25 décembre 2020 : NOEL



Message de Noël de Monseigneur Delmas : Heureux et Beau Noël 2020

La fête de Noël suscite toujours de l’émerveillement. Elle trouve fort à propos sa place dans ce moment de l’année marqué par l’obscurité de la nuit semblant l’emporter sur la lumière du jour. Cette année, Noël sera d’autant plus bienvenu ! Nous le savons, nous aurons à vivre cette fête en tenant compte des restrictions liées au contexte sanitaire et nous ne pourrons nous retrouver comme si le virus n’était pas là. Mais que cela ne nous empêche pas de nous rendre attentifs à ce qui est essentiel.

La liturgie chrétienne annonce la naissance de notre Dieu dans notre histoire et entend témoigner de l’Espérance qu’offre sa proximité avec chaque être humain. Entre autres signes de cette fête, la crèche exprime bien cet évènement. La crèche est comme un évangile vivant et c’est pourquoi c’est une bonne chose de préparer une crèche dans nos maisons : « Faire une crèche, nous dit le pape François, nous aide à revivre l’histoire vécue à Bethléem. Jésus est né pauvre, il a mené une vie simple pour nous apprendre à saisir l’essentiel et à en vivre ».

C’est vrai que la crèche a beaucoup à nous apprendre sur ce qui est essentiel dans nos vies. Voyez Jésus ! Il n’a pas besoin de beaucoup de place, une crèche suffit pour l’accueillir. Contempler la crèche, c’est devenir plus sensible à une forme de sobriété ; c’est être sensible à ceux qui, autour de nous, connaissent une épreuve ou vivent une situation de plus grande fragilité : les personnes âgées, les malades, les familles qui ont été éprouvées par un deuil ou une séparation. C’est pourquoi, nous nous réjouissons de ces nombreux gestes d’attention auxquels nous sommes plus attentifs encore aujourd’hui. Ils disent l’importance de la fraternité entre les hommes et le prix du lien qui nous unit aux plus fragiles de notre société.

Joyeux Noël à chacun d’entre vous.

+ Emmanuel Delmas, évêque d’Angers


Concert de Noël dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris (cliquez)

Bénédiction Urbi et Orbi à Rome du Pape François

Vivez la bénédiction solennelle urbi et orbi du jour de Noël du Saint-Père.

Bénédiction Urbi et Orbi à Rome (cliquez)

Urbi et orbi : formule latine qui signifie : "à la ville et au monde".
Elle s’applique aux actes du Pape qui sont destinés à tout l’univers chrétien ; se dit aussi de la bénédiction que le Pape donne du haut du balcon de la basilique Saint Pierre, pour signifier les deux dimensions de sa démarche en tant qu’évêque de Rome et Pasteur Universel.


Aventures chez les zoulous 4/4 : Une amitié à toute épreuve

Une nuit, Naarok fit un cauchemar. Terg était devant lui, brandissant un couteau en os, et le menaçait. Naarok reculait en disant :

"Terg, tu es mon ami, pourquoi fais-tu cela ?"

Mais le Terg du cauchemar n’était pas son ami. Il lui disait avec un regard cruel :

" Si tu veux revenir d’ici, tu devras m’oublier. Tu dois devenir un homme, Naarok, pas un faible ! Les guerriers se battent pour eux-mêmes, et ne s’embarrassent pas d’amis. Choisis, Naarok, sois fort ou disparais !"

Naarok se réveilla en sursaut, complètement perdu. Il mit du temps à se rappeler où il était. Il aperçut près du feu éteint les restes de fruits inconnus qu’il avait goûtés la veille. Il s’était senti très joyeux après en avoir mangé, mais maintenant, il regrettait d’y avoir goûté. Il avait la nausée et la tête qui tournait. Et quel cauchemar ! Que devait-il faire s’il croisait Terg, parti quelques jours avant lui pour le Grand Passage ? Le tuer ? Il en était incapable. La vie était-elle si dure, qu’il devait renoncer à tout pour devenir un homme ?

Il lui sembla entendre son ami crier. Il repoussa l’idée comme on se débat quand on est pris dans une toile d’araignée. Le cauchemar voulait le ramener dans le sommeil, mais il était réveillé à présent.

" Au secours ! À moi !"

C’était bien la voix de Terg. Puis il entendit un rugissement et un appel désespéré :

"Naarok !"

Naarok resta un instant comme tétanisé. Il n’avait pas le droit d’aider son ami, c’était la règle. Chacun devait survivre par ses propres moyens. Seuls les plus forts méritaient de vivre. Terg ne devait s’en prendre qu’à lui-même s’il avait été imprudent.


Puis il sentit quelque chose se briser dans son cœur. Il se leva et se mit à courir vers les cris et les rugissement qui redoublaient d’intensité.

Il accéléra et se mit à hurler :

"Terg ! Tiens bon ! J’arrive !"

Il pouvait perdre la vie, perdre l’estime du clan, perdre le statut si envié de guerrier, être chassé, peu lui importait ! Il ferait ce que lui disait son cœur, et son cœur lui disait de sauver son ami.

Il déboula dans une clairière entourée de hautes herbes, où Terg gisait à terre, tentant de repousser avec une grande lance une jeune panthère qui le menaçait. Naarok se jeta sur elle en hurlant à pleins poumons, sa peur balayée par la rage et la volonté de sauver son ami. L’animal comprit en un éclair que l’avantage avait changé de camp, et s’enfuit sans demander son reste. Naarok brandit sa lance vers le ciel et hurla encore et encore, jusqu’à se laisser tomber sur le sol, épuisé. Toute sa peur avait disparu. Il se tourna vers Terg. Son ami se tenait la cheville et le regardait avec des yeux écarquillés, comme s’il contemplait un grand fauve.

" Tu... tu vas me tuer ? "Demanda Terg.

Naarok le regarda sans comprendre, puis se mit à rire. II tendit la main à Terg en disant :

" Mon ami, je ne te veux pas de mal. Que je sois maudit si j’oublie notre amitié. Je préfère tout perdre que de trahir ce que mon cœur me dit."

" Tu prends un grand risque," luit dit Terg.

"Et toi," demanda Naarok," tu m’aurais laissé mourir ?"

Terg le regarda droit dans les yeux, avec un air sérieux. Puis il finit par dire :

" Non, mon ami. Je préfère être libre. Je ne t’aurais pas laissé mourir."

Lindiwe ramassait des herbes. Elle faisait les mêmes gestes qu’autrefois, mais son âme était dans l’angoisse. Elle était inquiète depuis que son petit avait été chassé par le clan, pour son grand passage vers l’âge adulte, des semaines auparavant. Son cœur de mère errait dans la savane, guettant des signes de vie. Cinq semaines s’étaient déjà écoulées.

Elle se préparait au pire, espérant pourtant le meilleur.

Soudain, une ombre passa devant le soleil. Elle releva la tête. Un jeune guerrier se tenait devant elle. C’était son fils Naarok, plus grand, plus beau, plus fort. Avec lui arrivait son ami Terg, qu’elle aimait comme un deuxième fils. Elle se jeta à leur cou et laissa couler ses larmes.

Thulani regarda les visages graves qui l’entouraient, autour du feu. Ils attendaient tous son verdict. Il s’humecta les lèvres et dit d’une voix forte :

" Voici deux grands guerriers. Ils sont dignes de siéger au conseil. La loi ne les a pas enchaînés. Elle les a rendus libres !"

Naarok et Terg sourirent. Le chef s’approcha d’eux et décrocha deux perles de bois de son collier de guerre. Il les fit passer dans des lacets de cuir, et les passa autour du cou des garçons. Par ce geste, il reconnaissait leur bravoure. Naarok bomba le torse. Un jour lointain, il deviendrait leur chef – mais il ne le savait pas encore.

Pour l’heure, il était temps de faire la fête. Debout auprès du feu, il leur fallait narrer leur aventure, et elle enrichirait les légendes du Clan.

Pour aller plus loin


Une panthère, c’est vraiment effrayant, même pour Naarok !
Et toi, qu’est ce qui te fait vraiment peur ?
As-tu déjà mené un combat pour aider un ami ? Est-ce que tes amis peuvent compter sur toi ?
As-tu un ami pour t’aider, quelque-soit la difficulté ?


It’s the most beautiful time of the year d’Andy Williams par les musiciens de l’ONPL (cliquez)

Qu’est ce que l’Avent ?



L’Avent est cette période pendant laquelle l’Église se prépare à la venue du Christ qui est fêtée à Noël. Cette attente débute quatre dimanches avant Noël.

Du latin « adventus », qui signifie avènement, le temps de l’Avent manifeste une triple attente. Il fait revivre l’attente du peuple juif de la venue du messie attendu depuis le péché originel ; il nous appelle à accueillir le règne du Christ dans nos vies aujourd’hui ; il est aussi le temps de l’attente de l’avènement du Christ parmi les hommes à la fin des temps.

Chez les catholiques romains et les protestants, l’Avent commence le quatrième dimanche avant Noël, et se termine le 24 décembre. Pour les chrétiens d’Orient, dont les orthodoxes, l’Avent dure six semaines et commence entre le 11 et le 15 novembre.

Même si la couleur liturgique est le violet, la même que pour le Carême, l’Avent possède chez les catholiques une tonalité moins pénitentielle et plus joyeuse que le temps préparant à Pâques. Cette dimension est particulièrement marquée le troisième dimanche de l’Avent, appelé dimanche de « Gaudete », ce qui signifie « réjouissez-vous ! ».


Planning des messes dominicales du mois de décembre 2020 (cliquez pour agrandir)


Noël : le compte à rebours ....

Tous les jours des nouveautés pour petits et grands, prières, chants, reportages, dessins, bricolages, films, recettes de cuisine.... A consulter sans modération.

jeudi 24 décembre 2020



Aujourd’hui le ciel s’est penché (cliquez)

Aventures chez les zoulous 3/4 :Le grand passage

Naarok serra les dents et s’obligea à ne pas regarder en arrière. Il sentit ses yeux s’embuer, mais respira à pleins poumons pour se calmer, et ne pas pleurer. Il le savait, toute la tribu le regardait s’éloigner du camp, nu, peint en blanc, comme le voulait la coutume.

Il était arrivé à l’heure du Grand Passage.

Tant que la peinture blanche était visible, tout chasseur qui l’apercevait avait l’ordre de le tuer – et c’en serait fini de lui. Il devait attendre que la teinture disparaisse, que sa peau retrouve sa couleur naturelle, le noir profond des Zoulous de la Grande Montagne.

D’ordinaire, il fallait un bon mois pour que la couleur disparaisse, et pour que le garçon ainsi mis à l’épreuve, s’il avait survécu, ait le droit de revenir au camp. Il était alors considéré comme un guerrier et un homme accompli, il avait le droit de se marier et de siéger au grand conseil. Sa voix comptait autant que celle de n’importe quel autre adulte.

Mais pour ça, il fallait survivre, seul, dans la savane, au milieu des fauves et de tous les dangers que recèle la nature, belle et sauvage à la fois. Il tremblait un peu.

L’urgence était de se trouver une arme pour se défendre, un abri pour la nuit, de se faire un vêtement. Soudain, une idée lui traversa l’esprit comme un coup de tonnerre :

« L’urgence est de m’enfuir ! Si je reste dans le coin, les chasseurs me trouveront ! »

Il pensa à Gero, le pisteur, et son regard à la fois moqueur et cruel. Sûrement, lui le trouverait et l’abattrait sans hésiter. Et l’on n’entendrait plus jamais parler du garçon de quatorze ans qu’on appelait Naarok.

Il se secoua, et se mit à courir, droit devant, de cette foulée régulière et légère des Hommes de la Grande Montagne, ce pas qui permettait de parcourir des distances importantes au cours des grandes chasses, quand ils suivaient les troupeaux d’antilopes...

Il entendit des chants d’oiseaux, et se réveilla doucement. La tête lui tournait. Il ne reconnut rien de ce qui l’entourait. Il était allongé sous un grand rocher, au pied duquel jaillissait une petite source d’eau claire. Il s’étira. Il se sentait seul, mais étrangement, la peur l’avait quitté. Il se mit debout et regarda de tous côtés. Plus aucune trace de la Grande Montagne ! Un instant, il fut pris de panique, mais se calma très vite. Toute sa vie l’avait préparé à cet instant, et il se savait prêt à affronter les épreuves qui l’attendaient.

Il trouva une pierre aux bords aiguisés, et s’en servit pour couper une longue branche bien droite dans un arbuste. Il en tailla la pointe comme il put, puis passa de longues heures à la polir en la frottant sur le rocher. Il coupa aussi de longues herbes plates, qu’il tressa pour s’en faire un pagne. Il trouva les pierres qui font des étincelles, ramassa quelques herbes sèches, des brindilles, des branches mortes, et tenta de faire du feu. Il lui fallut plusieurs jours, et des dizaines d’essais, pour y parvenir. C’était une chose que de voir les adultes le faire, et une autre de réussir soi-même.

Quand il eut fait du feu, il y plongea la pointe de sa lance pour la durcir. Puis, juste en-dessous de la pointe, il la renforça avec une petite liane très serrée, en faisant plusieurs fois le tour. Ainsi parée, la lance pourrait résister à l’assaut d’un grand fauve. Du moins l’espérait-il.

Au début, il se contenta de manger des baies rouges qui poussaient non loin de son rocher. Mais au bout de quelques jours, il eut très mal au ventre. Il but beaucoup d’eau, et se mit en quête d’autre nourriture. Il trouva des graines qu’il fit griller sur la pierre, attrapa un lézard, le prépara et le fit cuire. Petit à petit, il commença à bien s’organiser. Entre la chasse, la récolte, le ramassage du bois, la fabrication de petits objets, il était occupé du lever au coucher du soleil, et s’endormait près du feu au moment où les premières étoiles apparaissaient, complètement épuisé.

Parfois, la solitude lui serrait le cœur. Dans ces cas-là, il pensait à la tribu, et se demandait où elle était, ce que chacun faisait. Il imaginait sa sœur Mbali confectionnant des colliers de fleurs qu’elle offrait à sa mère, ou jetait dans le ruisseau pour que le courant les porte vers les ancêtres. Il pensait à Terg, son ami, avec qui il avait joué si souvent, si longtemps qu’il était comme un autre lui-même, et à qui il pouvait tout dire. Il se demanda si lui aussi, en ce moment même, se sentait aussi seul et perdu, loin de tout, blotti contre un feu au coin d’un rocher, tremblant à chaque fois qu’il entendait un rugissement au loin, s’imaginant finir sous la dent d’un grand fauve... Mais les animaux ont peur du feu, et tant qu’il brille ils ne s’approchent pas...

Bon, on ne va pas se mentir, vivement demain pour connaître la suite :
Et s’il fallait choisir, entre l’amitié et la loi du clan ? Que ferions-nous à la place de Naarok ?

Pour aller plus loin


Les Zoulous étaient un peuple de chasseurs et de guerriers. Les jeunes devaient prouver leur courage et leur valeur.
Aujourd’hui, en France c’est un peu différent. Tes défis ne sont pas les mêmes que ceux que doit relever Naarok …
Mais toi, qu’est ce qui te demande du courage ? Qu’est ce qui est difficile à faire mais qui te rend fier de toi ?
Qu’est ce qui t’aide à grandir ?


Le Fils de Dieu s’est fait homme (cliquez)

Éric Antoine, « humourillusioniste »

Depuis des années en effet, le géant échevelé goûte au succès, menant tambour battant magie, vitesse et humour. Pourtant, sous ces dehors de savant fou, illusionniste et homme à paillettes, il demeure un homme de foi, « sensible à la souffrance des gens ». Il garde la tête froide grâce à sa famille et prend aussi le temps de réfléchir comme le montre une introduction à son prochain spectacle : « Je me demande régulièrement si l’enfant que j’ai été serait fier de l’adulte que je suis devenu..."

Éric Antoine, « humourillusioniste » (cliquez)

La naissance de Jésus (dessin animé) (cliquez)

mercredi 23 décembre 2020



Dernier des quatre épisodes de la série d’Avent intitulée « saint Paul et le dessein de Dieu », animée par Régis Burnet et ses invités qui ont suivi un ordre chronologique avec différentes épîtres de saint Paul. Cette fois, le Paul de la maturité se lit dans la lettre aux Romains. Considérant son apostolat en Orient achevé, Paul tourne ses yeux vers l’Occident et vers sa capitale : Rome. Pour préparer son arrivée, il rédige une lettre qui présente et récapitule toute l’histoire du Salut et de l’espérance chrétienne ; et nous mène ainsi jusqu’à Noël.

St paul et le dessein de Dieu : Le Plan de Dieu (cliquez)

Valse de Peppy dans The Artist (cliiquez)

Imprimez et coloriez (cliquez)

Aventures chez les zoulous 2/4 : Les racines de kinkéliba

Tout le monde savait que le vieux Thulani allait mourir, et tout le monde s’en inquiétait… sauf Mbali, qui refusait de céder à la panique, car elle savait que rien n’était jamais perdu.
Elle se souvint en effet de la fois où un grand feu avait ravagé la plaine. Le clan n’avait eu que le temps de fuir, les flammes grandes comme trois hommes avaient tout ravagé.
En repassant par là des semaines plus tard, Mbali avait aperçu, sur la terre encore noire et desséchée, une petite fleur rose qui était appelée à devenir si grande qu’elle dépasserait en taille les plus grands des guerriers : la Warsonia. Cette fleur qui ressemblait à un arbre, était extraordinaire : ses graines résistaient aux incendies ! Quand la terre était ravagée, il ne restait d’elle que ses semences, qui, aux premières pluies suivantes, commençaient à germer.

Mais ça, Mbali était la seule à l’avoir compris : pour les autres, il fallait se lamenter et se frapper la poitrine en se demandant quelle faute avait valu au clan de tout perdre.
Mbali fut donc la seule à ne pas perdre la tête quand Thulani dut prendre le lit et resta prostré sur sa natte, se tenant le ventre à deux mains, geignant, disant des choses incompréhensibles. Que deviendrait le clan sans son guérisseur ? Lindiwe n’était pas prête à lui succéder, tout le monde le savait.
Certains commencèrent à dire que, sûrement, Thulani avait commis une faute et était puni. Une femme, Nosipho, dit que le vieil homme avait souvent un petit sourire moqueur quand elle allait le voir. C’était le signe d’un esprit malin ! Une autre, Themba, lui rétorqua qu’elle consultait le guérisseur pour rien, s’inventant des maladies pour qu’on s’intéresse à elle, et que c’était pour ça que Thulani se moquait gentiment d’elle. Elles en vinrent à se donner des claques, chacune traitant l’autre de sorcière, et les guerriers durent les séparer.

Mbali observait les grands avec étonnement.
Un soir, alors que, autour du feu, le clan avait épuisé toutes les idées, toutes les disputes, toutes les vieilles rancœurs, et que le silence s’était installé, une vieille demanda pour rire à Mbali qui jouait, assise par terre :

"Et toi, petite, tu sais pourquoi Thulani est malade ? Et comment le guérir ?"

Mbali abandonna le collier de fleurs qu’elle était en train de tresser, se leva, et regarda tour à tour tous les membres du clan, dans les yeux. Elle finit par répondre à celle qui l’avait interpellée :

"Oui, Hlengiwe, je le sais. C’est pour que vos mauvaises pensées sortent. Comme ça, vous pourrez commencer à guérir. Et je sais comment soigner Thulani."

Il y eut un moment de stupeur, et tout le monde éclata de rire. Mbali se rassit tandis que les conversations reprenaient, plus animées que jamais. La maman de Mbali, cependant, resta perdue dans ses pensées, observant sa fille qui jouait comme si de rien n’était. Elle se leva enfin et leva la main pour demander la parole. Le silence s’installa. Lindiwe demanda à Mbali :
" Ma fille, tu peux nous expliquer ?"

