnel ». Pour cette fête les habitants décoraient avec soin les rues avec des fleurs, des branchages cueillis la veille, des copeaux de bois teints (par les menuisiers). Des oriflammes recouvraient les façades de certaines maisons, des poteaux peints permettaient de tenir les voiles de tulle qui longeaient la rue. C’était un véritable concours floral ! Le prêtre portait à bout de bras l’ostensoir à travers la ville pavoisée sous un dais (sorte de baldaquin mobile) porté généralement par des notables. L’ostensoir est un objet de culte, une pièce d’orfèvrerie, dans lequel on plaçait une hostie consacrée pour permettre aux fidèles d’adorer le Saint Sacrement. Pour les catholiques cette hostie représente le corps du christ. La procession fait plusieurs haltes devant des autels provisoires, les reposoirs, où le prêtre dépose son ostensoir (vu son poids, il devait être heureux de le laisser !) pour diriger la prière et l’adoration du Saint Sacrement.
Les enseignants, instituteurs, religieuses défilaient avec les enfants qu’ils avaient « entrainés » pour cet événement durant la semaine précédente. Il fallait apprendre à marcher et, pour les petites filles, à lancer des pétales de fleurs, au son du claquoir (sortes de planchettes articulées) manipulé par l’enseignant. Les enfants avaient, avant la procession, été déguisés en saints, en romains, en zouaves …, les petites filles portaient des robes blanches et une couronne.
Mais en 1951, le jour de la Fête-Dieu, étaient aussi prévus sur le stade paroissial un match important et en plus, les championnats de Maine et Loire d’athlétisme. Alors le curé précise bien dans le bulletin paroissial qu’on ne peut se rendre à ces manifestations sportives « qu’à l’issue des vêpres -auxquelles tous les athlètes et musiciens assisteront- ». Mais le sport, même contrôlé par l’Église, semble bien en concurrence ce jour-là avec l’office religieux !
Dimanche 3 Juin – « Seconde procession de la Fête-Dieu le tantôt, avant les vêpres, chantées à 16 h. Elle empruntera le parcours traditionnel : place Maupassant et route d’Argenton, rue David d’Angers et Champs de Mars » (place Charles de Gaulle aujourd’hui). Le mois suivant, le Curé écrit dans le bulletin paroissial à propos de la procession : « Le soleil était radieux et les habitants s’étaient surpassés pour « orner et embaumer nos reposoirs et nos rues ».
Une ancienne raconte que les dames du quartier de la place Maupassant se réunissaient la semaine précédente pour préparer les fleurs. Les commérages allaient bon train. Sur cette place, à l’emplacement actuel de la bascule, devant la maison Houdbine, aujourd’hui détruite, la procession faisait une halte devant un reposoir. La dernière halte avant de rejoindre l’église avait lieu devant le reposoir de la place du Champs de Mars.
Dans ce genre de processions où toute la population s’investit on peut dire que le christianisme n’est alors qu’une composante de la fête populaire consistant à mettre en valeur son quartier, sa maison. Un peu, comme les habitants d’un quartier se retrouvaient pour construire le plus beau char de la mi-carême. D’ailleurs, la population angevine se rendait en grand nombre à Angers pour voir passer la procession du Saint Sacrement comme elle allait à la mi-carême de Cholet.

A suivre .

D -L’adoration du Saint Sacrement

Le culte du Saint Sacrement ne se résume pas à ces processions. Ainsi, plusieurs fois par an, le Curé appelle les paroissiens à se relayer nuit et jour, pour adorer le « Saint Sacrement » à l’église. Il s’agit de rester des heures en prière devant l’autel ou se trouvent les hosties consacrées c’est-à-dire représentant le corps du Christ.

Le Jeudi Saint, « Toute la Journée et la Nuit adoration au Paradis « (autel de la Vierge décoré pour recevoir le Saint Sacrement qui quitte l’autel principal en raison de la passion du Christ).