Quelques rires fusèrent, mais Lindiwe fit taire les moqueurs en les fusillant du regard.
Mbali dit de sa petite voix en regardant sa mère :
"Tu peux le guérir si tu veux. Il a besoin des racines du kinkéliba. Tu le savais déjà, mais tu as peur…"

Et la petite retourna à ses jeux.
Lindiwe se mordit les lèvres. Elle pensait aussi que le kinkéliba serait peut-être la solution. La plante calmait les douleurs de l’estomac, les remontées acides, et les infections de l’intestin. Mais si elle se trompait ? Elle n’avait jamais guéri personne toute seule. Elle repensa à la fois où, pas plus grande que Mbali aujourd’hui, elle avait décidé de se confectionner toute seule un joli collier de cérémonie, avec des perles en bois. Une vieille qui passait par là l’avait vue et avait éclaté de rire :
"Ma pauvre ! Tu n’y arriveras jamais toute seule ! Tu devrais laisser faire ceux qui savent."
Ce rire et cette remarque l’avaient blessée. Aujourd’hui encore, c’était comme si la vieille lui disait dans sa tête : « Tu n’y arriveras jamais toute seule ! »

Elle fut tirée de sa rêverie par Mbali qui lui dit :

  • "Tu vas y arriver toute seule, tu peux le faire !"

Lindiwe attrapa une branche enflammée pour s’en faire une torche, et se dirigea dans le noir vers la hutte de Thulani. Elle savait quoi faire.


Quelques jours plus tard, Thulani sortait de sa hutte, guéri.

Demain, c’est le jeune Naarok qui t’emmènera au pays des zoulous :
Un jour, il faut grandir… Ce n’est pas forcément facile ni agréable, mais Naarok n’a pas le choix : sa vie en dépend !

Pour aller plus loin



La Watsonia peut pousser jusqu’à 2 mètres de haut et est très importante pour l’écosystème environnant, car sa particularité est de pouvoir revivre en abondance après un incendie. Dans les zones qui ont brûlé, elle fournit une source importante de nourriture pour les insectes et les oiseaux, et pour les différents rongeurs qui mangent ses graines.

Et toi, quel est ton super pouvoir ? Celui qui te permet d’aider les autres ?


Moulin la Reine : 8ème tableau

8 Tableau final (cliquez)

mardi 22 décembre 2020

À 20 ans, ils suivent le Christ aujourd’hui


Dans le monde d’aujourd’hui, quatre jeunes, de trajectoire différente, ont décidé de suivre le Christ et d’en faire le centre de leur vie. Agnès l’étudiante en droit, Ambroise le séminariste, Adrien le jeune professionnel et Jeanne la postulante religieuse. Ils évoquent leur foi dans le monde d’aujourd’hui. Ils nous parlent de leurs difficultés pour suivre Jésus dans un monde éloigné de Dieu. Ils nous font part de leur « combat » pour vivre selon l’Evangile et partager leur foi.Ils nous racontent leur rencontre avec le Christ, leur engagement dans l’Eglise, leur vie de prière, leurs projets et leurs problèmes. Ils nous font partager leurs doutes et aussi leur joie de suivre Jésus. À 20 ANS, ils suivent le Christ aujourd’hui - Une coproduction KTO/ZORN PRODUCTION 2020 - Réalisée par Jean-Baptiste Farran

À 20 ans, ils suivent le Christ aujourd’hui (cliquez ici)


Aventures chez les zoulous 1/4 : La rumeur

Mbali observait avec attention sa mère et le vieux Thulani qui mixaient des noix de protea, cette grande fleur rouge vif qui pouvait prendre plusieurs formes. Il fallait être très fort pour la reconnaître, mais le vieil homme connaissait chaque fleur, chaque arbre, chaque brin d’herbe de la plaine au pied de la grande montagne, et savait comment les utiliser.

Le clan de Mbali, petite fille de sept ans, appartenait à la nation Zoulou, un peuple fier et courageux vivant en harmonie avec la nature. C’est de la nature que venait la nourriture, elle fournissait les remèdes contre toutes les maladies, ou presque, et Thulani savait en lire le moindre message.

Il levait le nez au vent, écoutait, grattait la terre et regardait le vol des oiseaux, et savait qu’il fallait s’enfermer dans les grandes huttes rondes en bois et laisser passer la tempête qui s’annonçait. Il lisait les passages des grands troupeaux d’antilopes dans la terre et l’herbe couchée, et savait dire aux guerriers qu’un grand mâle était blessé, et que c’est lui qu’il faudrait chasser, pour le bien du troupeau et la nourriture du clan.

Mbali était fière que sa mère, Lindiwe, ait été choisie par Thulani pour lui succéder. Depuis bien avant la naissance de Mbali, Lindiwe accompagnait régulièrement le vieil homme dans sa recherche des herbes, des feuilles et des racines nécessaires à la préparation des potions qui maintenaient le clan en bonne santé. Et il lui faudrait encore des années avant de tout maîtriser.

Mbali, elle, aimait surtout les formes, les couleurs et les odeurs des plantes. Elle leur donnait des noms à elle, et leur parlait. Elles étaient devenues comme des amies. Elle les saluait en chemin : « Bonjour, belle-du-matin ! Quelles belles couleurs tu as aujourd’hui ! disait-elle. Oh, bleue-des-prairies, tes feuilles sont bien droites, il va faire beau ! Merci de m’apporter une bonne nouvelle. » Elle avait un mot pour chacune, les caressait, leur chantait parfois des chansons, et ne les cueillait que quand c’était vraiment nécessaire.

Mbali leva le nez vers les adultes alors que Thulani disait :

"On peut manger les noix de la fleur, mais il faut bien enlever la peau, sinon on a des crampes d’estomac. Si on les broie comme on le fait aujourd’hui, que peut-on faire avec cette décoction, Lindiwe ?" Demanda Thulani.

La mère de Mbali réfléchit un peu, puis finit par avouer :

"Je ne sais plus, Thulani."

" Ah," répondit le vieil homme, "ceux qui savent et ceux qui parlent ne sont pas toujours les mêmes ! Il y en a une qui sait mais ne parle pas, et une qui parle mais ne sait pas, c’est la vie !"

Lindiwe fronça les sourcils, pas certaine d’apprécier ce que voulait dire le vieil homme.

Mbali, elle, assise par terre dans la hutte, aux pieds des adultes, faisait danser des bouts de bois. Elle sourit : elle savait, elle, que la pâte que Thulani était en train de préparer soignait la peau trop sèche, et les irritations. Elle entendait tout, ne disait rien, mais retenait la plupart des choses que les adultes disaient en sa présence comme si elle n’était pas là.

Quelques jours plus tard, une rumeur parcourut le camp, telle un vent mauvais se glissant entre les huttes, soulevant les portes en peau d’antilope, venant donner des frissons aux membres du clan : Thulani était tombé très malade, et incapable de parler. Et comme c’était lui le guérisseur, on était très inquiets : qui pourrait l’aider ?

Mbali ne s’en inquiéta pas. Ses amies, les plantes, n’avaient pas l’air plus inquiètes que cela, et elles lui avaient appris au moins une leçon : il ne fallait jamais céder à la panique, rien n’était jamais perdu.

Demain, retrouve la suite des aventures de Mbali :
Comment croire en soi quand d’autres vous font douter ? Pourtant, ce serait bien le moment de s’affirmer !

Pour aller plus loin


Le royaume zoulou est un ancien territoire d’Afrique australe le long de la côte de l’océan Indien entre la rivière Tugela au sud et la rivière Pongola au nord, en Afrique du Sud.
Mbali a un vrai sens de l’observation ! Les odeurs, les couleurs, les signes de la nature…
Et toi, qu’est-ce que tu aimes bien dans ta maison ? dans ton jardin ? Qu’est ce qui fait que tu t’y sens bien ?


Les églises de France, de Belgique et de Suisse collaborent pour annoncer Noël en ligne avec « Écoutez le Chant des Anges ». 140 chanteurs de 85 églises célèbrent la naissance de Jésus, signe de Paix et d’Espérance pour tous.

« Écoutez le chant des anges » - des églises unies pour célébrer Noël (cliquez)

Moulin la Reine : 7ème tableau

7 Dans la nasse (cliquez)

Vendredi 18 décembre, les élèves du Collège St Jean se lancent le défi de danser tous ensemble sur le titre de Jerusalemia à la sortie des classes avant de partir en vacances de Noël !!

Clip Collège St Jean Vihiers (cliquez)

lundi 21 décembre 2020





CRÈCHE DE LA SAINTE FAMILLE SAUVANT UN MIGRANT EN MÉDITERRANÉE, 2017 © MANOËL PÉNICAUD / LE PICTORIUM
Les crèches de Noël représentent traditionnellement en trois dimensions la scène de la Nativité : la naissance de l’Enfant Jésus dans une grotte ou une étable, en présence de multiples personnages (Joseph, les bergers, les anges, les Rois mages) et d’animaux. Ici, au contraire, la scène prend place dans une frêle barque où la sainte Famille tend les bras vers un migrant pour le sauver de la noyade. Réalisée par un atelier calabrais spécialisé dans la production de crèches, cette oeuvre a été offerte au pape François lors d’une audience au Vatican le 11 décembre 2013. La scène figurée commémore la visite de François à Lampedusa et rend hommage à son engagement en faveur des réfugiés. [...] Quelques semaines plus tard, il a fait don à son tour de cette crèche à la paroisse de Lampedusa, pour remercier les habitants lors de sa visite sur l’île.


Le chanteur Hugues Aufray évoque sa foi chrétienne dans un trajet vers l’église de Marly-le-Roi : « J’essaye de maintenir ma foi partout, tout le temps, et de voir dans chaque Homme l’image de Dieu. »

Parole Inattendue (cliquez)

La Ministre de la Culture évoque sa vision du monde à travers son histoire familiale dans cet épisode tourné quelques jours avant sa nomination : “Mon moteur intérieur, c’est la dérision, l’humour ; c’est que finalement, il faut prendre la vie au tragique mais ne pas la prendre au sérieux.”

Parole Inattendue (cliquez)

Le présentateur de l’émission « Dimanche en politique » sur France 3 évoque son milieu d’origine populaire et les valeurs qui l’animent : « J’ai été habitué dans mon enfance à ne pas forcément avoir grand-chose pour vivre (…) et je pense que c’est ce qui m’a donné la force d’aller voir ailleurs ».

Parole Inattendue (cliquez)

Tom et sa grand-mère : 4ème bougie

Criquets et miel sauvage !

Tom rencontre de nouveaux amis, venus d’Orient, et découverte beaucoup de choses à leur contact. Il leur fait découvrir à son tour la tradition de l’Avent…

Tom sourit en regardant la scène qu’il avait sous les yeux. Dans le salon de sa grand-mère, ses amis Ya’kub et Sara, et leurs trois petits frères et sœurs, ainsi que leur maman, prenaient le thé avec la grand-mère de Tom.

Le garçon avait eu cette idée lui-même, et il en était fier. Il savait que sa grand-mère aimait faire de nouvelles rencontres, était très cultivée, et qu’elle avait aussi séjourné en Orient – elle parlait même un peu arabe.

C’est en français cependant que tous s’exprimaient, et Tom était même surpris de la façon dont parlaient les petits : ils employaient un français impeccable, qu’on aurait dit sorti d’un livre. Il devait leur expliquer des mots familiers comme cap, truc, machin – et d’autres, mais pour l’essentiel ils parlaient presque comme des adultes !

Leurs invités n’étaient pas venus les mains vides : la table était recouverte de pâtisseries, et Tom avait dû faire preuve de beaucoup de patience pour ne pas se jeter dessus. Il voulait faire honneur à sa grand-mère, et ne voulait pas passer pour un garçon malpoli. Surtout que leurs invités étaient incroyablement sages et patients.

" Vos enfants sont charmants !" dit d’ailleurs sa grand-mère

"Oh, ils sont sages comme ça," dit la maman, "mais de retour à la maison je peux vous dire qu’ils vont faire du bruit !"

"Bon, ils méritent peut-être quelques friandises en attendant. Les enfants ?"

Tout le monde se rapprocha de la table, et Tom reconnut quelques-unes des pâtisseries préparées avec sa grand-mère. Pour le reste, il y avait des spécialités orientales qu’il n’avait jamais vues ! Et même… il eut un petit mouvement de recul et ne put s’empêcher de dire :-" C’est quoi ça ?"

"Des criquets au miel…" dit Ya’Kub. "C’est délicieux !"

"Criquet comme dans criquet ?" demanda Tom abasourdi." Des insectes ?"

" Oui, ça se fait chez nous "dit Ya’kub." C’est délicieux !"

Tom fit la moue, regardant avec méfiance la petite assiette.

"Tu sais, "dit sa grand-mère," manger des insectes, ça ne date pas d’hier !"

" Ah bon ?" dit Tom.

"Oui, il y a même un grand personnage de la Bible qui s’en nourrissait presque exclusivement."

" Oh ! "dit Tom." C’est le moment d’allumer la quatrième bougie !"

Leurs invités parurent un peu surpris, et Tom dut expliquer la tradition de la couronne de l’Avent. Il en parla comme s’il avait fait ça toute sa vie.

" Excellente idée, "dit sa grand-mère. "Je vais te dire quoi lire pour que tu nous présentes ce fameux personnage qui se nourrissait d’insectes !"

Tom se retrouva sur le canapé avec les plus petits qui se serraient contre lui et l’écoutaient avec beaucoup d’attention.


Il lut sur les conseils de sa grand-mère le début de l’histoire de Jean-Baptiste. Comment il vivait dans le désert, comment il était pauvrement vêtu, et se nourrissait de criquets et de miel, comment il annonçait la venue du Messie – le sauveur – et comment il l’avait reconnu en la personne de Jésus, et montré à ses amis.

Quand il eut fini le récit, il y eut un moment de silence, et sa grand-mère dit :

" En allumant cette bougie, on peut se dire que nous sommes tous appelés à vivre un peu comme Jean-Baptiste !"

"Euh… tu veux dire manger des criquets ?" demanda Tom en faisant une grimace.

" Non", lui dit sa grand-mère, "ça c’est si tu veux. Qu’est-ce que vous avez retenu de l’histoire de Jean-Baptiste les enfants ?"

Les petits ne se firent pas prier pour parler tous ensemble en se coupant la parole :

" Il portait une peau de bête !"

" Il a montré Jésus aux autres !"

" Il annonçait le pardon de Dieu"

"Il baptisait !"

" Il vivait dans le désert !"

Tom profita d’un silence pour ajouter :

"Il a préparé la route pour Jésus !"

Sa grand-mère le regarda avec un air d’approbation. La maman de leurs invités prit la parole et dit :

" C’est beau tout ça mes enfants ! Vous avez tous raison, et nous sommes tous appelés à annoncer Jésus aux autres, comme Jean-Baptiste qui préparait sa venue."

Elle ajouta malicieusement :

" Que l’on mange des criquets ou pas !"

En rentrant chez lui ce jour-là, Tom alluma la quatrième bougie de la couronne de l’Avent avec son papa, sa maman, et Lara, sa petite sœur. Ils firent la lecture de l’histoire de Jean-Baptiste.

Il leur parla aussi des gâteaux et des pâtisseries, et Lara fit un peu la tête.

" Oh ! "s’écria Tom. "Ne sois pas triste. Je t’ai ramené quelque chose à grignoter. J’appelle ça les délices de Jean-Baptiste. Tu vas a-do-rer."



dimanche 20 décembre 2020 : 4ème dimanche de l’Avent



Le 9 septembre dernier, le camp de Moria était dans l’actualité après sa destruction par un gigantesque incendie. KTO y avait filmé pendant plusieurs mois pour montrer la réalité et la présence de l’Eglise dans ce camp de réfugiés.

Moria, par-delà l’enfer (cliquez)

Sur l’île grecque de Lesbos, Moria, le plus grand camp de réfugiés d’Europe est devenu un immonde bidonville. Quand l’Europe se confine, les réfugiés se sentent totalement abandonnés. Leur colère explose, mais rien n’y fait. Ce sont les grands oubliés de la crise du COVID 19. Le père Maurice Joyeux, du Service Jésuite des Réfugiés, décide alors d’y retourner, pour accompagner les personnes, et les aider à ne pas sombrer dans la désespérance. Il prend le temps de voir les situations, d’écouter les récits des personnes et perçoit vite la faim, la soif, l’interminable attente dans un climat de peur et d’insécurité : lieu de non droit, ce camp est devenu un véritable enfer. Mais sa vocation de prêtre est de partager son espérance au coeur même de la désespérance. Alors Maurice Joyeux se rapproche des réfugiés. Il se met à leur pas pour les aider non seulement à survivre mais à vivre. Mais en septembre, l’enfer est réduit en cendres.

Quelques chiffres sur Moria
Une capacité maximum de 3’100 réfugiés
12’000 réfugiés en septembre 2020, juste avant l’incendie
1 douche pour 500 personnes
3 médecins pour tout le camp
7 interprètes
70 nationalités représentées
70% des réfugiés sont afghans


Chaque dimanche de l’Avent, un dessin te sera proposé. Tu pourras les imprimer, les colorier et pourquoi pas les déposer dans ton coin prière en attendant Noël.

Imprimez et coloriez (cliquez)

4e dimanche de l´Avent B, textes et commentaire de M.N.Thabut (cliquez)

Moulin la Reine : 6ème tableau

6 Le guet-apens (cliquez)

(cliquez pour imprimer)

Aventures dans l’espace 2/2 : Retour au réel

Helain sécha ses larmes. Il se fit face dans la glace. Il était beau, bronzé, avait de beaux cheveux blonds mi-longs, des yeux d’un gris très rare, des bras déjà musclés. Mais s’il baissait les yeux, il voyait ses jambes trop maigres, reposant inertes sur son fauteuil roulant. Il ne voulait pas qu’on le voie comme ça, et surtout pas Selena.

Le jeu, c’était sa seule liberté. Dans Game of Heroes, il était le capitane Walker, il courait, il sautait, son corps tout entier lui répondait.

Mille fois, sa mère lui avait conseillé de sortir, et de voir cette fille avec qui il passait des heures en ligne.

"Qui sait," lui avait-elle dit, "vous pourriez devenir amis pour de vrai !"

Helain n’y croyait guère.

On sonna. Il pensa que c’était l’autre type qui revenait. Il fila à toute la vitesse de ses roues vers la porte d’entrée, qu’il ouvrit à distance et dit sèchement :" Quoi encore ?"

Il tomba nez à nez avec une jeune fille toute intimidée, qui le regardait avec de grands yeux. Il resta lui-même sidéré. Trop tard pour se cacher, rien à poser sur ses jambes, il sentit les larmes monter doucement. Selena dit d’un air doucereux : "Walker ?"

"Oui," couina Hélain.

Elle le scruta de haut en bas, prit sa respiration et éclata de colère : "Tu es un monstre !" Dit-elle durement.

Hélain bégaya, choqué.

Oui, it Selena.Un monstre d’égoïsme ! Comment as-tu pu dire à mon père que tu ne voulais pas me voir ?"

"Mais heu," dit Hélain, "c’est parce que… quand-même !"

Et il montra son fauteuil roulant. Mais cela ne calma pas Selena. Elle reprit :

"Comment as-tu pu croire que j’aurais peur de toi ou que je te jugerais à cause de ton handicap ? Et l’honneur ? Et la vérité ? Et le courage ? Il est où le capitaine Walker là ?"

"Je ne suis pas capitaine et je m’appelle Hélain..". dit le garçon d’une petite voix.

"Je m’en fous !" Dit vulgairement Selena. "C’est moi qui ne veux plus te voir !"

Et elle s’en alla comme une furie.

Hélain resta stupéfait. Maudites jambes, maudite vie, maudite station ! Il entendit la voix de sa mère derrière lui :" Elle est parfaite, "dit-elle.

Hélain la regarda, interrogateur. Elle reprit :" Et elle a raison. Tu es un monstre."

"Maman ! "gémit Hélain. "Tu ne vas pas t’y mettre !"

" Qu’est-ce que tu attends ? VA RETROUVER CETTE FILLE ET T’EXCUSER AUPRÈS D’ELLE ! "Ordonna-t-elle, des éclairs dans les yeux.

" Mais non, c’est pas possible," gémit-il." Je ne peux pas sortir. Les gens... Mes jambes…"

" Arrête de t’apitoyer sur ton sort ! Tu ne vas pas passer toute ta vie enfermé ! Tu lui as fait de la peine, va rattraper ça ! Allez, maintenant !"

Hélain prit son élan, souffla un grand coup et fonça à travers les couloirs. À son grand étonnement, personne ne rit sur son passage.
Les joues en feu et hors d’haleine, il sonna à la porte de la famille Marshal. Le père lui ouvrit et lui dit en guise de bienvenue : "J’aime mieux ça. Je n’aime pas voir ma fille pleurer. Entre."

Hélain fit rouler son fauteuil, intimidé par la décoration luxueuse de la cellule et la vue sur la lune, spectaculaire. Sa mère et lui avaient juste un petit hublot donnant sur l’espace.

Le père de Selena appela sa fille :
" Ma chérie ! Le capitane Walker en personne est venu te chercher pour t’emmener faire une balade sur le pont supérieur."
Il dit à Hélain :

  • " Pas trop de soda, hein, et pas plus tard que 21h ou je te fais exiler sur une météorite."
    " Oui, M’sieur, "répondit Hélain, tout sourire.

Selena sortit de sa chambre. Elle avait visiblement beaucoup pleuré et essayé de le cacher. Elle était prête à sortir et dit à Hélain, en le regardant droit dans les yeux :
" Toi, je ne suis pas près de t’abandonner."

Demain, retrouve Tom et sa grand-mère pour la quatrième bougie à poser sur la couronne de l’Avent :
Tom rencontre de nouveaux amis, venus d’Orient, et découverte beaucoup de choses à leur contact. Il leur fait découvrir à son tour la tradition de l’Avent…

Pour aller plus loin

Nous avons tous expérimenté un jour une situation où nous nous sommes sentis différents des autres et peut-être en avons-nous souffert. Cette différence prend parfois la forme d’un handicap visible ou invisible et peut arriver à tout moment de la vie (à la naissance ou suite à un accident par exemple). Le handicap peut être physique, mental, sensoriel…

Quel que soit le trouble, il ne faut pas une personne ne peut être résumer à son handicap ! Le handicap n’empêche pas de faire du sport. Sais-tu qu’il existe les Jeux Paralympiques ? Cette compétition de sport internationale, où les athlètes participants ont un handicap, a lieu tous les deux ans (Jeux d’hiver ou Jeux d’été), dans la foulée des Jeux olympiques. Les prochains Jeux Paralympiques et Olympiques de Tokyo auront lieu du 24 août au 5 septembre 2021. Au total 23 disciplines sont au programme des Jeux Paralympiques

Mais l’enjeu n’est pas que sportif : en rendant les personnes handicapées plus visibles, ces jeux invitent aussi à changer de regard sur eux… et à mieux intégrer tout le monde dans la société.


Mordu de sport, Pierre Fairbank a participé à sa première compétition d’athlétisme en 1988 en Australie, une passion qui ne l’a plus quitté. Toute la Nouvelle-Calédonie l’a soutenu à Rio où il a remporté 2 médailles. Il complète ainsi sa collection de 8 médailles paralympiques, dont la plus belle pour lui, l’or remporté sur 200m à Sydney en 2000.)

Quizz

Y a-t-il les mêmes sports aux JO et aux Paralympiques ?

Réponse : Non, pas tout à fait. Il y par exemple des disciplines spécifiques : la boccia et le goalball.
La boccia ressemble beaucoup à la pétanque. Ce sport d’origine gréco-romaine se pratique sur un fauteuil roulant et consiste à envoyer une balle en cuir au plus près d’un gros cochonnet en cuir.
Le goalball, réservé aux déficients visuels – auxquels on bande les yeux pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité –, est un étrange mélange de handball et de bowling. Deux équipes de trois de chaque côté du terrain qui, chacun leur tour, lancent un ballon contenant des clochettes pour le faire rentrer dans les filets adverses. Les trois défenseurs, guidés par le tintement des clochettes, se jettent par terre pour défendre leur but.

samedi 19 décembre 2020



Une très belle chanson de Noël de Jean Naty-Boyer où Noël rime avec paix, chantées par la chorale Les 2 Rives (Canada) (cliquez pour en savoir plus)

Noël des Enfants du Monde (cliquez)

Bible et humour : Les deux frères espiègles

Un couple avait 2 garçons, un de 8 ans et l’autre de 10 ans, de vrais espiègles.
Ils avaient fait à peu près tous les mauvais coups incroyables qui avaient eu lieu dans leur petit village. Chaque fois que quelque chose se passait dans le village, les résidents savaient qui étaient les responsables.
La mère les avait punis, grondés, les avait raisonnés : peine perdue. Le père, après avoir fait la même chose, sans plus de succès, dit à sa femme :

– Qu’est-ce que tu dirais si on demandait au curé de discipliner nos deux lascars ?

Ils demandèrent donc au curé d’avoir un entretien avec leurs enfants, mais l’un après l’autre. Donc le plus jeune se présenta au presbytère le matin, le curé le fit asseoir et immédiatement lança au jeune : Où est Dieu ?
Aucune réponse.
Le curé répéta : Tu connais le Bon Dieu ! Où est-il ?
Toujours le silence.
Le curé, exaspéré par le silence du gamin, lança cette fois-ci de sa grosse voix autoritaire : Pour la dernière fois, je te demande, où est Dieu ?

Le gamin se leva, prit ses jambes à son cou et rentra directement chez lui. En arrivant, il prit son frère par le bras, l’emmena dans sa chambre et ferma la porte.
Encore tout essoufflé, il lui dit :
– Là on est mal barrés ! Ils ont perdu le Bon Dieu et ils pensent que c’est nous qui avons fait le coup !


Aventures dans l’espace 1/2 : L’ami virtuel

Selena plongea derrière un rocher. Encore un peu, et la créature maléfique lui transperçait le cœur avec ses griffes empoisonnées. Elle respira profondément, retrouva son calme, et dit à Walker dans son casque de communication :

" Prêt, capitaine ?"

"Prêt, soldate," répondit Walker." On tente une Manœuvre Déviée de Gretj."

Selena fut stupéfaite par la vieille ruse employée par le capitaine Walker.

" N’oublie pas," dit gravement le capitaine dans le casque. "Même si nous disparaissons, ce pour quoi nous nous battons est éternel."

" Je sais," dit Selena. "La liberté des Hommes vaut tous les sacrifices."

Elle respira lentement, arma son sabre laser, et se prépara à l’assaut. Elle entendit Walker bondir hors de sa cachette, hurler pour attirer la bête, et courir droit devant lui, poursuivi par le monstre. Selena bondit à son tour, frappa avec son sabre l’immense créature aux huit pattes immondes. La bête tourna la tête, pour voir d’où venait le coup. Walker, en profita pour tirer juste au pli du cou, le seul point faible de la carapace dure comme du titane du monstre venu des abysses. La bête hurla puis explosa en une myriade de couleurs chatoyantes. Selena savoura la victoire, jusqu’à ce qu’une voix derrière elle l’appelle :

" Tu poses ton jeu et tu viens à table ! Pour la dernière fois, Selena."

"Capitaine," dit Selena dans le casque," je suis désolée..."

" Ce n’est rien soldate, "dit Walker, compréhensif." Ne t’inquiète pas. Je ne suis pas près de t’abandonner."


Selena coupa l’ordinateur et posa le casque et les gants de réalité virtuelle. Encore une fois, Walker s’était montré fantastique.

Ravie par cette partie passionnante, elle se rendit à table. À tel point que son père la rappela à l’ordre, et lui demanda de reprendre pieds dans la réalité.

Elle allait recevoir un autre sermon, c’est sûr ! Il prit un air désolé et dit :

" Je ne te comprends pas ! Comment peut-on vouloir s’évader quand on a ça sous les yeux en vrai ?"

D’un geste théâtral, il désigna la surface de la lune, à travers la baie vitrée de leur cellule familiale, sur la station orbitale Luna III. À l’horizon, un magnifique clair de Terre révélait la planète bleue contre le velours noir de l’espace.

Selena contempla le panorama pour faire bonne mesure. Pour elle ça n’avait rien d’extraordinaire, mais pour ses parents, qui avaient connu la Terre dans leur enfance, c’était un rêve que de faire partie de l’élite, et vivre dans une colonie spatiale.

"Tu jouais encore avec Walker ? "Demanda sa mère pour détourner la conversation.

"Oui," dit Selena avec enthousiasme." Il est fantastique !"

" Et qui est-ce en vrai ?" Demanda son père d’un air soupçonneux.

" Papa !" Le coupa Selena. "Je te l’ai dit, je ne sais pas qui c’est. J’aimerais tellement le rencontrer…"

"Le rencontrer ?" Demanda son père." Et tu ne sais pas qui c’est ? Mais c’est inquiétant ça ! Qui te dit que ce n’est pas un voyou avec de mauvaises intentions ?"

" Bernard !" Lui dit sa femme avec un air de reproche." Ne dis pas des horreurs pareilles !"

"Justement, ma chérie, je suis le policier de bord, et des horreurs, j’en ai vu dans ma vie. Je ne laisserai pas notre fille de treize ans prendre un rendez-vous avec je ne sais qui !"

" Peut-être pourrais-tu découvrir qui il est ?" demanda Selena, "il ne veut pas me le dire...
"
" Mais parfaitement Je vais le faire immédiatement !" Dit son père.

Il passa la main au-dessus de sa montre bracelet, et un hologramme représentant un serviteur virtuel apparut au-dessus de son poignet. L’hologramme dit en s’inclinant :

"Je vous écoute Monsieur."

"Tarn, "dit le père de Selena, trouve-moi le numéro de cellule du joueur réseau qui se cache derrière le pseudonyme de Walker, et conduis-moi vers lui."

Il ajouta à l’intention de Selena :

"Je rencontrerai ce garçon et ses parents pour voir si ce sont des gens respectables."

Selena était sûre que Walker était un garçon formidable et brillant. Elle avait hâte de le rencontrer pour de vrai !

Une heure plus tard, elle entendit la porte coulisser et se précipita dans le salon. Son père entra, l’air perdu dans ses pensées.

" Alors, papa, tu l’as vu ?" demanda Selena impatiente.

" Ah, oui " dit son père en soupirant, je l’ai vu. "Il... il est désolé, il ne peut pas te voir mais tu peux jouer en ligne avec lui, dans la limite du raisonnable, c’est un bon garçon..."

Il fit mine de se retirer dans sa chambre, mais Selena ne l’entendit pas de cette oreille.

" Papa ! "Supplia-t-elle. "Tu ne peux me laisser là-dessus ! Qu’est-ce que ça veut dire ?"

" Rien ma chérie, ça n’a rien à voir avec toi. Fais-moi confiance, et n’oublie pas ton rendez-vous de ce soir chez ton prof de solfège."

Selena resta bouche bée, submergée par des dizaines de pensées et d’émotions : crainte, colère, tristesse, inquiétude. Walker, son Walker, refusait de lui parler en vrai.

Elle était d’ordinaire douce et obéissante, mais là, c’en était trop pour elle. Elle se précipita vers l’ordi familial, entra dans le module des déplacements, et chercha le dernier itinéraire de la montre de son père. Elle sortit comme pour aller à son cours mais au lieu de cela, elle s’enfonça dans le dédale des coursives de Luna III.

Rendez-vous demain pour la suite des aventures de Selena et du capitaine Walker...
L’amitié virtuelle peut-elle devenir réelle ? Encore faut-il s’accepter soi-même.

Pour aller plus loin

L’homme et l’espace

Les étoiles et l’espace fascinent les hommes depuis toujours. Même si nous ne vivons pas encore dans des colonies spatiales, les avancées technologiques permettent maintenant à certains hommes de vivre dans l’espace !

Et oui ! En 1998 une station spatiale est créée : l’International Space Station (ISS. Voir photo ci-dessous). Elle se déplace autour de la Terre, à environ 27 700 km/h et fait chaque jour 16 fois le tour de notre planète ! L’ISS est un laboratoire dans le ciel où 6 astronautes vivent en permanence (les équipes se relayent) et travaillent sur des expériences scientifiques et s’occupent de la maintenance de la station.

Tu connais peut-être un astronaute français qui y a vécu : Thomas Pesquet. Il est resté 6 mois à bord de l’ISS et est rentré sur Terre en juin 2017. En 2021, il y retournera, accompagné d’astronautes japonais et américains.

Quizz :

Qui a construit l’ISS ?

Réponse : L’ISS est composée d’une quinzaine de modules qui ont été construit dans différents pays puis envoyés par fusées et assemblés dans l’espace. Elle est issue des travaux conjoints des agences spatiales des pays suivants : Etats-Unis (Nasa), Russie (Roscosmos), Japon (JAXA), Brésil (AEB), Canada (ASC), ainsi que 11 pays européens à travers l’ESA (Agence Spatiale Européenne). C’est le plus grand objet construit de la main de l’homme à graviter autour de notre planète et un travail collaboratif extraordinaire.

D’où vient l’air que l’on respire dans l’ISS ?

Réponse : Des vaisseaux ravitailleurs transmettent des modules avec des vivres, du matériel mais aussi de l’oxygène pour recharger l’air de la station. A bord de l’ISS, beaucoup de choses sont également recyclés : l’air, l’eau…

Qui est le premier homme à avoir marché sur la lune ?

Réponse : Neil Armstrong (voir photo ci-dessous)

Combien de kilomètres séparent ta maison de la lune ?

Réponse : 384 400 kms




SAINTE FAMILLE, ENTOURAGE DE PIERRE-PAUL RUBENS, ANVERS, 1ÈRE MOITIÉ XVIIE SIÈCLE - HUILE SUR PANNEAU, H. 64.5 CM X L. 48.5 CM, CLASSÉ MH 9 AVRIL 1985
Cette peinture de très belle facture fait partie de la collection du Trésor de la cathédrale de Besançon.

Ce sont les regards qui construisent cette composition à trois personnages. La Vierge tient dans ses bras l’Enfant Jésus, assis sur un coussin, tandis qu’au second plan veille Joseph. Seul l’enfant regarde le spectateur. Le visage ovale de Marie, les carnations aux couleurs vives, les chairs généreuses situent clairement cette Sainte Famille dans la production flamande de la première moitié du XVIIe siècle, dominée par Rubens.

vendredi 18 décembre 2020



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Moulin la Reine : 5ème tableau

5 L’encerclement (cliquez)

Aventures seventies 4/4 :Les billes

Debout devant son stand, le jeune homme était encore surpris par le prénom de la jeune femme. Il se détourna soudain, visiblement troublé, et courut bouger des cartons qui n’en avaient visiblement pas besoin.

Valérie fut surprise par son comportement. Elle lui lança tout de même :

"Et je cherche un logement ! Si vous connaissez quelqu’un qui cherche un locataire."

Il lui fit oui de la tête, mais semblait incapable d’ajouter un mot. Elle décida de continuer son tour de la brocante.

Un peu plus tard, elle repassa devant le même stand, bien décidée à acheter l’une des BD japonaises. Elle s’approcha, et aperçut quelque chose qui n’était pas là auparavant, et qui la laissa absolument stupéfaite : un sac de billes. On aurait dit le sien, de quand elle avait dix ans, à l’école, quinze ans auparavant, qui trônait là, presque intact, ayant traversé les années !

Elle s’approcha et s’en saisit. Sur un petit ruban qui le fermait, elle aperçut un « V » au stylo, délavé, mais encore visible. Elle leva les yeux vers le jeune vendeur – et tout d’un coup, le reconnut.

" Daniel ?"

Il lui sourit, un peu gêné.

" Valérie," dit-il, "tu ne peux pas savoir combien je suis heureux de te revoir."

Elle contourna le stand et se jeta dans ses bras, l’obligeant à reposer précipitamment ce qu’il portait.

"Daniel !" s’écria-t-elle. Tu avais disparu ! On devait faire des lignes ensemble ! Je t’ai cru mort ou kidnappé ! Je t’ai imaginé enlevé par des saltimbanques !"

Il rit, et elle aussi. Puis il redevint sérieux, et même grave, et dit en regardant ses chaussures :

" J’ai été placé," Valérie, à l’autre bout de la région. Je n’avais même pas ton adresse."

" Oh, "fit-elle, "je suis tellement désolée…"

"Ne le sois pas," reprit-i"l, j’ai été beaucoup mieux après, même si tout n’a pas été facile, mais bon… j’avais gardé tes billes !"

Il alla ramasser le sac que Valérie avait fait tomber dans sa hâte. Il les contempla d’un air attendri.

"Tu sais", dit-il," c’était la première fois qu’on se montrait gentil avec moi. La première fois qu’on me donnait l’impression de… m’apprécier un peu. C’est ballot non ?"

" Pas du flou", répondit Valérie à qui l’émotion faisait dire n’importe quoi.

"Alors," dit-il," je l’ai gardé. Et il m’a donné du courage. Et aujourd’hui…"

Il contempla son stand d’un air amoureux et dit en faisant un grand geste :

"J’ai ça, un métier, de quoi manger, une femme fantastique et bientôt un enfant, et je suis heureux."

Valérie n’osa pas répondre, pas très sûre de maîtriser sa voix si elle parlait.

"Je te rends tes billes, Valérie Demongin. C’est toi qu’elles aideront désormais. Elles te parleront, quand tu seras face à un élève énervant."

Il leva le sac vers son oreille et prit une petite voix pour dire :

"Sois patiente, il a besoin d’être aimé et écouté, tu peux tout changer pour lui."

Il prit un air mystérieux, faisant semblant d’entendre autre chose, et ajouta :

"Et si tu vois une fille qui doute, parce qu’on lui a dit qu’elle ne pouvait pas faire ceci ou cela, tu sortiras ce sac de billes, et tu diras : Eh, moi, en 75, j’ai réussi à jouer aux billes avec les garçons. Alors, hein, rien ne t’est interdit !"

"Je m’en souviendrai," dit Valérie.

Quelques semaines plus tard, Daniel dînait avec son épouse chez les parents de celle-ci. Sa nièce interrompit la conversation pour lancer tout à trac :

"Eh, vous savez ce qu’elle nous apprend la nouvelle maîtresse ?"

" Non," dit la maman.

" À jouer aux billes !"

Pour aller plus loin

Les jeux d’enfance de vos parents et grands-parents

La récréation a toujours été le moment le plus attendu dans la journée des écoliers. Aujourd’hui, tu joues peut-être à des jeux très modernes, mais tu en connais très certainement qui sont plutôt des plus anciens. Corde à sauter, billes, élastique, osselet ou encore marelle tracée au sol régnaient dans les cours. Parfois, certains jeux étaient à la mode puis disparaissaient : les enfants des années 70 ont joué par exemple au tac-tac ou tacatac : deux boules en plastique étaient reliées par une cordelette. Le but du jeu était que les boules s’entrechoquent le plus longtemps possible.