« Fête du Sacré-cœur le vendredi 1er Juin. « Le Saint Sacrement sera exposé toute la journée depuis la première messe jusqu’à la cérémonie du soir à 21 h. Les mouvements d’Action Catholique sont invités à se relayer durant la journée : jeunes filles, femmes de la Ligue, Jeunes foyers. A 12 h, Heure sainte pour les enfants. A 18 h 30, Adoration des hommes et des jeunes gens du Patronage et de la Patriote (club de sport) .
A 21 h, le soir, cérémonie de la Réparation et renouvellement de la Consécration des Familles au Sacré-cœur. » Il s’agit, sans doute, d’un office visant à réparer les fautes (les péchés) commises. Le curé se tient à la disposition des jeunes foyers pour aller bénir leurs maisons et y introniser le Sacré-cœur. Il écrit à propos de cette fête sur le bulletin paroissial du mois suivant « Dès jeudi soir de nombreuses confessions faisaient présager une fervente messe de communion. Mais vraiment l’assistance à la première messe et le nombre de communions dépassèrent nos espérances. L’église était pleine comme à une première messe du dimanche. Mais piètre assistance à la Grand’messe de 9 h. Plus médiocre encore aux vêpres...Rares adorateurs au cours de la journée... » Le curé se lamente sur les nombreux absents. Mais a-t-il conscience que c’est un jour sur semaine, un vendredi !

Ces veillées nocturnes recommençaient en Novembre :

  • « Le 21 novembre, Adoration Perpétuelle. - Elle fut prêchée, cette année, par le R.P. Fontaine, rédemptoriste. Le lundi soir, malgré un temps affreux, quelques centaines de paroissiens avaient répondu à l’appel du Maitre. Et vraiment il y avait mérite à cela.
    Jusqu’à 3 heures (du matin !) un peu plus d’une centaine de dames et de jeunes filles demeurèrent aux pieds de Notre-Seigneur. - Chants et prières orchestrés par une pluie rageuse et un vent déchainé se ruant à l’assaut des vitraux de l’abside. Il y avait quelque chose de grand dans cette clameur des éléments en furie...
    Les hommes assurèrent la relève d’abord timidement jusqu’à 5 heure ; puis peu à peu l’église se remplit pour la messe de sept heures. Journée pieuse, assistance convenable tout le jour. Mais le soir ce fut un triomphe. L’église était pleine, beaucoup voulant se racheter un peu de leur absence dans la journée. »
    Les Vihiersois se souviennent des longues heures passées devant l’autel à somnoler, certains s’endormaient, ronflaient ou même tombaient de leur chaise !
    Le Saint Sacrement est aussi honoré au Château lors de la Fête de saint Charles ( le samedi 4 novembre). St Charles Borromée est le patron et protecteur de la Communauté des Sœurs de St Charles (maison mère des religieuses de Vihiers, à l’Hospice et à St Jean). Ce jour-là, annonce le curé : « A 7 h. 30 Messe à l’hôpital. - A l’hôpital également à 17 h. 30 Salut du Saint Sacrement » Les anciennes élèves de l’école St Jean, se souviennent de cette cérémonie à laquelle elles se rendaient, après la classe, conduites par les religieuses.

E - La récitation du chapelet

Les fidèles sont aussi appelés, le mois de mai, mois de Marie pour les chrétiens, à réciter le chapelet. La prière du chapelet ou prière du rosaire est une méthode de méditation. Il s’agit de réciter des prières simples, faciles à mémoriser, de façon à occuper l’esprit. Tous les enfants dès l’age de 7 ans ont appris par cœur le « Notre Père » et le » Je vous salue Marie ». Le chapelet consiste essentiellement à réciter cinq fois un « Notre Père » suivi de 10 « Je vous salue Marie », d’où le nom de dizaine de chapelet.
Voici ce qu’annonce le Curé dans le bulletin paroissial :
« Exercices du mois de Marie tous les soirs (sauf le samedi) à 21 h. Du 4 au 13 mai, en plus, tous les soirs après les exercices, Neuvaine au Saint-Esprit » (Une neuvaine est une prière faites 9 jours consécutifs).
Durant le mois de mai le chapelet pouvait aussi être récité ailleurs qu’à l’église : à la chapelle Saint Jean à Vihiers, la chapelle des Anges au Voide (à l’angle de la route de Valanjou et de Montilliers) et même chez des particuliers qui installent des sortes d’autels à la Vierge pour inviter leurs voisins.