En plus de tous ces jeux, les années 70 sont marquées par la naissance des premiers jeux vidéos ! Bien loin, des consoles d’aujourd’hui, les enfants et jeunes pouvaient jouer sur des bornes d’arcade. Un des jeux les plus connus est Pong. Il a été créé en 1972.

A. Sais-tu quand ont été inventé les premiers jeux de société ?

Pendant l’Egypte antique, vers 3000 avant Jésus-Christ
Dans les années 1930
Au Moyen Âge

B. A ton avis, en quelle année le plus célèbre plombier du monde, Mario, a vu le jour ?

1975
1983
1990

Réponses :
A. 1
B. 2


Abracadabra la régie (cliquez)

Marie, mère de miséricorde par la chorale Gaudete (cliquez)

L’abbaye Saint-Pierre de Moissac se caractérise par l’un des plus beaux ensembles architecturaux français avec ses extraordinaires sculptures romanes. Elle se trouve dans la commune de Moissac, dans le département de Tarn-et-Garonne en région Occitanie. Son cloître est souvent présenté comme le plus beau d’Europe méridionale.

L’abbaye Saint-Pierre de Moissac fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

L’abbaye romane de Moissac nous livre ses secrets grâce aux moulages de la cité de l’architecture ! A la découverte d’un magnifique cycle de l’Enfance du Christ...

Moissac à l’heure de Noël -(cliquez)

jeudi 17 décembre 2020



Cette hymne entretient la joie calme et confiante qui suit le dimanche de gaudete, le dimanche de la joie !

« Joie au ciel, qu’exulte la terre ! La campagne tout entière est en fête. Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient ! » raconte le psaume 95. C’est ce que disent les anges aux bergers de Bethléem. C’est ce que les choristes de Choeur dans la ville nous invite à chanter, à danser avec eux, avec les arbres majestueux du parc qui entoure le couvent des dominicains de Lille !

En écoutant ce chant, laissons monter de notre cœur cette acclamation tendre et simple. Toute la journée, murmurons cet air et ces paroles. La joie et la paix sont offerts ensemble par l’Esprit Saint : « Soyez dans la joie : que le Dieu de la paix vous sanctifie tout entiers ! » dit saint Paul.

Qu'exulte la terre (cliquez)

Aventures seventies 3/4 : Le déménagement

Valérie se demanda ce qu’elle faisait là. Il n’y avait que des horreurs, dans cette brocante, et ce n’était certainement pas là qu’elle trouverait les meubles dont elle avait besoin ! À moins de vouloir remplir son futur studio d’armoires orange, de poufs violets, et de tables marron.
« Mais qui avait gardé tout ça jusqu’à maintenant ? » se demanda-t-elle.
Elle avait l’impression d’être de retour dans les années 70, celles de son enfance, où brutalement la planète entière semblait avoir découvert les couleurs flashy. Elle rit en se souvenant que, elle aussi, elle avait porté des pantalons orange avec des sous-pulls à col roulé vert grenouille, eu des « pattes d’éléphant » et des cols « pelle à tarte ». C’était à peine quinze ans plus tôt, mais il lui semblait que ça faisait une éternité.

Les années 70 avaient vu fleurir un goût certain pour l’expérimentation, la liberté, et aussi, il faut le dire, le n’importe quoi en matière d’habillement et de décoration. Il faisait bon vivre en 1990, où désormais la place était à la modernité, la performance, la technologie. Comme ce fameux Disc-man qu’elle emportait partout et qui lui permettait d’écouter ses CD’s en toute liberté. Quelle révolution par rapport au Walkman ! Plus besoin de rembobiner, et on ne risquait plus de faire des nœuds dans la bande magnétique. Elle ne regrettait pas les cassettes.
Reste qu’elle avait un autre problème à régler avant d’acheter des meubles : trouver où les poser. Elle n’avait toujours pas trouvé de logement, et à quelques semaines de débuter comme instit dans une petite école, elle se voyait mal continuer à vivre à l’hôtel.
Elle s’approcha d’un grand stand qui présentait un bric-à-brac tellement improbable que ça en devenait distrayant. Elle vit un moule à gaufres pour cheminée, une poêle percée, un épluche légumes canard, un moulin à café à main, cohabiter avec une poupée borgne, un Goldorak en plastique, et de drôles de bandes dessinées de petit format en noir et blanc et reliées à l’envers. Elle en feuilleta une et fit la moue : ces grands yeux, ces traits pour faire croire que ça bougeait, cette lecture à l’envers, mais qui aurait pu acheter ça ?

"Vous aimez les mangas ? " demanda une voix jeune.

Valérie leva les yeux et vit un beau jeune homme, habillé de façon très simple, qui portait des cartons d’un bout à l’autre du stand.

"C’est comme ça que ça s’appelle ?" demanda-t-elle." C’est bizarre comme BD, non ? Et pourquoi c’est relié à l’envers ?"

Il éclata de rire et faillit lâcher ce qu’il portait. Il reprit son souffle et dit :

"Ça vient du Japon, mademoiselle ! Le japonais est édité dans l’autre sens, alors ça commence par la fin. Enfin, ce qui semble la fin pour nous, parce que pour eux, c’est nous qui relions à l’envers !"

Elle rit à son tour. Elle aimait cette façon de penser. Élevée par des parents voyageant beaucoup, et ramenant des tas d’objets et d’idées neuves d’un peu partout, elle n’avait pas peur de la nouveauté. Le jeune homme semblait passionné, car il l’assomma de détails tous plus improbables les uns que les autres sur ces fameuses BD japonaises. Il semblait croire qu’un jour, ce genre de littérature serait aussi populaire que Tintin ou Astérix. Valérie le laissa parler, mais elle n’y croyait guère !
"Et sinon, vous êtes du coin ?" lui demanda-t-il soudain.

" Bientôt," dit-elle. "Je suis la nouvelle institutrice de l’école des Glycines."

" Ah, c’est vous !" s’écria le jeune homme. "Je vais pouvoir dire à ma nièce que j’ai rencontré sa nouvelle maîtresse. Par contre, elle va m’arracher les yeux si je ne lui dis pas au moins votre prénom ?"

"Ce n’est pas très subtil comme approche," dit Valérie en riant.

" Non," bredouilla le garçon," c’est pour ma nièce !"

"Eh bien, ce n’est pas un secret d’état," répondit tout de même Valérie. "Vous pourrez lui dire que sa nouvelle maîtresse s’appelle Valérie."

Il ouvrit de grands yeux :"Valérie ?"

Rendez-vous demain pour la suite des aventures de Valérie et Daniel : C’est étonnant comme un objet retrouvé par hasard peut vous replonger dans votre histoire… et vous faire renouer avec votre passé

Pour aller plus loin

L’école, à l’époque de Valérie et Daniel

L’école a bien changé depuis l’époque de Valérie et Daniel. Si l’instruction est obligatoire depuis 1842, la manière d’enseigner et les équipements scolaires ont évolué.

Par exemple, les tableaux blancs et numériques n’existaient pas : à la place, les professeurs des écoles utilisaient un tableau noir avec des craies de couleurs. Les enfants devaient porter une blouse ou un tablier, toute la journée. Et si les élèves travaillaient bien, ils pouvaient recevoir un bon point, puis une image !


Pour apprendre à lire, les écoliers avaient comme toi, des manuels scolaires. On trouvait par exemple, les livres de Rémi et Colette mais aussi… de Daniel et Valérie !

A. Tu as surement dans ta trousse, les 2 objets ci-dessous. Mais à ton avis, lequel est le plus ancien ?
Le stylo bille 4 couleurs
Le stylo à friction

B. Aujourd’hui, le jour de repos des écoliers est le jeudi. Mais avant 1972, c’était un autre jour : lequel ?
Mardi
Jeudi
Vendredi

Réponses :
A. 1 (le stylo bille 4 couleurs a été créé au tout début des années 70)
B. 2


Cette vidéo montre tous les papes de l’Eglise catholique dans l’ordre chronologique avec leur image.
Elle commence par Saint Pierre et se termine par le pape François.

Important : le numéro ne désigne pas le nombre de papes, mais celui du pontificat.

Peut-être vous êtes-vous aperçus qu’il y a certaines fois quelques années sans pape. Cela est dû au fait que les cardinaux n’arrivaient pas à se mettre d’accord.

Tous les papes de l’Eglise Catholique (cliquez)

Le Temps de l’Eglise (3/4)

Si l’épître aux Galates est une ode à la charité, celle destinée aux Thessaloniciens nous encourage à vivre d’espérance. Dans ce troisième épisode de la série d’Avent sur saint Paul et le dessein de Dieu, Régis Burnet reçoit le père Éric Morin et Roselyne Dupont-Roc, bibliste, pour évoquer l’épître aux Corinthiens, témoin d’une crise entre l’apôtre et la communauté de Corinthe. Comment se comporter dans le monde alors qu’on a la certitude du projet de Dieu pour l’humanité ? Comment participer à l’unité de l’Église ? Où l’on voit que la communauté n’a de sens que fondée sur le Christ.

Saint Paul et le dessein de Dieu 3/4 : Le temps de l’Eglise (cliquez)

Recette des monastères : tourte Normande et Teurgoule (cliquez)

mercredi 16 décembre 2020



Un conte de Noël (Charles Dickens) dessin animé complet en français (cliquez)

Aventures seventies 2/4 : Pieux mensonge

Le bruit se répandit comme une traînée de poudre : Valérie était autorisée à jouer aux billes !

Certaines filles, ardentes pratiquantes de la corde à sauter et de l’élastique, trouvèrent l’idée complètement idiote. D’autres approuvèrent, faisant de Valérie leur héroïne. À la récré de l’après-midi, tout le monde guetta son arrivée.

Elle était rayonnante, avec ses couettes, son pantalon en velours orange à la dernière mode, son pull à rayures coloré comme les plumes d’un perroquet. Elle s’avança fièrement vers le centre de la cour où l’attendait un groupe de garçons, qui se donnaient des airs de durs à cuire. On aurait dit des voyous dans un film de Belmondo, prêts à en découdre. Valérie plongea la main dans son sac en bandoulière, prête à répéter son triomphe du matin. Mais sa main ne trouva pas ce qu’elle cherchait. Elle l’ouvrit en grand, farfouilla, et pâlit : ses billes n’étaient plus là !

Elle leva les yeux et aperçut Daniel, les mains dans les poches, appuyé à un mur, qui la regardait, un sourire moqueur sur les lèvres. Une fille se précipita vers le surveillant général, montra du doigt Valérie puis Daniel, en faisant de grands gestes. Valérie voulut intervenir, mais c’était déjà trop tard : le sur-gé tirait déjà le garçon vers l’intérieur du bâtiment en le tenant par une oreille. Daniel, rouge brique, le suivait en se tenant presque sur la pointe des pieds, criant, pleurant, donnant à tous un bien piètre spectacle.

Valérie resta figée un long moment, puis repoussa toutes celles qui venaient la réconforter et décida d’entrer dans l’école, ce qui était strictement interdit pendant la récré.

Elle se guida au bruit, et finit par arriver au seuil de sa classe. Daniel avait les yeux baissés, son pupitre était ouvert, et le surgé brandissait sous son nez le sac de billes en criant : " Et ça ? C’est quoi ça ?"

Daniel pleurait doucement, et quand le surgé fit un pas vers lui, il leva la main et se recroquevilla comme un petit animal qu’on s’apprêterait à frapper. Le surgé resta figé, surpris par cette réaction et Valérie prit sa décision : elle fit comme si elle n’avait pas été là depuis le début, et fit du bruit avec ses pieds en appelant : " Monsieur, Monsieur !"

"Quoi ? " demanda le surgé d’un ton agressif, puis il se radoucit et dit :" Valérie ? Qu’y a-t-il ?"

" Monsieur," dit Valérie," on vous a dit n’importe quoi, les billes, je lui ai prêtées, j’avais oublié."

Le surgé la toisa d’un air soudain plus dur, presque méprisant. Valérie vit passer différentes émotions dans son regard. Il était visiblement contrarié. Valérie comprit qu’il savait qu’elle mentait, qu’il lui en voulait de le priver de sa victime préférée, et qu’il réfléchissait au moyen de la confondre. Mais, pour la première fois de sa vie, elle décida qu’elle devait mentir, et redit avec fermeté : "Je vous assure, Monsieur, je lui ai prêté ce matin."

Le surgé laissa tomber le sac de billes au sol, et les mains sur les hanches, les regarda tour à tour puis dit : " Eh bien, si je m’attendais à celle-là, la fille à papa et le voyou de service. Eh bien, mes petits amis, vous me ferez chacun cent lignes : « je ne dois pas raconter d’histoires, et je dois respecter les adultes en toute circonstance ! » Et signé par vos parents. Disparaissez !"

Daniel fila sans demander son reste, en attrapant Valérie par la main. Dans l’escalier descendant vers la cour, ils se lâchèrent la main comme s’ils s’étaient brûlés.
Valérie était encore tout étourdie. Elle avait menti ! Elle était punie ! Elle n’en revenait pas.
Daniel reprit son souffle, puis lui demanda, en la regardant bien en face : " Pourquoi ?"
"Tu m’énerves," dit Valérie.

Daniel allait répondre, mais elle ne lui en laissa pas le temps et reprit :" Tu as toujours l’air sûr de toi. Tu te moques toujours des filles. Tu dis des gros mots. Les autres garçons deviennent idiots en ta présence, et ils te suivent comme des moutons. Tu réponds mal quand on te parle, tu n’es jamais d’accord pour rien, tu gâches les jeux et tu fais claquer ton chewing-gum quand tu ne sais pas quoi dire. Tu fais des blagues méchantes sur les filles. Tu tires les couettes et les queues de cheval. Mais d’un autre côté… je ne veux pas que quelqu’un soit puni à cause de moi."

Daniel s’aperçut qu’il avait cessé de respirer, et aspira l’air bruyamment comme s’il sortait de l’eau. Soulagé, il répondit :" Pardon."

Valérie releva la tête et dit :"Eh bien ! Si je raconte que le grand Daniel m’a demandé pardon, on ne me croira pas ! Tu fais quoi jeudi ?"

" Je ne sais pas" dit Daniel en haussant les épaules.

" Tu n’as qu’à venir chez moi, si papa et maman sont d’accord. On fera nos lignes ensemble."

Daniel fit semblant de réfléchir puis répondit : " Pourquoi pas…"

Comme si cela n’avait pour lui aucune espèce d’importance. Mais au fond de lui, il était ravi.
Pour ne pas montrer sa joie, il cueillit un brin d’herbe, se le cala au coin de la bouche, et après un signe de tête il s’éloigna de Valérie, un petit sourire moqueur aux lèvres, les mains dans les poches et le nez au vent.

Comme un crâneur.

Rendez-vous demain pour la suite des aventures de Valérie et Daniel :

Valérie a grandi, elle entre maintenant dans la vie active. Ses années d’école ne sont pourtant pas si loin, ses amis non plus...

Pour aller plus loin

Les jeux de la récré

Le moment où la cloche va sonner pour annoncer la récréation est toujours un moment très attendu pour s’amuser. Et c’est parti pour 15 minutes dans la cour avec les copains ! Parfois les enfants disposent d’un toboggan ou d’agrès, toujours sympathiques pour passer un bon moment.

Dans certaines écoles, les cartes à collectionner, comme les cartes Pokémon, ou les jeux apportés de la maison sont interdits mais il existe beaucoup d’autres jeux pour passer une bonne récré !

Cordes à sauter, élastiques, marelle, parties de billes ou de foot, les jeux ne manquent pas ! Qui n’a jamais joué à cache-cache ou fait une partie de loup ? ou couru après ses camarades en criant « c’est toi le chat ! » ?

Et toi à quel jeu aimes-tu jouer avec tes copains ?


Santa Lucia, mélodie populaire suéduoise (cliquez)

Origami (cliquez pour imprimer)

mardi 15 décembre 2020



Preparez le chemin du Seigneur (cliquez)

Recette : Roses des sables (cliquez et imprimez)

Moulin la Reine : 4ème tableau

L’éclaireur (cliquez)

Isoler les personnes âgées, tout comme les abandonner à la charge des autres sans un accompagnement adéquat et proche de la part de la famille, mutile et appauvrit la famille elle-même. », rappelle le pape François dans son encyclique Fratelli Tutti (§ 19). Traditionnellement, la période de Noël est une occasion de se retrouver en famille, et particulièrement avec les grands-parents. Comment transmettre le souci des aînés à ses enfants et être plus proches d’eux en ces temps de fêtes ? Pourquoi vivre cette dimension intergénérationnelle au coeur des familles ? Témoignages et points de repères dans Vies de Famille.

Noël solidaire : comment se rapprocher de nos aînés ? (cliquez)
Crédits : https://www.youtube.com/embed/d2R-YLl2On0

Origami (cliquez et imprimez)

Aventures seventies 1/4 : La star et le crâneur

« Plop plop plop plop »

Valérie tenta de ne pas grimacer, tandis que les bonbons acidulés éclataient sur sa langue en faisant un bruit inquiétant. Cette nouvelle friandise à la mode n’était pas vraiment bonne, pour être honnête, car au contact de la salive elle se mettait à pétiller et piquait la langue comme une armée de petites abeilles en furie. Non, ce n’était pas bon, mais être capable de les garder sur sa langue sans verser une larme ni tout recracher faisait de vous quelqu’un de sensass, dans la cour de récré, en cette année 1975. Et sensass, Valérie l’était aux yeux de ses camarades.

Comme son papa voyageait beaucoup pour son travail, il ramenait toujours à sa fille des trucs très sympas qui faisaient d’elle la star des récrés. Elle avait toujours tout avant tout le monde, mais personne n’était vraiment jaloux, car elle partageait volontiers et était somme toute très bath.

Il y en avait un, cependant, qui n’aimait pas Valérie, c’était Daniel. Il avait le même âge qu’elle, treize ans, et était dans la même classe, mais la comparaison s’arrêtait là. Il portait toujours la même veste en jean avec des pièces aux coudes, les mêmes santiags usées, et ne devait pas avoir plus de trois chemises à carreaux, qu’il gardait parfois des jours avant d’en changer. Il se faisait des petits tatouages sur le poignet au feutre à plume.

Les filles disaient qu’il faisait son crâneur, et qu’il était bête, mais elles l’admiraient quand-même un peu en secret. Il avait toujours l’air de réfléchir à quelque chose, et il ne baissait jamais les yeux quand il s’adressait aux adultes. Cela lui valait de recevoir de nombreuses punitions, et le qualificatif de « gosse mal élevé ». Qu’un objet disparaisse, qu’un carreau soit cassé, que quelqu’un soit poussé, c’était forcément Daniel, qui refusait de comprendre où était sa place : tout au fond de la classe, près du radiateur. La place du cancre.

Pour les garçons, c’était une sorte de héros. La plupart baissaient les yeux dès qu’un maître leur parlait. Daniel, lui, traînait avec des grands. Des fois, il venait en classe avec un œil au beurre noir ou la veste un peu déchirée, et quand quelqu’un osait lui demander ce qui s’était passé, il prenait un regard mystérieux, un peu à la James Dean, et disait simplement : « je me suis battu ».

Dans la vie de Valérie, Daniel n’existait pas plus qu’Oscar, le squelette en plastique du cours de science nat’. Elle le trouvait bête et crâneur, et lui se moquait d’elle quand elle apportait quelque chose. Aussi l’ignorait-elle superbement.

Ce matin-là, elle s’était approchée d’un groupe de garçons qui jouaient aux billes autour d‘un petit trou dans le macadam de la cour de récré. Parmi eux, il y avait Daniel, qui était fortiche comme pas deux aux billes. Valérie s’approcha, et demanda aux garçons :"Salut, je peux jouer avec vous ?"

Daniel, sans même lever les yeux du jeu, lui répondit en ricanant :-"Mais les filles ça joue pas aux billes ! Tu ne préfères pas retourner jouer à l’élastique ? Et puis, t’en as même pas, toi, des billes !"

Le groupe de garçons se mit à rire, de ce rire idiot qui énervait les filles. Valérie rougit de colère, mais se mordit les joues plutôt que de pleurer ou de crier. Elle déclara simplement :"Eh bien ! C’est ce qu’on va voir."

Elle tourna les talons et les laissa à leurs blagues, leurs rires et leurs jeux de petits garçons. Si elle s’était retournée à ce moment-là, elle aurait aperçu Daniel qui la regardait s’éloigner, les yeux pleins de tristesse. Il se ressaisit et reprit son air détaché et son sourire en coin, sortant au passage une blague cruelle sur les filles.
Valérie, elle, décida que, si elle voulait jouer aux billes, elle jouerait aux billes.
Deux jours plus tard, à la récré du matin, elle revint près du groupe de garçons, et demanda de nouveau : " Je peux jouer avec vous ?"

Les garçons s’apprêtaient à la rembarrer de nouveau, mais quand ils levèrent les yeux ils restèrent bouche bée. Valérie tenait dans sa main le plus beau filet de billes qu’ils aient jamais vu ! Des calots, des agates, des yeux de chat, des abeilles, des dauphins, des picasso… il y en avait de trois tailles différentes, de toutes sortes, tant et si bien qu’ils commencèrent d’abord par se disputer pour savoir laquelle s’appelait comment, et quelle était sa valeur dans le jeu. Valérie regarda, impuissante, ses billes toutes neuves passer de main en main. Toute la clique des garçons bruyants et aux mains plus ou moins propres dissertait sur le nom et les vertus de chaque bille, comme des adultes parlant de belles voitures. Il y eut même des querelles de spécialistes, Bruno disant à Jean-Michel :" Nan, je peux pas te laisser dire que l’agate vaut moins que la loupe. Tu prends une loupe bleue par exemple…"


Elle se sentit un peu perdue, mais l’essentiel était fait : elle était autorisée à jouer aux billes.
Elle se fit un peu plumer au début, mais finit par prendre le coup de main et devint une bonne adversaire. Le vrai crack de la bande était Daniel.
Valérie s’aperçut soudain que Daniel avait quitté la partie. Elle leva les yeux et le vit s’éloigner dans le coin le plus éloigné de la cour, les yeux baissés. Elle eut un pincement au cœur, sans savoir pourquoi. Elle retourna à la compétition.

Rendez-vous demain pour la suite des aventures de Valérie et Daniel :
Pour certains, il y a des jeux de filles, et des jeux de garçons. Mais Valérie ne l’entend pas comme ça : qui pourrait l’empêcher de jouer aux billes ?

Pour aller plus loin

Le vocabulaire des années 70

Toi aussi, tu trouves qu’il y a de drôles de mots dans l’histoire de Valérie ? Et bien figure-toi que c’est un peu normal ! Il y a 50 ans, les jeunes n’employaient pas les mêmes mots que nous aujourd’hui.

Tu peux regarder avec tes parents la vidéo de l’Institut National de l’Audiovisuel, dans laquelle des lycéens présentent les mots qu’ils emploient couramment : (cliquez içi)

Et tiens, pour voir à quoi on ressemblait dans ces années-là, une photo de classe de 1972 : chouettes vêtements, non ? Comme on disait à l’époque, c’est sensass.

Prêt à jouer un peu ? Alors, c’est « parti mon kiki ! »

1) A toi de jouer avec les mots. A ton avis, quelle est l’origine de l’expression « En voiture, Simone » ?

A - De Simone Louise de Pinet de Borde des Forest, une femme pilote de courses
B - De Simone de Beauvoir, philosophe et romancière française

Réponse : 1 : A


En Alsace, atelier de petits gâteaux à accrocher au sapin et veillée musicale montrent comment les catholiques et les protestants vivent intensément le temps de l’Avent.

En Alsace, la crèche représente toujours l’élément phare des marchés de Noël. Les Alsaciens décorent avec des santons d’argile ou des figures en poterie des crèches personnalisées qui donnent vie à la Nativité du Christ.

Patron des écoliers, saint Nicolas accompagne les enfants sur le chemin de Noël en leur distribuant sa joie et des récompenses s’ils ont été sages.

Entre le concert et la veillée, les Noëlies proposent des chemins vers Noël autour du chant choral. Une tradition initiée par les églises catholiques et protestantes d’Alsace en réaction à la "marchandisation" de Noël.

Au nord de l’Alsace, les traditions de Noël retrouvent leur authenticité. Pas de Père Noël sur les marchés mais le Kristkindel que l’on retrouve sur scène affrontant le méchant Hans Trapp. Ces personnages de conte incarnent l’Amour et les vraies valeurs.

Noël d’antan, Noël d’Alsace : des traditions vivantes (cliquez)

lundi 14 décembre 2020



Tom et sa grand mère, la 3ème bougie : Plume et huile pour les rois

Tom passe le week-end chez sa grand-mère. Grâce à elle, il va découvrir qu’il est appelé à de grandes choses…

Tom s’étira paresseusement. Il était au paradis.

Une fois par mois, environ, il avait le droit de dormir chez sa grand-mère et de passer tout le week-end avec elle – et une autre fois, c’était sa sœur Lara qui avait droit à ce privilège.

Il sortit le bout du nez de sous la couette géante qui l’écrasait presque, pour tester la température de la chambre. Ça s’était refroidi pendant la nuit – le chauffage était assuré par un gros poêle à bois – mais il faisait chaud sous cette montagne de plumes de canard rembourrée et douce comme de la soie que sa grand-mère appelait un édredon. Les oreillers étaient incroyables eux aussi : doux, frais, profonds, leurs taies d’épais coton fraîchement repassées. Et l’odeur de bois et de plantes séchées qui régnait dans la chambre... Il soupira de bonheur. Seule l’odeur du petit-déjeuner lui donnait envie de quitter ce nid douillet.

Il fit un arrêt à la salle de bain et descendit le large escalier qui menait en bas.

Il retrouva sa grand-mère dans la cuisine, en train de poser de petites assiettes sur le bar. C’était leur coin préféré pour manger quand ils étaient tous les deux : assis sur les hauts tabourets, on voyait par une grande baie vitrée le petit jardin où s’égayaient un écureuil et de petits oiseaux.

"Tu remettras de la graisse sur le nichoir ?" demanda sa grand-mère.
"Mne fni na gne me fra ni nou," répondit Tom qui parlait la bouche pleine.
" Tom, finis ta bouchée…" lui reprocha gentiment sa grand-mère." Bon, je prends ça pour un oui."


Tom acquiesça tout en se resservant d’apfel strudel et de chocolat chaud. Inutile de dire que tout était très bon, et en quantité suffisante pour nourrir trois ou quatre Tom.
"Grand-mère a connu des époques difficiles", lui avait dit un jour sa maman, et nous faire à manger est une façon de dire qu’elle nous aime.

Tom ne doutait pas d’être très aimé.
Quand il eut raisonnablement avalé tout ce qu’il pouvait, il posa la vaisselle sale sur l’évier et commença à faire couler de l’eau. Grand-mère pratiquait un rituel bizarre, pour Tom : elle lavait la vaisselle à la main. Il lui avait un jour demandé si elle voulait qu’il demande de l’argent à ses parents, pour qu’ils lui offrent un lave-vaisselle. Elle avait ri et répondu : "Je m’en suis toujours passée, et j’aime bien ce moment où je fais travailler mes mains : le cerveau se repose !"

Il faut dire que le cerveau de grand-mère travaillait beaucoup, elle avait enseigné et même écrit des livres… Tom comprenait donc cette étrange habitude, et la respectait.

"Tiens," dit-elle,"tu pourrais nous faire la lecture pendant que je m’occupe de tout ça ? Et tu peux allumer la troisième bougie pendant que tu y es !"

Tom alluma seul la troisième bougie avec un sérieux et une application dignes du dernier porteur de la torche olympique. Il se sentait investi d’une grande mission.
"Tu me fais confiance !" dit-il, émerveillé.
"Mais bien sûr, mon chéri," dit-elle." Et tes parents aussi. Et même Dieu !"
"Même Dieu ?" demanda Tom." Mais je suis un enfant ! Abraham était vieux ! Et tous les autres aussi non ?"

Sa grand-mère rit et dit :"Ah, mais Dieu appelle aussi les enfants à le suivre ! Il leur donne sa confiance et Il les aime ! Je connais même un petit garçon comme toi, qui est devenu roi !"
" Comme moi ?" demanda Tom, étonné.
" Oui," dit sa grand-mère," même que lui aussi avait de beaux cheveux roux !"
Tom fit une petite grimace. Des fois, on l’embêtait avec sa couleur de cheveux. Alors, imaginer qu’un petit garçon roux était devenu roi !
"C’est où ?" demanda-t-il, avide d’en savoir plus.
"J’ai mis un petit marque-page dans la Bible," dit sa grand-mère. "Fais-nous donc la lecture !"

Tom trouva l’endroit et commença à lire. Oui, Dieu avait envoyé le prophète Samuel trouver un roi pour Israël. Samuel était allé dans la maison de Jessé, qui lui avait présenté tous ses fils. Tous plus grands et plus forts les uns que les autres. Mais aucun cependant n’avait trouvé grâce aux yeux de Dieu. Samuel avait demandé s’il n’en restait pas un. Et Jessé avait fait appeler le petit dernier, qui faisait bien pâle figure comparé aux autres ! Mais, et Tom lut ces mots avec enchantement :
" Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! »

Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères.
L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. »

"Ça alors," dit Tom, "ça alors. Mais les autres étaient grands, et forts, et c’est le petit dernier qui a été choisi ! Un enfant !"
"Oui," lui dit sa grand-mère". Mais Dieu voit dans le cœur, et Il appelle chacun selon son nom. "
"Mais pourquoi verser de l’huile ? "demanda Tom, "c’est un garçon, pas de la salade !"
Sa grand-mère eut un petit rire et dit :" Eh bien, l’huile, c’était rare, ça valait de l’argent. Et si tu en renverses sur du papier, par exemple, il se passe quoi ?"
"On ne peut pas l’enlever," dit Tom ! "Ça m’est arrivé, ça ne part pas !"
" Ainsi en est-il, "dit sa grand-mère", de l’amour de Dieu pour toi. Il te connaît, Il t’aime, Il te choisit, Il a pour toi des projets tout à fait uniques, à ses yeux, tu es comme un roi qui a été choisi ! Et ça non plus ça ne s’efface pas."

Tom ressentit une grande joie en entendant cela. Il sourit malicieusement et dit :
"Et moi, je te couronne reine des grand-mères ! Laisse-moi juste chercher de l’huile."
" Ça ira," dit sa grand-mère." Tes mots me suffisent !"

Tom, en revenant chez lui ce soir-là, se fit une joie de raconter tout ce qu’il avait découvert. Sa petite sœur Lara fut un peu jalouse, mais leur maman lui dit :
"Tu sais, des femmes et des filles aussi ont vécu de grandes choses ! Et Dieu nous appelle tous pareil !"
"Ah," dit Lara." Tu vois Tom, je te l’avais dit !"

Et voilà, encore une belle journée pour Tom et sa grand-mère ! Retrouve-les une dernière fois la semaine prochaine !




NATIVITÉ, TOBIAS TISSENAKEN (1560-1624), MALINES, FIN DU XVIE SIÈCLE - ALBÂTRE AVEC DORURE SUR MIXTION, H. 23 CM X L. 20 CM
Cette oeuvre délicate est issue du trésor de la cathédrale de Besançon. On y voit l’enfant Jésus, entouré de la Vierge, de Joseph, de l’Ange et de deux bergers.

Le monogramme inscrit en lettres dorées à la base du bas-relief (deux T encadrant une marque en forme de 4) est celui du sculpteur Tobias Tissenaken, doyen de la guilde de Saint Luc de Malines en 1619. Dans la seconde moitié du XVIe siècle et au XVIIe siècle, la ville de Malines, devient le centre d’une production originale de petites sculptures en albâtre, principalement religieuses.


La valise emportée par le diable

Un évêque, de retour de voyage par le train, arrive en gare chargé d’une énorme valise qu’il a bien du mal à soulever.

Descendant sur le quai encombré de ce volumineux bagage, il tombe nez à nez avec un porteur qui le reconnaît aussitôt et lui dit : « Ne bougez pas, Monseigneur, je vais chercher le diable ! »


C’est pas sorcier, le magazine de la découverte et de la science.

Fred et Jamy nous emmènent à Jérusalem, la ville trois sainte, tandis que Sabine part explorer les ouvrages anciens et très précieux de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris. Tous les trois enquêtent sur les trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam... Trois religions avec un seul Dieu et une histoire commune. Juifs, chrétiens et musulmans partagent les mêmes récits de la création du monde en six jours, d’Adam et Eve, du déluge... Tous reconnaissent aussi en Abraham, le père des croyants.
Moïse, Jésus et Mahomet seraient les descendants de ce personnage, dont aucune preuve de l’existence n’a été retrouvé.
Il existe donc beaucoup de points communs entre ces religions... Mais aussi des points de divergences, des interprétations différentes des textes....

Un Dieu, 3 religions (cliquez)

Recette des monastères : Pommes de terre fourrées, pommes Château (cliquez)

dimanche 13 décembre 2020 : 3ème dimanche de l’Avent



Sainte Lucie


La Sainte Lucie se fête le 13 décembre, spécialement en Suède et en Norvège. Le nom de Lucie vient du Latin « Lux », la lumière. Sainte Lucie était une Italienne qui se serait convertie au Christianisme en cachette.

Elle aurait apporté de la nourriture aux Chrétiens persécutés en passant dans des tunnels s’éclairant avec une couronne de bougies sur la tête.


3e Dimanche de l´Avent, textes et commentaires de M.N.THabut (cliquez)

Chaque dimanche de l’Avent, un dessin te sera proposé. Tu pourras les imprimer, les colorier et pourquoi pas les déposer dans ton coin prière en attendant Noël.

Imprimez et coloriez (cliquez)

Une belle histoire vraie.

Alors que son concurrent Kevin Escoffier était contraint d’abandonner son bateau suite à une avarie majeure, le navigateur Jean Le Cam n’a pas hésité un seul instant à se dérouter pour aller lui porter secours. Après le sauvetage, les deux skippers ont envoyé plusieurs vidéos d’une profonde humanité.


"Ta vie était plus importante que le Vendée Globe" (cliquez)


Poésie de Sainte Thérèse de Lisieux mise en musique et en images : Vivre d’Amour

Vivre d’amour (cliquez)

MOTS CACHES : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 6-8.19-28) (cliquez et jouez)

Oliver et le football 2/2 : Place au jeu !

Les jours suivants, Oliver passa devant le manoir, matin et soir, pour essayer d’apercevoir George qui jouait seul au « football » dans le grand parc. Un soir, il était même près de la grille. Oliver s’arrêta et l’appela : " Mylord !"
Mais George fit semblant de ne pas l’entendre. Oliver soupira et appela de nouveau :
" Votre seigneurie !"
Rien. Oliver essaya une dernière fois en criant presque :"George !"
Aussitôt, l’autre garçon vint vers lui, tout sourire, balle au pied. Il lui dit, d’un air joyeux : " Oliver ! Voulez-vous jouer ?"

" Oui je veux bien, mais pas trop longtemps."
À partir de ce jour, Oliver partait un peu plus tôt chaque matin, et rentrait un peu plus tard le soir. Il échangeait ainsi quelques « passes » avec George, et les deux garçons apprenaient à se connaître. C’était comme si le ballon effaçait tout ce qui les séparait.
Au début, Oliver se montrait un peu brusque, donnait des coups d’épaule ou prenait le ballon avec les mains, au grand désarroi de George qui tentait de lui expliquer les règles de ce nouveau sport. Oliver fut stupéfait d’apprendre qu’on n’avait pas le droit de taper son adversaire, ni de lui faire un croche-pied, ni de le mordre. Il y avait tant de règles à respecter ! Mais au final, ce n’était pas si mal comme sport.
Un après-midi, pendant qu’ils goûtaient ensemble, Oliver dit à George :
"Je voudrais monter une équipe de football avec les garçons du village ! J’aimerais beaucoup leur apprendre ce sport !"
"Oh," dit George d’un air soudain triste.
Oliver fut surpris et demanda : " Ça va pas ? Qu’est-ce qu’y a ?"
"Non," dit George," c’est juste que… J’ai été heureux de vous connaître."
" Mais de quoi parlez-vous ?" s’écria Oliver." Je ne vais nulle part ! Et vous non plus j’espère ?"
"Mais si, voyons," lui dit George." Vous êtes la seule personne que je vois, en-dehors de mes parents et des serviteurs. Mais ce n’est pas pareil, vous comprenez ? Si vous jouez au football avec vos amis, vous ne viendrez plus ici, et d’ici peu, vous m’aurez oublié…"
"Mais ça n’a rien à voir," protesta Oliver." Et puis, je vois qui je veux ! Je ne suis pas un de vos domestiques !"

Il regretta aussitôt ses paroles. Il aimait bien George, et malgré leurs différences, il le considérait comme un ami, au même titre que Jo, Fred, Peter et Mitch, ses copains du village. George le regarda d’un œil noir, serra les mâchoires, et se leva.
"Puisque c’est comme cela que vous voyez notre amitié, je pense qu’il faut y mettre fin."
Oliver voulait dire quelque chose, mais il n’avait jamais été très fort avec les mots. George attendait des paroles de réconfort, mais elles ne vinrent jamais. Il finit par perdre patience et cria :"Et puis zut, à la fin, je ne veux plus jamais vous voir ici !"

George shoota un grand coup dans le ballon et s’enfuit.
Étaient-ce des larmes qu’Oliver avait aperçues dans les yeux de son ami ?
Il resta un long moment figé sur place. Il alla parler à Mary. Il lui expliqua ce qui s’était passé. Elle lui dit d’une voix douce : "- Il a tellement changé depuis qu’il vous connaît !, Il n’a pas toujours été heureux… et je crois bien qu’il a peur de se retrouver seul."

Oliver réfléchit à ce qu’elle venait de dire. Les idées se bousculaient dans sa tête.
Mary finit par se racler la gorge pour attirer son attention.
"Euh ? "demanda Oliver d’un air idiot.
"Que Monsieur Oliver m’excuse," dit-elle, "mais il me semble qu’il serait utile à Monsieur Oliver de savoir que la chambre de Mylord est juste au-dessus de l’escalier, à droite en sortant de la cuisine. Monsieur a filé sans prendre sa potion du soir, et vous pourriez lui porter."

"Okay," dit-il, empoignant le verre qu’on lui tendait.
Il trouva la chambre, frappa à la porte, et entendit George crier d’entrer. Il poussa la porte et trouva son ami assis sur un grand lit, les yeux rouges.
"Que faites-vous ici ? "s’étrangla George en s’essuyant rapidement les yeux.
" Je suis venu m’excuser, "dit Oliver, regardant autour de lui pour trouver un endroit où poser le verre. Je ne sais pas comment ça se passe chez vous autres," dit Oliver, "mais chez moi, quand on a un copain, on peut en avoir plusieurs. On n’est pas des jaloux ou je ne sais quoi. Moi j’aime bien venir ici… j’aime bien jouer au football, "ajouta-t-il. "Vous comprenez ?"