Les jeunes filles qui font partie de la confrérie des « Enfants de Marie » récitent un chapelet entier après chaque Grand-messe. Elles occupaient une place spéciale à l’église. Elles entraient dans cette confrérie après une retraite, le jour de l’immaculée conception, le 8 décembre. Une cérémonie solennelle de consécration à la quelle assistaient toutes les autres « filles de Marie », sorte d’intronisation, était organisée par les religieuses qui recevaient leur serment. Les « enfants de Marie » étaient soumises à certaines obligations : prières supplémentaires, rigueur morale. Certaines en ont été exclues dans les années 50 pour avoir été dansé ! Humiliées elles étaient alors séparées de leurs amies et contraintes de rejoindre à l’église le banc de leurs parents

Et puis, il faut recommencer à réciter le chapelet en Octobre : « Mois du Rosaire. Chaque soir, à 20 h. 30, sauf le samedi, exercice du mois du Rosaire à l’église. » A défaut, le curé incite ses paroissiens à réciter le chapelet en famille.

Au début des années 50, dans de nombreuses familles on faisait ensemble la prière du soir, devant la cheminée, souvent, ou, au moment de Noël, devant la crèche. Certains récitaient par cœur les principales prières chrétiennes. D’autres s’agenouillaient pour une prière individuelle. Les mamans faisaient réciter aux enfants leurs prières avant d’aller se coucher. Le bénédicité (du terme bénissez) était souvent récité avant les repas, pour demander à Dieu de bénir la nourriture. Le chef de famille faisait une croix sur le pain avant de l’entamer.

F - Les pèlerinages


Un pèlerinage paroissial à Haute-Foye (à St Paul du Bois) est toujours organisé quelques jours après le 8 septembre. Mais en octobre 1951 le curé fait des remontrances à ses paroissiens : seule une trentaine de personnes a participé au pèlerinage ! Il faut dire que c’était un lundi ! M. le Curé est dépité car la veille, les trois quarts de la population de Vihiers étaient à St Paul pour le centenaire de la chapelle de Haute Foye. Il fallait être courageux pour faire cette marche, deux heures à l’aller, et surtout le retour, 3 heures de marche. Le retour devant se faire par un autre chemin, ils se sont perdus et ont du marcher sous une pluie battante !

Pour les habitants de Vihiers le pèlerinage le plus courant c’est bien celui de Haute-Foye. Mais on ne le fait pas forcément à pied. Ainsi, une ancienne se souvient que , dans le quartier Notre Dame, on s’entassait, pour s’y rendre, à l’arrière d’une camionnette équipée de bancs.

Dans les périodes de sécheresse, on se rendait, pour obtenir de la pluie, à Saint Francaire, une petite chapelle située à Cléré sur Layon,.

Quelques paroissiens iront en pèlerinage à Notre Dame des Gardes durant l’été 1950 - « vrai pèlerinage où furent enregistrées de nombreuses communions – entendues les belles louanges de la Maman du Ciel, entonnées par plusieurs centaines d’enfants. » Mais les Gardes ne sont pas, contrairement aux habitants de Coron ou la Salle de Vihiers, le lieu habituel de pèlerinage des Vihiersois.

Certains paroissiens vont plus loin. Beaucoup sont allés dans leur jeunesse au moins une fois à Lourdes, souvent en juin au pèlerinage de l’Anjou auquel participe la paroisse.