"Je comprends" dit George," je suis désolé. "Je viens d’un endroit où ça ne se passait pas comme ça. Si vous n’étiez pas dans le bon groupe, on vous faisait du mal toute l’année, on vous faisait des crasses, on piquait vos affaires… C’était dur. Je ne sais pas… j’ai eu peur que ça recommence."

Oliver secoua la tête. Comment est-ce qu’ils fonctionnaient, dans la haute, pour réagir comme ça ? La vie est trop courte pour se prendre la tête avec des choses pareilles ! Ses copains étaient des gars simples, ils aimaient s’amuser ensemble, faire des bêtises, chiper des pommes, aller nager. S’il venait quelqu’un de plus, on lui faisait de la place, et puis c’était tout. « Il y aura toujours une place de plus autour du feu » disait son père.

Il eut une idée.
" Je sais ce qu’on va faire," dit-il, "on va apprendre le football aux autres ! Vous verrez, vous n’aurez plus peur, quand on fait partie de la bande, c’est pour toujours !"

Lord Hemblington rajusta ses bésicles pour observer son fils. Il vit que le garçon était tout à fait heureux. Il dit : " Donc, si je comprends bien, vous voulez que je finance l’équipement d’une équipe de… comment dites-vous déjà ?"
" De football, Mylord. Je pense que ce jeu a un brillant avenir ! Et ce sera moi le capitaine."


Lord Hemblington réfléchit. Il n’avait pas vu son fils aussi enthousiaste depuis longtemps. Rien que pour cela, il allait dire oui. Mais, entre nous, il ne croyait guère à l’avenir de ce nouveau sport…

Et voilà ! Laissons là Oliver et George, à la découverte de ce nouveau sport.

Demain, pour commencer la semaine, nous retrouverons Tom et sa grand-mère dans une nouvelle aventure :
Tom passe le week-end chez sa grand-mère. Grâce à elle, il va découvrir qu’il est appelé à de grandes choses..
.

Pour aller plus loin

Ah, le sport ! Quelle aventure. Avant d’être un loisir, ou, comme aujourd’hui, une façon de développer son caractère et de se maintenir en bonne santé, il a souvent dans l’histoire… remplacé la guerre ! Eh oui, quand deux clans, deux villages, étaient en désaccord, il était plus facile (et moins coûteux en vies humaines) de laisser les jeunes gens de deux quartiers ou deux corps de métier s’affronter symboliquement sur un terrain de sport, que les armes à la main. D’où le côté un peu brutal de certains sports, comme sur cette gravure :


Le football, lui, est apparu graduellement au cours du XIXe siècle. La fédération anglaise de football est née en 1863, pour des raisons très pratiques : comme chaque équipe (généralement composée d’élèves de grandes écoles) avait ses propres règles, les tournois étaient très compliqués à organiser ! Il fallait donc unifier tout cela. Voici une photo des premiers temps du football : Sheffield, la première équipe organisée, ici en 1857.

1) Question de vocabulaire : voici le mot football en différentes langues. Sauras-tu les reconnaître ?
A : Voetbal
B : Fútbol
C : Calcio

(Réponse : A – néerlandais – B – Espagnol – C – Italien)

2) Manifestement, Oliver ne connaît pas le football. Quel jeu de balle pratique-t-il avec ses amis et quelles sont les règles ?

Réponse : la soule, et il n’y a presque pas de règles, sauf marquer des buts. On peut jouer le ballon à la main, au pied, pousser l’adversaire et même le taper, et il y a souvent des blessés ! On comprend mieux pourquoi ce sport a disparu… ou presque, puisque dans le scoutisme il en existe une variante moderne et beaucoup moins risquée !


samedi 12 décembre 2020



Les virus sont partout : dans l’air, dans ce que tu manges, ce que tu touches... et ils sont très contagieux ! Mais comment agissent les virus et comment le corps se défend ? Noura te répond !

Comment agissent les virus ? (cliquez)

Préparez, à travers le désert, Chant de l’Emmanuel (cliquez)

À Échourgnac, en Dordogne, le prieuré Saint-Jean-Baptiste de la congrégation Notre Dame d´Espérance accueille dans une vie bénédictine familiale des frères malades, fragiles ou handicapés. Une dizaine de moines occupent une grande ferme et sont aidés dans leurs tâches quotidiennes par les agriculteurs et les amis du prieuré. Les frères partent régulièrement se ressourcer chez leurs voisines, les soeurs cisterciennes de l’abbaye Notre-Dame-de-Bonne-Espérance. UNE COPRODUCTION KTO/LA HUIT PRODUCTION 2018 - Réalisé par Lizette Lemoine et Aubin Hellot.

Les Frères d’Échourgnac (cliquez)

Oliver et le football 1/2 : Le garçon du manoir

Oliver sifflait joyeusement en marchant d’un pas ferme sur la petite route qui menait de son village, Berligham Green, à celui d’Hemblington, où se situait l’atelier de son patron. Il accéléra un peu quand il fut en vue des vieilles bâtisses du manoir. Situé le long de la route déserte, entre les deux villages, le Hemblington Hall formait un ensemble de bâtiments en briques rouges, protégé par des haies imposantes. On n’y voyait jamais personne d’autre que quelques domestiques discrets, mais dès qu’on s’approchait deux énormes chiens se jetaient contre le portail en aboyant comme des damnés. Oliver n’était jamais tranquille en passant par là.

En ce milieu du XIXème siècle, dans l’Est de l’Angleterre, Oliver, garçon de quatorze ans, pauvre, travaillait durement pour apporter un peu d’argent à ses parents.

En passant devant la grille du manoir, il entendit un cri : "attention !" et reçut un choc sur le côté de la tête. Il ne perdit pas connaissance, mais tituba et finit par s’asseoir dans l’herbe mouillée du bas-côté, à moitié assommé. Il aperçut un drôle de ballon en cuir brun non loin de lui, et entendit quelqu’un courir. Bientôt, un garçon de son âge, l’air inquiet, apparut et lui dit : " Désolé, je ne vous ai pas trop fait mal ?"
" Ça tourne un peu," dit Oliver," mais cela devrait aller..."

"Vraiment ? "Demanda l’autre. "Vous avez l’air bien sonné."

Sans vraiment savoir ce qui lui arrivait, Oliver laissa l’autre garçon le relever, le saisir sous les bras et l’emmener vers le manoir. Ils traversèrent une cour en gravier, et entrèrent par une petite porte dans la cuisine. Une grosse femme aux joues rouges avec un tablier leva les mains au ciel :
"Seigneur, qu’est-ce que qui se passe ?" Demanda-t-elle
"Mary", dit le garçon, "j’ai peur d’avoir assommé celui-ci avec mon ballon. Auriez-vous des compresses froides ?"
Oliver se retrouva assis sur un tabouret, avec son hôte accroupi devant lui qui l’observait d’un œil inquiet.

"Je suis George," dit-il." George de Hemblington."
" Moi Oliver. Vous êtes le fils du Lord ?" Demanda Oliver, étonné.
"Parfaitement," répondit l’autre. "Et j’ai bien cru vous avoir tué !"
" Tout va bien, votre seigneurie… Mylord… Monsieur…" dit Oliver, intimidé et inquiet. "Je ne vais pas vous embêter plus longtemps."

Il se remit debout tant bien que mal, mais dut se raccrocher à une table. Il n’osait plus regarder l’autre garçon dans les yeux. George, piqué au vif, fronça les sourcils et s’écria :
"Le seul qu’on appelle Lord ici, c’est mon père ! Vous et moi nous avons le même âge ! Mais si vous allez mieux, je ne peux pas vous retenir."

Il tourna les talons et disparut dans les profondeurs du manoir. La cuisinière revint avec un linge trempé d’eau froide, et en tapota la tempe d’Oliver.
" C’est un bon garçon," dit-elle." Mais si seul ! Il était à Eton, vous comprenez. Mais les maîtres ont dû le ramener ici. L’air de la campagne lui convient mieux, surtout après ses problèmes..."

Une voix d’homme cria soudain :
"Mary !"
Le nom claqua comme un coup de fouet, la femme sursauta, et un vieil homme en redingote, l’air revêche, fit son apparition.
" Monsieur ne vous paye pour raconter la vie de sa famille au premier venu," dit-il. "Jeune homme si vous allez mieux, j’ai fait atteler, je vais vous raccompagner."

Assis dans la calèche qui le ramenait chez lui, tenant la compresse fraîche contre sa tempe qui le lançait douloureusement, Oliver regarda s’éloigner le grand manoir, et aperçut George qui jouait avec son ballon, tapant dedans avec le pied.
"Du football," dit le vieil homme à côté de lui. "Les jeunes nobles en sont fous, ces temps-ci. Le croirez-vous ? Ils n’utilisent que leurs pieds pour jouer ! Je préfère une bonne soule ! Ce sport de gentlemen n’a aucun avenir, croyez-moi !"
Oliver resta perplexe. Un jeu de balle uniquement au pied ? Il repensa aux matches de soule au village. Tous les coups étaient permis, et il était exceptionnel qu’il n’y ait pas de blessé ! On pouvait prendre le ballon à la main, plaquer un adversaire ou le pousser de l’épaule… On pouvait même en venir aux poings. Il n’était pas rare que l’un ou l’autre laisse une dent sur le terrain…

Ce soir-là, entouré de ses frères et sœurs, il n’arrêtait pas de penser au jeune Lord, seul dans son grand manoir, et à son drôle de jeu.

Et voilà ! Retrouve la suite demain :
Quelle rencontre étonnante. Oliver mis hors jeu reviendra-t-il dans la partie
 ?

Pour aller plus loin

Ah, l’Angleterre du XIXe siècle, c’était vraiment une autre époque ! Par exemple, Oliver, issu d’une famille pauvre, ne va pas à l’école. Il travaille comme apprenti chez un patron, et donne toute sa paye à son père, pour faire vivre la famille. Et pas question de garder le moindre penny pour lui, sinon, gare ! Ça te choque ? C’est normal, les temps ont changé, et heureusement, on a beaucoup évolué pour ce que l’on appelle les droits des enfants.

Par exemple, au début du XIXème siècle, on considérait que faire travailler les enfants pauvres très tôt à l’usine (dès cinq ans !) était un acte charitable, qui leur rendait service : ainsi ils avaient un métier et évitaient le chômage, qui était le pire des fléaux.

Cela a continué pendant longtemps, les lois protégeant les enfants se sont mises en place petit à petit. Voici par exemple un atelier d’empaquetage du thé en 1910 :


Aujourd’hui, dans de nombreux pays du monde (mais pas tous !) il est interdit de faire travailler les enfants, et l’enseignement (à la maison ou à l’école) est obligatoire. Seuls sont autorisés les petits « jobs » pour se faire un peu d’argent de poche. C’est même la norme dans certains pays, comme l’Islande, où les adolescents font de petits travaux comme livreurs de journaux. Mais ce n’est pas lié à la pauvreté, ni un temps plein : ils vont à l’école, et leur petit travail est une façon d’apprendre à devenir responsable !

Mais revenons à notre histoire. Figure-toi que le manoir devant lequel passait Oliver existe encore. Le voici :


Il est chouette non ? Au fait, as-tu bien écouté notre histoire ? Si oui, tu devrais répondre sans hésiter à ces questions :

1) Pourquoi Oliver a-t-il un peu peur quand il passe devant le manoir ?
Réponse : on n’y voit jamais personne sauf quelques domestiques, c’est un peu vide et inquiétant, et il y a des chiens méchants qui aboient dès qu’on s’approche !

2) Pourquoi Oliver, à quatorze ans, travaille-t-il déjà chez un patron ?
Il n’a pas été sage, alors il est puni
Il a co-fondé une start’up, il est community manager chez un charron
Il est issu d’une famille pauvre, pas le choix, tout le monde travaille !
(La bonne réponse est la dernière !)


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vendredi 11 décembre 2020



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Duo pour deux bassons de Devienne avec Gaëlle et Justine de l’ONPL (cliquez)

Aventures à Florence 4/4 : Prince des orphelins

Les bandits attaquent ! Comment protéger la ville de Florence ? Poux et sa bande de copains orphelins viennent à la rescousse !
Ce fut la panique.
"Du calme !" s’écria Poux. "Êtes-vous fous ? Les bandits vont-ils vous voler vos nombreuses richesses ? Piller vos maisons ?"
Alfonso haussa les épaules, et dit en chuintant car il lui manquait des dents :
"Bien fur que non, on a rien de tout fa, nous !"
"Alors," dit Poux, ne craignez rien pour vous, craignez plutôt pour les gens de la ville ! Les bandits n’agressent pas les orphelins, ni les mendiants, et ils fuient les lépreux et les pustuleux. Vous ne craignez donc rien !"

Il y eut des rires et Nino, qui n’était pas malin, demanda :
"Mais, on est pas lépreux ni pustuleux ?"
"Toi, on a des doutes des fois" dit Mateo en riant.
"Oh, ça va" dit Nino," je me suis lavé le mois dernier."
Poux les écouta en souriant, puis une idée lui traversa l’esprit.
"Écoutez", leur dit-il, "j’ai un plan !"

Dona Caterina dit à son mari :
"Je t’assure, Eusébio, une bande de gamins des rues ! Nous devons notre liberté à des va-nu-pieds."
"Redis-moi ce qu’ils ont fait ? "Lui demanda son mari d’un air soupçonneux.
"Eh bien, j’ose à peine le dire. Ils se sont enduits de déchets de tannerie."
Il fronça le nez. Il n’y avait rien au monde qui sente aussi mauvais. Elle poursuivit :
"Ils se sont mis du vin sur les yeux pour qu’ils soient rouges, ils se sont roulés dans les poubelles, et placés au bord du chemin, et quand ces bandits sont arrivés, ils ont tellement bien joué la comédie qu’ils leur ont fait croire que la lèpre s’était de nouveau abattue sur notre ville ! Les malandrins ont contourné Florence sans demander leur reste. Nous devons la vie sauve à des moins que rien !"

Eusébio renifla avec mépris. Il n’écoutait déjà plus sa femme, car il venait d’apercevoir Poux qui arrivait, tirant sa carriole, l’air tout joyeux, sifflotant. Son chien moche et idiot trottinait joyeusement à ses côtés. Il vit aussi, du coin de l’œil, sa fille qui souriait en regardant le jeune homme. Il s’apprêtait à la réprimander, quand une cavalcade retentit. Tout le marché se figea, incrédule : le podestat, le plus haut personnage de Florence, se frayait un chemin entre les étals, monté sur un pur-sang à la robe noire comme la nuit. Richement vêtu, l’épée au côté, il était entouré de gardes en armes à l’air soupçonneux.

Il descendit de cheval et s’approcha. Eusébio n’en croyait pas ses yeux ! Il pensa un instant que le noble prince venait lui acheter du tissu, mais le podestat, après avoir parcouru la foule du regard, se dirigea résolument vers Poux, entouré de ses gardes. Eusebio sourit jusqu’aux oreilles. Le jeune homme avait certainement commis le plus affreux des crimes, pour que le prince de la ville, en personne, vienne l’arrêter ! Le marchand prit un air compassé, regardant du coin de l’œil sa fille qui pâlissait. Quelles paroles réconfortantes pourrait-il lui murmurer après cela ? Tu vois, ma fille, je te l’avais dit, certains garçons sont nés pour être mauvais… Ou encore, ah, ma pauvre chérie, comme le monde est cruel.

Cependant, ce qui arriva le laissa complètement ahuri. Le podestat venait de poser un genou à terre devant Poux. Un silence absolu s’installa sur la place.

Le podestat dit de sa voix grave, qui résonna sous les voûtes, autour des étals, montant jusqu’aux toits :
" Jeune homme, au nom du conseil de la ville de Florence, je te remercie d’avoir sauvé notre cité."
Il se releva et ajouta :
"Demande, et nous te donnerons. Que veux-tu ? Un titre ? Tu l‘auras ! La fortune ? Nous te l’assurons. Un toit ? Nous te l’offrons."

Poux tremblait comme une feuille, mais il finit par répondre :
"Seigneur, je ne désire rien pour moi. Mais j’aimerais que les garçons des rues aient un toit, un lieu où s’abriter quand ils n’en peuvent plus, et un peu de soupe."

Poux baissa le nez, rougissant. Il avait osé s’adresser au podestat, et lui demander quelque chose ! Il allait sûrement être fouetté
Il y eut un grand rire, et il leva le nez pour voir le podestat riant à gorge déployée. Le noble se calma, et dit :
" Je suis entouré de gens qui se damneraient pour un titre, ou un peu d’or, et le plus humble des citoyens de la ville donne à tous une leçon d’humilité ! Eh bien mon garçon, puisque tu ne demandes rien pour toi, tu auras plus que ce que je m’apprêtais à te donner : je t’octroie une maison, dans les faubourgs, une rente de cinq florins par semaine, et le titre de baronnet. Il ne sera pas dit que nous ne savons pas nous montrer dignes de notre sauveur !"

Le podestat s’en alla comme il était venu, avec panache. On se précipita sur Poux pour l’applaudir, le féliciter, lui taper dans le dos. Quand le calme revint, et que la foule se dispersa peu à peu, Eusébio s’aperçut que le garçon le regardait fixement. Poux avança vers le marchand, lentement, pas à pas. Le silence se fit de nouveau. Eusébio ne pouvait détacher ses yeux de ceux du garçon, qui rayonnait à présent de joie et de confiance.

Poux dit de la voix la plus assurée et calme qu’il put :
" Monsieur, à présent que je suis couvert d’or et que même le prince s’agenouille devant ma petite personne, j’ai l’honneur de vous demander la main de votre fille."

Eusébio, muet, vit sa fille contourner l’étal pour se jeter dans les bras de celui qu’on allait désormais surnommer le « Prince des orphelins ». Ensemble, les deux jeunes époux, veilleraient sur les enfants des rues et feraient beaucoup de bien. Mais ceci est une autre histoire…

Pour aller plus loin

Le grand n’est pas celui que l’on croit !

Si l’histoire de Poux nous apprend bien quelque chose c’est que ce n’est pas les plus forts qui gagnent toujours ! Ce petit garçon, puis ce jeune homme, l’a démontré grâce à ces gestes héroïques : il a sauvé une vieille dame, et a repoussé des bandits, protégeant ainsi les grands de la ville !

Cette morale, on la retrouve dans la fable Le Lion et le Rat, de Jean de la Fontaine. Dans cette fable, le poète explique, que même si le lion est un animal bien plus grand et fort que le rat, c’est le petit rongeur qui le sauve d’une mauvaise situation. Pris dans un piège, le lion n’est pas capable de se défaire des filets, alors que le rat, petit animal rusé, pense à rogner les fils pour libérer le grand félin.

Connais-tu d’autres fables célèbres de Jean de la Fontaine ? (Réponse : Le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmi, Le Lièvre et la Tortue…)


Cette vidéo est un résumé de l’histoire des juifs. Retraçons les grandes étapes qui ont marqué les juifs à travers le monde.

Histoire du peuple juif - Résumé depuis 750 av. J-C jusqu’aux conflit israélo-palestinien -(cliquez)

Cette seconde vidéo est un résumé du conflit israélo-palestinien depuis la déclaration Balfour en 1917. Tentons de comprendre comment est né ce conflit et comment il s’est développé jusqu’à nos jours.

Le conflit israélo-palestinien - Résumé depuis 1917 -(cliquez)

Rôti de porc aux agrumes et crumble de carottes (cliquez)

Pliage de serviette de Noël en étoile (cliquez et imprimez)

La messe plus sûre que tout !

Ne voyagez pas en voiture, elles provoquent 20 % des accidents mortels.

Ne restez pas à la maison : 17 % de tous les accidents s’y produisent chaque année.

Ne voyagez ni en train, ni en avion : 16 % des accidents sont causés par ces moyens de transports.

Ne traversez pas la rue : 16 % d’accidents surviennent à des piétons sur la voie publique.

Par contre, seulement 0,001% de tous les accidents se produisent dans une église… alors n’hésitez pas à assister à une messe !


jeudi 10 décembre 2020



Moulin la Reine : 3ème tableau

3 Les Bleus (cliquez)



Cette icône syrienne datant de 1740 représente la fuite en Égypte un épisode de la Bible qui a inspiré de nombreux artistes et qui est propre à l’évangile de Matthieu.

Joseph apprenant par un ange qu’Hérode veut tuer le roi des Juifs, quitte de nuit Bethléhem avec la mère et l’enfant nouveau-né et les mène en Égypte.

« [...] Voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. » (Matthieu 2, 13-15).


La fille aux cheveux de lin de Debussy interpreté par des musiciens de l’ONPL (cliquez)

Aventures à Florence 3/4 : La peste et les bandits

Poux a repris le stand de Gianna au marché. Il est de nouveau seul… va-t-il faire de nouvelles rencontres ?

Isabella sourit. Poux venait d’apparaître. Pour la jeune fille, c’était le meilleur moment de la journée.

Elle trônait calmement derrière le grand étal de tissus de son père, le célèbre marchand Eusébio, réputé dans toute la ville de Florence, et au-delà, pour la beauté de ses étoffes. Au cœur du vieux marché, les cinq mètres du stand familial étaient un lieu féérique. Eusébio et sa femme, dona Caterina, régnaient comme des nobles en leur château sur les rouleaux de tissus, tous plus beaux les uns que les autres.

Isabella, dix-sept ans, était la fierté de son père, mais n’avait pas le droit de parler aux clients. Eusébio était prêt à tous les sacrifices pour elle.

"Un jour", lui disait-il, "un prince viendra ici et déversera sa fortune à tes pieds pour t’épouser !"

Mais Isabella ne rêvait pas de prince. Elle attendait tous les matins qu’un garçon de son âge installe sa carriole à bras et vende ses olives aux passants, accompagné d’un vieux chien affectueux et fidèle. La vieille Gianna avait quitté ce monde l’hiver précédent, laissant tout ce qu’elle avait à Poux. C’est-à-dire pas grand-chose, mais de quoi se nourrir à peu près tous les jours.


Poux et Isabella ne se parlaient presque pas, mais se faisaient des sourires quand ils pensaient que personne ne les regardait. Ils étaient timides, l’un comme l’autre.

Ce matin-là, cependant, Poux s’approcha de l’étal d’Eusébio et dit doucement à Isabella : " Bonjour…"

" Bonjour", répondit la jeune fille.

Poux fit alors apparaître dans sa main une rose fraîchement coupée, et s’apprêta à la donner à Isabella.

Mais, avant que la jeune fille puisse s’en saisir, la grande main de son père s’abattit furieusement pour saisir le poignet du garçon.

Poux leva les yeux, stupéfait. L’homme le dépassait d’une tête, était bâti comme une armoire, et sa main le serrait comme un fer d’enclume.

"Qu’avons-nous là ?" demanda Eusébio en grondant.

Poux ouvrit la bouche et la referma avec un claquement, ne sachant que dire. On commençait à les regarder.

" Nous avons là un jeune homme", poursuivit le marchand, "qui regarde ma fille d’une façon qui me déplaît. Un jeune homme qui, apparemment, oublie qui il est et, à quel monde il appartient. Moi vivant, un tel jeune homme restera à distance s’il veut éviter les ennuis. Me fais-je bien comprendre ?"

Poux était sidéré. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Isabella, la fille du plus riche marchand de la ville, pouvait-elle être autorisée à parler à un garçon qui allait pieds nus, ne mangeait pas toujours à sa faim, et portait des habits rapiécés de tous côtés ? Il baissa les yeux, honteux.

"Nous nous sommes compris," dit le marchand." Tu seras autorisé à venir faire ta cour le jour où tu seras couvert d’or, et où même les princes s’inclineront devant toi."

Et il partit d’un immense éclat de rire, lâchant Poux qui s’en retourna dans son coin, se frottant le poignet douloureux. Il passa le reste de la journée triste et honteux, n’osant plus lever les yeux. Isabella, de son côté, pleura jusqu’au soir.

À quelque temps de là, une rumeur terrifiante parcourut la ville et ses faubourgs : le célèbre malfrat, Tintore, avait été aperçu dans la région.

À la tête de mille bandits, il tombait sur les villes et les villages comme une grêle de plomb. Il saccageait et volait tout sur son passage. Certains disaient même qu’il crachait le feu, et que les épées les plus affûtées ne pouvaient le blesser. Et il avançait droit vers Florence, tel un feu sur la plaine, prêt à tomber sur la ville. Les affaires commencèrent à ralentir. L’inquiétude gagnait tout le monde.

Un soir, Poux était sur les quais avec toute une bande d’orphelins. Il était le plus âgé, et le plus aisé aussi malgré sa pauvreté. Ils étaient une trentaine, ce jour-là, à jeter des cailloux dans l’eau du fleuve, quand le petit Toni arriva en courant :

" Poux ! Poux ! "Hurla-t-il. "Les bandits ! Ils approchent. Il faut partir !"

Rendez-vous demain pour la suite de cette histoire :
Les bandits attaquent ! Comment sauver la ville de Florence ? Poux et sa bande de copains orphelins viennent à la rescousse

Pour aller plus loin

La richesse de Florence

Le vieux marché de Florence était un point central de la ville, car deux grands axes s’y rejoignaient. Au moyen âge, c’était le marché le plus important de Florence, mais également un point de rencontre.


La ville de Florence était très riche à cette époque. De grandes familles vont développer les activités commerciales de la cité, et, en 1252, Florence frappe même sa propre monnaie, les florins d’or ! De riches marchands vont vendre leur production vers les pays d’Orient. Ils ont tellement d’argent, qu’ils deviennent même banquiers !

Cette richesse permet à la cité de s’embellir : les grandes familles se construisent des palais, les rues sont pavées et les travaux de construction de la cathédrale Santa-Maria del Fiore débutent.

En France, des palais ont été transformés en musée, comme par exemple le plus connu : le Louvre. A Florence, c’est également le cas ! Mais connais-tu le nom du plus grand musée de la ville ?

Le musée des Offices
Le palais des Doges
La galerie Borghèse

Tu viens d’apprendre que le vieux marché de Florence était situé au centre de la ville. Il a été remplacé au XIXe par une grande place rectangulaire, la Piazza Della Repubblica. A l’aide du plan, sauras-tu retrouver son emplacement ?


Idée cadeau  : Divine Box – c’est quoi ?

Concept - Divine Box : box des monastères et produits monastiques (cliquez)

Quelle place faire à Dieu ?

Deuxième épisode de la série d’Avent sur Saint Paul le dessein de Dieu. Après avoir prêché sur l’espérance du retour du Christ dans son épître aux Thessaloniciens, saint Paul souligne l’importance de la foi dans le Christ ressuscité, foi qui doit habiter toute notre vie. Cet épisode propose une réflexion autour de l’épître aux Galates : est-ce qu’il suffit d’obéir aux prescriptions de la loi pour être sauvé, sans que Dieu ait à intervenir ? Quelle place faire à Dieu dans nos vies ? Régis Burnet reçoit le père Éric Morin et le père Claude Tassin.

St Paul et le dessein de Dieu 2/4 : Quelle place faire à Dieu ? (cliquez)

mercredi 9 décembre 2020



A la mode pour des raisons écologiques, la poule nous édifie pour une raison théologique : sa fibre maternelle est présentée par Jésus lui-même comme image de son amour protecteur.

Sainte mère poule (cliquez)

La Danse des Petis pains, extrait de La Ruée vers l’or 1925 (cliquez)

Charlie Chaplin est mort dans la nuit du 24 au 25 décembre 1977. Redécouvrir ou découvrir « La Ruée Vers L’or », ce grand classique de la période des fêtes, est une manière d’honorer sa mémoire et de se plonger dans l’Avent. Chef d’œuvre de la période muette du cinéaste, nous retrouvons ici le célèbre clochard dans les conditions terribles de la vie du Grand Nord poursuivant de manière bien dérisoire le rêve américain de la richesse. L’acteur et réalisateur déploie des trésors d’inventivité gestuelle et visuelle pour dépeindre les mésaventures de son héros tragi-comique.

Dans cet extrait, Charlot a été abandonné par son rendez-vous galant le soir du réveillon. Il avait pris un soin extrême pour préparer un repas avec des moyens misérables gagnés à la sueur de son front. Endormi sur la table à force d’avoir attendu des invitées qui ne viendront jamais, le voilà plongé dans un rêve : au cours d’un repas joyeux qui peut rappeler celui de Noël, il fait le bonheur de ses convives galantes. Autour d’une table modeste mais décorée avec délicatesse, il offre de petits présents, goûte avec un plaisir infini aux sourires de Georgia ... Puis il fait rire son entourage, en improvisant sur la table une danse des petits pains.
Même au cœur de du mirage, en pleine désillusion, Charlot continue d’avancer ; il s’accroche à ses rêves, tendu vers la félicité, semble nous dire cet extrait. La grâce enfantine et la tendresse de cette scène feraient fondre un cœur de pierre. Une image cinématographique d’espérance et de foi pour mieux comprendre le sens de Noël.


Fabrication d’un bonnet du Père Noêl (cliquez et imprimez)

Aventures à Florence 2/4 : Petit héros

Poux est inquiet, et part à la recherche de son amie, avec l’aide de son chien Patate. Mais la ville est grande… Saura-t-il la retrouver à temps ?

Poux avait joué de la flute toute la matinée, mais Gianna n’était pas venue.

Il ramassa soigneusement toutes les pièces gagnées et les rangea dans une petite bourse en cuir, qu’il cacha dans une poche secrète de son pantalon. On n’était jamais trop prudent.

"Bon, dit Poux, réfléchissons mon vieux. Peut-être est-elle restée chez elle ?"

Il réalisa alors qu’il ne savait pas du tout où habitait Gianna. Il interrogea les commerçants qui l’entouraient, mais aucun ne savait d’où elle était. Elle avait toujours travaillé là, c’était l’une des plus anciennes occupantes du vieux marché, mais aucun ne savait où elle vivait ! Poux se reprocha de ne jamais lui avoir demandé. "Tu ne pouvais pas savoir", se dit-il à voix haute, et Patate sembla l’approuver.

Tout ce qu’il apprit était que Sandra, qui tenait une buvette, la voyait toujours arriver parmi les premiers par la Via Calamina. Elle venait certainement de la Via Maria, qui était juste en enfilade, donc du Ponte Vecchio.

"Vers le Sud ! Allons trouver Gianna !" s’écria Poux, comme s’il partait à la découverte d’un nouveau monde. Avec l’aide de Patate, qui observait et reniflait tout ce qui passait à sa portée, il interrogea les passants, frappa aux portes, marcha pendant des heures, par la via Calamina, puis la via Maria, le Ponte Vecchio, et les faubourgs.

Il était épuisé, presque à bout de force, couvert de poussière, quand il s’aperçut que le soleil commençait à baisser sur l’horizon. Il était en rase campagne. De fausse piste en faux espoir, il lui sembla qu’ils avaient tourné en rond sur des lieues et des lieues, avec Patate. Le petit chien commençait même à boiter.

"Mon pauvre vieux, dit Poux, on va pas y arriver ce soir, hein. Nous allons avoir froid si nous ne trouvons pas un abri. Allons trouver une cabane."

Mais il s’assit sur le bord du chemin, incapable de faire un pas de plus. Il retira ses godillots et fit jouer ses doigts de pieds endoloris. Il aurait donné cher pour pouvoir les plonger dans l’eau d’un ruisseau ! Et il avait aussi terriblement soif.

"Ah Patate dit-il, tu vois, j’ai de l’argent dans les poches mais rien à boire."

Son ventre émit un gargouillis.

"Oh, et j’ai faim aussi."

Après un temps, il ajouta :

"Mais le plus grave, c’est que je n’ai pas retrouvé Gianna. Je suis sûr qu’il lui est arrivé quelque chose."

À ces mots, Patate redressa la tête, et la tourna sur le côté. Il huma bruyamment l’air ambiant, et ce fut comme si toute fatigue l’avait abandonné. Il se mit à courir comme un dératé à travers le verger qui bordait la route. Poux eut peur de perdre son seul ami, et, oubliant ses godillots, sauta sur ses petites jambes et le poursuivit pieds nus en criant :

"Attends ! Patate ! Patate ! Reste là ! Tu vas nous perdre !"

Mais Patate n’en fit qu’à sa tête, et fila droit devant comme une balle de mousquet à travers le verger, puis une prairie, puis un chemin caillouteux qui lacéra la plante des pieds de Poux. Ils arrivèrent dans un petit hameau niché au creux d’un vallon planté d’oliviers. Le chien ne s’arrêta pas, et les femmes du village qui étaient au lavoir virent débouler ce petit chien roux poursuivi par un garçon tout débraillé, et qui criait "Patate ! Patate !" D’une voix fêlée par l’épuisement.

Elles les suivirent du regard et les virent presque s’écraser contre la porte de la cabane de Gianna, la doyenne du village, où ils pénétrèrent en trombe. Puis ils revinrent à la même vitesse, le garçon hurlant quelque chose qu’elles eurent d’abord du mal à comprendre, parce qu’il pleurait et criait en même temps :

"Gianna est là ! Vite ! Elle est tombée ! Il y a du sang ! S’il vous plaît !"

Et Poux s’évanouit.

Poux sourit. On lui tirait la manche. Il ouvrit un œil prudent. Patate lui fit la fête en lui léchant le visage comme s’il voulait le nettoyer.

"Arrête ! Arrête !" Dit Poux en riant et en le repoussant gentiment. Puis il s’aperçut qu’il était allongé sur une paillasse, dans une cabane bien fraîche, et qu’il faisait jour à travers la fenêtre. Ses pieds étaient soigneusement bandés, et Patate portait comme des petites chaussettes aux pattes. Une femme voûtée lui tournait le dos, occupée à poser une vieille bouilloire cabossée sur un petit réchaud. Elle avait un pansement autour de la tête, se retourna et Poux sentit les fut rempli de joie.

"Gianna !" Dit-il.

"Oh mon petit, dit-elle, ton chien et toi vous m’avez sauvé la vie."

Elle vint s’asseoir près de Poux qui se jeta dans ses bras. Elle lui expliqua :

" J’étais tombée, je m’étais cogné la tête, mais grâce à toi j’ai pu être soignée à temps. Heureusement que vous étiez là, ton chien et toi ! Vous êtes mes petits héros !"

Elle relâcha le garçon qui demanda :

"C’est vrai ? On est des héros ?"
"Pour moi, oui ! "Dit Gianna." Pour les gens du village aussi ! Ils croyaient que j’étais partie avant l’aube, comme d’habitude. Personne ne s’est rendu compte de rien. Heureusement que tu t’es soucié de moi ! Au fait, on va s’inquiéter de toi aussi ! Je peux envoyer quelqu’un à la ville, prévenir que tu es ici, le temps de reprendre des forces."

Poux sourit et dit :"Il n’y a personne à prévenir, je suis seul au monde !"

Patate aboya. "Pardon, j’ai avec moi Patate, mais sinon, il n’y a plus personne. Nous dormons sous un escalier."

Gianna resta silencieuse un moment, puis dit : " Alors vous pourriez rester au village, tous les deux. Ce n’est pas grand, mais on peut avoir besoin d’aide, pour de petits travaux. Tu m’as l’air courageux. On manque de bras. Tu pourrais dormir à côté, dans l’appentis, en attendant de trouver mieux. Tu pourrais même m’aider à tirer la charrette les jours de marché. Ça commence à me peser."

Poux était déjà en train de danser de joie avec son chien : " Génial ! Patate, on a un toit. Quelle chance !"

Depuis ce jour, on vit, pendant longtemps, sur le vieux marché de Florence, une vieille femme toute ridée, accompagnée d’un chien, et d’un jeune garçon qui tirait sa charrette, proposer ses olives au son de joyeuses ritournelles qui enchantaient les passants.

Et voilà ! C’est la fin des aventures de Poux. Enfin, pas tout à fait ! Retrouvons-le demain, avec quelques années de plus, pour une histoire tout aussi passionnante.

Pour aller plus loin

Les orphelins dans la littérature

Tu l’as appris, Poux est un petit garçon qui a perdu ses parents. Le personnage de l’enfant orphelin est très présent dans la littérature pour les enfants : il est un personnage attachant et très souvent héroïque et courageux.

Généralement sans famille, ces enfants n’ont pas de frère ni de sœur sur qui compter. Mais ils arrivent à s’en créer une nouvelle. Ils sympathisent avec d’autres personnages de leur âge, avec les personnes âgées et sont généralement très proches des animaux, tout comme Poux avec son fidèle Patate.

Connais-tu des jeunes héros de littérature qui ont perdu leurs parents ? (réponse : Harry Potter, Oliver Twist, Heidi, Peter Pan…)


Quelques enfandises sur Noël (paroles d’enfants à savourer) (cliquez)

mardi 8 décembre 2020



Aventures à Florence 1/4 : Giana a disparu !

Dans la belle ville de Florence, Poux est seul au monde. Heureusement, il peut compter sur la gentillesse d’une marchande ambulante. Jusqu’à ce fameux jour…


Poux sentit qu’on tirait sur sa manche. Il sourit et repoussa Patate, le chien qu’il avait adopté depuis quelques semaines.

Poux n’était pas son nom, bien sûr, personne n’aurait appelé ainsi un petit garçon. C’est juste que, quand elle était encore de ce monde, sa maman lui disait tout le temps : "ah mais, t’es encore dans mes pattes ! T’es tout petit, mais tu t’accroches à moi comme un poux !" Elle disait ça en riant, et c’était devenu une blague entre eux. Elle avait fini par ne plus l’appeler que par son surnom : "Poux".

Quand sa maman avait disparu, Poux avait été très triste. Mais comme le lui disait sa maman, c’était un petit garçon courageux. Il était loin d’être le seul orphelin dans la ville de Florence, en Italie, au milieu du quatorzième siècle. La peste avait emporté tant de monde !

Poux avait une chance extraordinaire : le matin, quoi qu’il arrive, il était de bonne humeur. Il n’embêtait jamais personne en grognant ou en se plaignant qu’il aurait bien encore dormi. Aussi s’étira-t-il, assis sur sa paillasse, avec un grand sourire sur les lèvres.

"Ah, Patate," dit-il. "Tu m’as réveillé juste à temps, les habitants de la maison ne vont sûrement pas tarder !"

Il faut dire que le garçon et le chien dormaient sous l’escalier d’une maison bourgeoise du quartier qui menait au Ponte Vecchio, le vieux pont bordé d’habitations, tellement chargé qu’on aurait dit qu’il allait s’écrouler dans l’Arno, le fleuve qui entourait la vieille ville.

Les habitants n’auraient absolument pas été d’accord qu’un petit orphelin sale dorme là ! Poux se dépêcha de rassembler ses maigres affaires, et se glissa prudemment hors de sa cachette. Il se plaqua au mur pour ne pas être vu de la maison, puis s’en écarta quand il pensa être hors de vue. Il se mit à courir, Patate à ses côtés, quand il arriva au Ponte Vecchio. Il aimait le bruit que faisaient ses godillots sur les pierres : le son se répétait entre les hautes maisons qui bordaient le pont, et sous les arches, on aurait dit qu’une armée de petits garçons partait à l’assaut de la vieille ville. Patate jappait joyeusement, et Poux entendit derrière lui les premiers habitants râler à leur fenêtre que ce n’était pas Dieu possible de réveiller les honnêtes gens à cette heure !