Monseigneur Chappoulie

Ainsi en juin 1950 le doyen accompagne à Lourdes une trentaine de pèlerins de Vihiers. Puis en juin 1951 ce sont 27 pèlerins vihiersois, accompagnés de l’abbé Ménard, qui prennent en car, le chemin de Lourdes. Tous les jours sont occupés par des offices religieux. Ainsi, le mercredi l’office est célébré dans la basilique du Rosaire par l’évêque d’Angers, Monseigneur Chappoulie. Seul le jeudi, comme l’écrit un pèlerin, dans le bulletin paroissial « est un jour de trêve pour les exercices spirituels » alors les vihiersois louent un car pour faire un peu de tourisme dans les Pyrénées. Voici comment est décrite l’ambiance de ce pèlerinage : « Le samedi, la petite communauté Vihiersoise où la plus grande sympathie était née, l’esprit d’entr’aide, la bonne camaraderie avaient régné, reprit mélancoliquement le chemin du retour... Les jeunes gens du groupe furent disciplinés et discrets, les jeunes filles simples, réservées, pleines de charme. On se sépara à regret. »

Certains appelés se souviennent avoir fait, durant leur service militaire, le pèlerinage des militaires à Lourdes.

Certains iront même à Rome : « Le 28 Aout 1950, les cars Audouard emmenaient vers Rome une trentaine de pèlerins du canton et des alentours, dont plusieurs de Vihiers. »

G - Les récollections et retraites

Il n’y a pas que les enfants préparant leur communion, qui sont invités à prendre du temps pour se consacrer à des activités religieuses. On trouve dans les bulletins paroissiaux de nombreuses invitations à des récollections (courte retraite d’un ou deux jours) ou même des retraites plus longues. Certaines ont lieu à l’hôpital « dans un cadre favorable à la prière et à la méditation » écrit M. le Curé.
– Mars 1950, récollection des foyers.
– En février 1951, la récollection des jeunes filles du canton, prêchée par M. l’abbé Crétin, aumônier des œuvres de la J.A.C. (Jeunesse agricole chrétienne).
– Le mardi 6 mars 1951, la récollection cantonale des fiancés (garçons et filles), toujours à l’Hospice. Elle commence à 9h30 par une messe à la chapelle du château. Une ancienne se souvient « J’y étais avec mon futur mari, on était dans la grande maison près du château (à la place actuelle de la maison de retraite) »
– Les garçons du canton finissant l’école, sont invités à une journée de réflexion à Haute-Foye (St Paul du Bois)
– Les 15 et 16 mars 1952, du samedi soir à 21H au dimanche soir à 18H retraite des hommes et des jeunes gens prêchée par M. l’Abbé Gaillard, aumônier diocésain des Œuvres sportives. Elle se déroule à la salle saint Joseph (cinéma) et à l’église.
– Du 26 au 29 mars 1952, retraite des Dames, particulièrement les jeunes épouses et les mamans, prêchée par le R. P. Legrand, Jésuite. Chaque jour : la messe à 7 heures, une conférence à 15 heures et le soir à 20 h 30, chapelet, prières, instructions et salut.

Les enfants de chœur sont appelés chaque année à une retraite d’une semaine.
Les jeunes filles sont appelées en décembre 1950 à une retraite d’une semaine, du 4 au 8 décembre, à Saint-Jean. « Retraite annuelle de l’Immaculée Conception prêchée par un père Dominicain. Ordinairement les retraitantes sont nombreuses. Et je m’en félicite. C’est de ces retraites que sort l’élite d’une paroisse. Cet appel s’adresse à toutes celles qui ont conscience de leurs responsabilités, et le désir de préparer leur avenir » écrit le curé.

Les conscrits (jeunes de 20 ans partant faire leur service militaire) sont aussi invités à se préparer à ce départ par une retraite de trois jours comme l’indique le bulletin paroissial de mai 1950 « A la Trappe de Bellefontaine quatre de nos jeunes ont été prier et recevoir quelques conseils avant d’affronter ce temps d’épreuves qu’est la caserne... Cette retraite fut complétée, le 30 mars par la réunion des conscrits du canton de Vihiers, sous la direction du Chanoine Panaget. »
En 1951, le retraite à Bellefontaines est encore proposée aux conscrits, mais, comme l’écrit le Curé : « tous n’y sont pas allés ; quelques-uns étaient retenus par le travail, d’autres, hélas ! Trouvaient cela un peu trop austère, Trappistes (moines) à 20 ans ? ? ... »

H – les Missions

Définition :
Une mission paroissiale est une retraite spirituelle adaptée aux communautés paroissiales, particulièrement dans les paroisses de campagnes. Elle dure généralement deux à trois semaines. La mission consiste en une série d’exercices spirituels (processions, adoration du Saint-Sacrement, récitations du chapelet, confessions, etc) ponctués de prêches et conférences religieuses données par un groupe de prédicateurs venus de l’extérieur (souvent Jésuites ou Rédemptoristes). Elle se termine par une grande célébration eucharistique. Souvent une croix était érigée en un lieu public en mémoire de la mission. Ces grands monuments marquent encore nos paysages. Ces missions étaient organisées tous les 10-15 ans pour « rechristianiser » la paroisse.

Dates de quelques Missions à Vihiers :
– 1912 avec la grande croix du cimetière
– 1932 avec le remplacement de la croix de bois du calvaire du Champs de Foire des Champs par une croix en pierre.
– 1948 (du 10 Octobre au 1er Novembre), prêchée par deux pères Capucins.
– 1964 (du 1er au 22 Mars), prêchée par deux pères Montfortains, ce sera la dernière
Au Voide :
– 1938 avec la croix du Calvaire (aujourd’hui détruite)
– 1951 avec le renouvellement de la croix du cimetière
– 1961 ?

Que faisaient les paroissiens lors de ces missions ?
En 1964, durant les 3 semaines de la Mission à Vihiers, M. Foyer assiste, selon son journal, à 13 rencontres religieuses, offices ou réunions :
Le 1er dimanche (1er mars) « 1ère messe avec sermon de Mission par le père Supérieur. A 20 H 1ère cérémonie de Mission, cantiques, sermon et procession aux flambeaux rue St Nicolas, rue de Contades, place du Champs de Mars et rue David d’Angers. »
Le mardi « Réunion de Mission à l’église », il en aura ainsi 7 organisées à l’église, pendant les 3 semaines ! M. Foyer, pourtant très pratiquant, se plaint de celle du dimanche 8 « 1H1/4, c’est long », écrit-il, par contre il a trouvé celle du dimanche suivant « sur les vocations, très intéressante »
Une 8ème réunion de Mission, à laquelle participe sa femme, est même organisée au café chez Maxim’s (le Gavroche aujourd’hui) car c’était pour les commerçants, écrit-il. Les prédicateurs espéraient-ils ainsi plus de monde ?
Il faut ajouter à ces réunions, une conférence « Ce soir salle St Georges (derrière le cinéma) réunion pour les hommes, conférence par le père Chanterelle sur la foi. Nous étions 80 environ. »
Le jeudi soir 12 mars l’église est pleine, écrit-il, pour la réception de l’évêque (Mazerat).
Et la mission se termine le dimanche des Rameaux, 22 mars. « Après la procession des Rameaux du cimetière à l’église, l’évangile de la Passion était dialogué par les 2 missionnaires et le Curé. L’église était pleine », écrit-il. La Grand-messe est suivie de la cérémonie de clôture de la mission avec « méditation,sermon et remerciements » de M. le Curé.
Tout cela ce sont les rencontres qui se déroulent le soir ou les dimanches car elles s’adressent aux adultes qui travaillent. Mais dans la journée, les missionnaires organisent des activités pour les enfants dans les écoles catholiques sur temps scolaire ou bien le jeudi (jour de congé à l’époque). Ainsi, ils sont mobilisés pour décorer l’église. Au Voide, certains se souviennent avoir fabriqué une maquette de l’église qui était transportée pendant la procession vers la croix du Calvaire.

Les buts de ces missions
Certains anciens se souviennent que les missionnaires, durant ces 3 semaines, visitaient la plupart des familles. Ils faisaient pression sur les parents dont les enfants étaient des bons élèves pour encourager leur vocation à la vie religieuse. Le but de ces missions était bien de renforcer la foi des fidèles et de susciter des vocations.
Une ancienne raconte que son beau-père se serait « converti » lors d’une de ces missions au début du XX e siècle, sans doute 1912. En effet, originaire des Deux-Sèvres, il n’était pas du tout pratiquant avant cette mission.
Il faut dire que les missionnaires savaient organiser des cérémonies qui marquaient les esprits. C’étaient d’excellents orateurs et metteurs en scène : ils savaient trouver les mots, les gestes, les rituels qui impressionneraient les fidèles. Ainsi, chaque mission se clôturait par une grande procession pour conduire l’immense croix exposée dans l’église à sa destination finale. Elle rassemblait toute la population qui avait longuement travaillé à embellir le trajet. Tous les fidèles étaient mobilisés pour construire des arcs de triomphe, un lit de végétation sur lequel reposait la croix que l’on allait monter pour ne jamais oublier cette mission.

A suivre.

Les « bonnes de cure »

Elles avaient, pendant les Missions, beaucoup de travail car il fallait bien « régaler » ces missionnaires. Mais heureusement, beaucoup de paroissiens apportaient des victuailles : légumes des potagers, volailles, lapins, porc, vin … Ces messieurs étaient bien nourris ! Et puis tout le long de l’année se succédaient les prédicateurs pour les différentes retraites, il fallait les nourrir et les loger. Mais le plus difficile pour les « bonnes de cure » c’étaient les réceptions des évêques. A l’époque, il fallait recevoir dignement « Monseigneur » qui ne faisait pas dans la simplicité : grosse voiture, suite...

Les « bonnes de cure » devaient avoir l’age canonique c’est à dire plus de 40 ans pour servir un ecclésiastique. C’était souvent des veuves ou bien des « vieilles filles » ainsi la sœur du curé Moreau à Saint Paul du Bois. Certaines restaient attachées à la cure et servaient les curés successifs mais d’autres suivaient « leur » curé dans leurs différentes affectations. Leur rôle était très important. Si c’était des personnes joviales elles apportaient un rayon de soleil dans ces presbytères souvent bien lugubres ou bien, au contraire, elles servaient de repoussoir.

Il y eut à Vihiers une bonne de cure, Joséphine Bibard, personnage haut en couleurs qui avait de la répartie, et qui n’était peut-être pas aussi naïve qu’on aurait pu le croire !
C’est ainsi qu’à l’accueil d’un nouveau vicaire un peu bedonnant elle avait dit : « eh ben vous au moins, on n’aura pas besoin de vous mettre à l’engrais !
A un autre nouveau venu au presbytère qui lui aurait donné du « Madame », en la saluant, elle aurait répliqué « mademoiselle c’est du bois qu’a point servi ! »
Enfin, à un prêcheur venant en mission pour terminer le diner avant d’aller se coucher elle aurait dit : « Mon père, voulez-vous une effusion ? » Elle parlait de tisane évidemment !

Merci à Annie Baumard de Vihiers de nous avoir permis de prendre connaissance de ce document et de nous le partager.
C’est une page de notre histoire paroissiale locale qui rappellera sans doute des souvenirs aux plus anciens et permettra aux plus jeunes de découvrir une époque pas si loin lointaine mais bien différente !