Pour la plupart des habitants de Florence, il était encore très tôt. Mais, là où Poux se rendait, la population se levait bien avant le soleil. Les gens venaient des faubourgs, des entrepôts bâtis le long du fleuve, des campagnes avoisinantes, ils tiraient des charrettes à bras ou encourageaient les mules qui tiraient leurs chariots à avancer. Ils tenaient serrés dans des coffres, des jarres, des caisses et des sacs de toile, toutes les merveilles de l’univers, et se dirigeaient vers le lieu le plus fascinant de la ville, le vieux marché.

Les marchands de Florence formaient une population à part, colorée, bagarreuse, rieuse, pleine de joie et de malice, prête à vendre à peu près n’importe quoi à n’importe qui.

"Tu as ça dans le sang ou tu ne l’as pas", avait dit Toni, le gros marchand de fleurs, à Poux qui l’observait. Et, de fait, c’était comme une magie qui s’opérait. Toni faisait souvent la tête, et sa femme, Nina, le disputait à tout bout de champ, mais quand une grande dame s’approchait de l’étal, ils devenaient le couple le plus charmant du monde. Et que ça vous ira bien, et que ça mettra votre intérieur en valeur, et que la plus belle des femmes mérite la plus belle des fleurs... Puis, la cliente partie, délestée de quelques florins, et chargée d’un gros bouquet, Nina se tournait vers son mari avec un regard d’aigle fixant sa proie : "Tu crois que je ne t’ai pas vu lui faire de l’œil ?" Et la dispute recommençait.

Poux aimait cette ambiance, cette petite place carrée, nichée entre quatre églises, ce petit bout de ciel dans cette ville enserrée, aux rues tellement étroites. L’espace était rempli à craquer de tréteaux, d’échoppes, d’étals, couvert de dais et de tentures, censés apaiser la brûlure d’un soleil écrasant qui brunissait la peau et faisait ressortir les arômes des cageots de fruits et légumes.

Le vieux marché, c’était un labyrinthe, un paradis, une place des merveilles.

Poux s’asseyait d’ordinaire juste sous la charrette de la vieille Gianna, qui vendait ses olives au coin du marchand d’épices. Un petit bout de pavés, d’un mètre carré et demi à peine, où elle parvenait à glisser sa minuscule charrette, dont elle retirait les bras une fois calée, pour les planter de chaque côté et y attacher une toile blanche qui la protégeait - si peu - des ardeurs du soleil. Et elle avait concédé - gratuitement – au petit Poux de s’asseoir à ses pieds, sur le côté, et de jouer du flûtiau pour les passants.

Quand il arriva à l’emplacement habituel, Poux eut un coup au cœur. Le carré de pavé était vide. Point de Gianna. Il regarda de tous côtés, pensant la voir arriver d’un moment à l’autre, mais ne trouva nulle trace de son amie. Patate voulait jouer, mais Poux ne répondit pas à ses jappements joyeux. Même le chien finit par sembler préoccupé. Comme il faut bien manger, il joua de la flûte mais le cœur n’y était pas.

Et voilà ! Quel suspens ! rendez-vous demain pour la suite des aventures de Poux :
Poux est inquiet, et part à la recherche de son amie, avec l’aide de son chien Patate. Mais la ville est grande… Saura-t-il la retrouver à temps ?

Pour aller plus loin

Florence, capitale des arts


Bienvenue à Florence ! C’est une importante ville italienne et la capitale de la région Toscane, au centre du pays. Florence est très célèbre pour son histoire : on dit même que c’est le berceau de la Renaissance, cette grande période historique et artistique qui va du 14eme au 16eme siècle. Des artistes très connus ont œuvré durant la Renaissance : l’architecte et sculpteur Brunelleschi, le peintre Boticelli ou encore Léonard de Vinci.

Dans son histoire, pour accéder au vieux marché (mercato vecchio en italien), Poux traverse un des symboles de la ville : le Ponte Vecchio. Ce pont est célèbre car il est occupé par des boutiques de luxe. Mais à l’époque de Poux, on ne trouvait pas vraiment les mêmes commerces. En effet, le Ponte Vecchio abritait les bouchers, les tanneurs ou encore les poissonniers !

Le savais-tu ?

Léonard de Vinci était aussi bien artiste qu’inventeur : il a écrit plusieurs livres, appelés codex d’une bien curieuse manière ! Arriveras-tu à déchiffrer le message ci-dessous ?


Pourquoi on fait des cadeaux à Noël ? (cliquez)

Les quatre bougies de l’avent


Les quatre bougies ont plusieurs significations

Les quatre dimanches de l’Avent avec les grandes étapes de l’histoire du salut
La première bougie symbolise le pardon que Dieu donne à Adam et Eve dès leur péché.
La deuxième bougie symbolise la foi des patriarches (Abraham, Isaac, Jacob).
La troisième bougie symbolise la joie de David. Il est à l’origine d’une descendance qui s’inscrit dans une histoire concrète.
La quatrième bougie symbolise l’enseignement des prophètes de la Bible (Isaïe, Jérémie, Ézéchiel…). Ils annoncent un règne de justice et de paix.
Les quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean.
Les quatre points cardinaux : Dieu présent partout.
Les quatre saisons : Dieu présent en tout temps.
Ces bougies sont généralement rouges ou dorées.
Christ Lumière du monde
Chaque dimanche une bougie est allumée en plus de celle de la semaine précédente.
« Le peuple qui était dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » prophétise Isaïe (9,1) au VIII° siècle avant Jésus Christ. La lecture du livre d’Isaïe 9, 1-6 est lue à la messe de la nuit de Noël. A Noël, la prophétie se réalise en la naissance de Jésus, Fils de Dieu, Lumière du monde.

« Le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde. »
Évangile selon saint Jean 1, 9
Jean 1, 1-18 est lu à la messe le jour de Noël.
Jésus s’adressant aux Juifs dira :

« Moi, je suis la Lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »
Evangile selon saint Jean 8, 12



KIRILLOS AL-DIMACHQI, SAINT JOSEPH ET L’ENFANT JÉSUS, 1785 - ÉGLISE DES SAINTS CONCILES SAYDNAYA (SYRIE)
Traditionnellement en Orient, saint Joseph n’est jamais représenté seul avec l’enfant Jésus pour souligner le rôle de Joseph comme serviteur de l’Incarnation et prémunir les fidèles du danger de considérer Joseph comme l’époux de Marie selon la chair. Ce seront les missionnaires latins qui influenceront son iconographie en Orient. La main de Jésus sur le cœur de Joseph et son regard porté avec insistance vers le spectateur peuvent être interprété comme une invitation à se confier à son père putatif.

lundi 7 décembre 2020



« Mon père, quand je dis le Notre Père, j’omets toujours le “Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés”, parce que je ne veux pas être hypocrite : ma famille est tellement divisée et comme nous sommes incapables de nous réconcilier, je ne veux pas les prononcer. »

Familles, je vous (h)ai-me ! - Frère François-Dominique Forquin (cliquez)

Gâteaux de la joie, crème d´amande, recettes de Sainte Hildegarde (cliquez)

Tom et sa grand-mère : deuxième bougie - Larmes et chocolat chaud

Tom n’a pas trop le moral. Heureusement, c’est le jour où il va chez Mamie. Elle a le chic pour toujours trouver les mots justes !

Tom sonna doucement à la porte de sa grand-mère. Celle-ci, qui s’attendait à son habituel coup de sonnette tonitruant, sut immédiatement que quelque chose n’allait pas. Sa sonnette rendait un son aigrelet, fêlé. Elle ouvrit en silence et lui fit signe d’entrer. Elle le guida vers la cuisine et le fit s’asseoir sur une chaise haute, au bar. Elle entreprit de lui confectionner l’un de ces chocolats chauds qui vous redonnent des forces même quand rien ne va. Penché sur son mug, Tom laissa quelques larmes se mélanger avec la buée du breuvage épais, délicieusement chaud et agréablement parfumé. Il y avait des choses merveilleuses là-dedans, du chocolat noir râpé, de vrais grains de vanille, du bon lait frais, une pointe de crème, de la cannelle peut-être. Un délice. Enfin il releva la tête, une moustache de chocolat sur les lèvres et le ventre rond.
"Waow," dit-il. "C’est de la magie. Comment tu fais ça ?"
"Secret de famille," lui dit sa grand-mère avec un sourire tendre. "Tu veux parler ?"
" Oui," dit Tom. "Peut-être. Plus tard. On va près de la couronne ?"
" D’accord," dit sa grand-mère. "Je t’attendais pour allumer la deuxième bougie."- "Ah, chouette" dit Tom qui reprenait des couleurs.

Ils se rendirent dans le salon, près du guéridon où trônait la couronne de l’Avent. La première bougie était allumée. Sa grand-mère tendit à Tom une allumette enflammée, et celui-ci l’approcha de la mèche d’une bougie éteinte. Il y eut un petit crépitement, des étincelles, puis la mèche s’alluma tout à fait et commença à répandre lumière et chaleur.

Tom regarda la flamme, réchauffé par le chocolat chaud, la présence de sa grand-mère, et un sentiment de calme l’envahit. Il dit doucement sans quitter la flamme des yeux :" Qu’est-ce qu’on fait quand quelqu’un vous trahit ?"
"Comment est-ce que quelqu’un t’a trahi, mon chéri ?" demanda doucement sa grand-mère.

Et Tom se lança dans un récit compliqué, où Hector, son meilleur ami, avait le premier rôle. Ils s‘étaient juré fidélité, et de toujours se choisir aux jeux dans la cour. Mais la veille, Hector avait préféré appeler Nestor – un nouveau – lors du tirage des équipes pour le foot, et Tom, resté seul et obligé d’aller dans l’équipe adverse, s’était senti trahi, abandonné, d’autant plus que Hector et Nestor avaient passé le reste de la journée ensemble, à rire et le regarder en ayant l’air de se moquer de lui. Le récit se termina dans les larmes et les bout de phrases inachevés : "et je… je lui… on avait juré... et après…"

La grand-mère de Tom attendit qu’il reprenne son souffle et lui dit :
"Bon, cette fois, je n’ai pas de grand secret à t’annoncer," dit-elle. "Je crois qu’Hector et toi aviez conclu une alliance, et qu’il l’a trahie, du moins en apparence. C’est arrivé aussi entre Dieu et les hommes !"
" Dieu joue au foot ?" demanda Tom en reniflant.
Sa grand-mère éclata de rire et reprit :" Ah que tu es drôle. Je ne pense pas. Mais Dieu a toujours cherché à se faire connaître de l’homme, sa créature."
"Je me souviens" dit Tom, "Il nous a créés par amour, Il nous aime."
" Oui, et la Bible nous présente des personnages passionnants, pour nous expliquer comment Dieu se laisse découvrir par l’homme, pour lui proposer d’être son ami, son allié. L’une de ces grandes figures est le patriarche Abraham. Il s’est mis en route à la demande de Dieu, il a accepté de lui faire confiance, c’est ce qu’on appelle la foi !"

" Et il a jamais trahi Dieu ?" demanda Tom, de l’espoir dans la voix.
"Oh que si," dit sa grand-mère.
" Alors, personne ne tient sa parole ? "dit Tom en faisant la moue.
"Bien sûr que si, mon chéri," dit sa grand-mère." Dieu, Lui, ne nous trahit jamais. Mais surtout, Dieu est patient, et quand on fait des fautes, quand on trahit l’Alliance que l’on a avec Lui, quand on lui tourne le dos, si on revient vers lui Il est toujours prêt à nous pardonner. C’est aussi arrivé à Abraham : il a parfois douté, il est parfois tombé, mais il s’est toujours relevé et il a toujours fini par rechercher Dieu et lui faire confiance. C’est pour ça qu’on l’appelle le père des croyants, c’est le premier grand exemple qu’on donne dans beaucoup de religions quand on explique la foi !"

"Quelle histoire," dit Tom.
" Tiens," dit sa grand-mère, "tu sais lire, tu vas lire pour moi une histoire d’Abraham."
Tom prit la Bible qu’elle lui tendait et lit pour elle les passages qu’elle lui désignait. Quelle histoire que celle d’Abraham et de sa famille ! Parfois courageux, parfois peureux, le personnage était étonnant, et il vivait des aventures extraordinaires.
Il oublia sa peine peu à peu, et retrouva le sourire, fasciné par tous ces récits.
"Dieu fait alliance avec nous et nous demande notre foi en retour…" finit par dire pensivement Tom.
"Voilà, "dit sa grand-mère." Ce sera notre deuxième bougie, notre deuxième petite flamme vers Noël."
Quand il revint chez lui ce midi-là, Tom croisa sa maman qui lui demanda d’un air inquiet :
"Ça va mon chéri ? Tu n’avais pas l’air bien dans tes baskets depuis hier soir."
"Ça va," dit Tom, grand-mère m’a fait son chocolat magique.
" Oh ! "dit sa maman en se léchant les lèvres comme si elle pouvait en goûter." Il a toujours eu un effet merveilleux sur moi quand j’étais petite ! Et euh… avec Hector, vous êtes définitivement fâchés ?"
"Non," dit Tom. "S’il revient, je lui pardonnerai, et je renouvellerai mon alliance avec lui, comme Dieu l’a fait avec Abraham."
"Quoi ? "demanda sa mère surprise et un peu décontenancée.
" Ah, mais, tu vas comprendre ! Réunis tout le monde qu’on allume la seconde bougie !"
Et Tom et sa famille parcoururent ensemble les chemins de Canaan à la suite d’Abraham…


Et voilà ! Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle aventure de Tom et de sa grand-mère


Moulin la Reine : 2ème tableau

2 Les Blancs (cliquez)

dimanche 6 décembre 2020 : 2ème dimanche de l’Avent



2e dimanche de l´Avent, lectures et commentaires de M.N. Thabut (cliquez)

Chaque dimanche de l’Avent, un dessin te sera proposé. Tu pourras les imprimer, les colorier et pourquoi pas les déposer dans ton coin prière en attendant Noël.

Imprimez et coloriez (cliquez)

Dans la tradition de son pays, John, contrebassiste, et sa famille nous interprètent The Christmas song (cliquez)

Kimberley à la ferme 2/2 : Le jardin merveilleux

Sur les conseils de Paul, Kimberley part à la recherche du mystérieux Marcel. Ce n’est pas comme ça qu’elle va faire la vidéo du siècle !

Kimberley soupira, mais suivit le conseil de son grand-oncle et sortit de la ferme, son smartphone à la main, au cas où un sujet à filmer se présenterait à elle. Elle portait aussi dans un petit sac tout un ensemble d’accessoires : micros, poignée, objectifs… Elle était prête au cas très improbable où quelque chose vaudrait le coup d’être sur sa chaîne Youtube.

Paul avait juste oublié de lui dire que le chemin lui prendrait un quart d’heure. Elle en profita pour laisser son imagination cavaler. Marcel devint, au fil de ses pas, une sorte de gnome hideux mais gentil, vivant en reclus dans une coquille géante au fond du bois, fuyant à l’approche des humains. Ou un être vieux et moche, sentant fort et ne parlant qu’aux plantes.

Elle trébucha presque en apercevant, dans un petit jardin potager bien clos, un garçon de son âge, qui remuait la terre au pied d’un plant de tomates… vertes ? enfin peut-être, Kimberley n’en avait jamais vu de semblables. Le jeune leva la tête à son arrivée, sourit timidement, et dit : " Ah salut ! Tu dois être Kimberley. Moi c’est Marcel."

Pour la première fois depuis longtemps, Kimberley ne sut pas quoi dire.
"Tu es arrivée il y a longtemps ?" demanda le garçon.
"Euh, une heure à peine," balbutia Kimberley.
" Et alors ?" demanda Marcel." On est aussi ploucs que tu l’avais prédit ?"

Kimberley se sentit mal à l’aise. Elle avait oublié le petit teaser qu’elle avait tourné, annonçant son séjour à la campagne. Qu’elle avait été bête !
" Eh, oui," dit Marcel, voyant sa tête, "on a l’électricité, et même internet, et je suis abonné à ta chaîne."

Il se replongea dans le soin apporté à ses tomates, et une grande gêne s’installa. Kimberley finit par rompre le silence et dit : " Écoute, je regrette. Je ne peux pas m’empêcher de dire ce qui me passe par la tête. Désolée si je t’ai vexé."

"Moi ça va, mais les gars du village voulaient signaler ton compte pour « ruralophobie »."
"Quoi ?" s’écria Kimberley.
Marcel éclata de rire, et Kimberley comprit qu’il lui avait fait une blague. Elle rit à son tour.
"Mais !" dit-elle. "Tu es aussi perché que moi !"
Et l’atmosphère se détendit d’un coup. Kimberley regarda autour d’elle. Le petit jardin était une merveille d’organisation et de clarté. Une variété invraisemblable de plantes d’ornement ou potagères formaient une palette de couleurs et de parfums qui l’enchantait.
" C’est toi qui fais tout ça ?" demanda Kimberley.
"-Non, livré par Amazon," dit Marcel.
Kimberley comprit tout de suite la blague cette fois-ci. Marcel se révélait être un excellent compagnon, maniant comme elle l’humour grinçant, l’absurde et la métaphore vaseuse.

Ils passèrent ensemble une heure passionnante, Marcel prenant plaisir à lui raconter chaque plante, sa croissance, les soins qu’elle demandait, ce qu’on pouvait en faire, si elle était comestible… Tant et si bien que Kimberley finit par dire : " Tu sais quoi ? Je vais te filmer !"

Marcel secoua la tête et dit :"Tout le monde n’a pas envie d’avoir sa tête sur Internet, tu sais. Des fois c’est bien d’être anonyme."
Kimberley fut étonnée : comment peut-on ne pas vouloir être connu ?

  • " Bon", finit-elle par dire, "je comprends, je respecte ton choix. C’est juste que j’ai adoré passer du temps avec toi. Ça aurait été trop bien de partager ça avec mes abonnés !"


    Elle regarda autour d’elle.
    " Oui, ça ferait un super sujet, ce merveilleux jardin", ajouta-t-elle… "et celui qui en parle si bien."
    " Non," dit Marcel en shootant dans la terre, "je ne veux pas qu’on me filme. Je suis trop timide. Par contre, si j’écris tes dialogues et si je te filme, ça peut le faire."

Quelques jours plus tard, le père de Kimberley appelait Paul : " Mon oncle ? C’est Jean."
" Ah !" répondit Paul. "Mon Jeannot ! Tout va bien à Berlin ?"
"Bien," dit Paul, "même si on aurait pu s’éviter ce voyage. Et toi, ça se passe comment avec ma fille ?"
"Oh, très bien," dit Paul, "elle a fait connaissance du petit-fils du voisin, qui a son âge."
"Oh," dit Jean, "et euh… ils ont des sujets de conversation en commun ? Elle est très… Parisienne, j’en ai peur !"
"Oh, pour ça oui," dit Paul. "Ils ont commencé une série de documentaires Web sur le bio, et leurs trois premières vidéos buzzent," à ce qu’ils disent. "Je crois qu’ils vont monter une chaîne Youtube en commun !"
Jean resta stupéfait au bout du fil, ne sachant pas si l’oncle Paul faisait de l’humour, comme à son habitude, ou disait la vérité. Ou les deux ! Connaissant Kimberley, ça ne l’étonnait guère, elle avait le don de rendre intéressant tout ce qu’elle vivait…

Pour aller plus loin

À notre époque, l’être humain prend conscience qu’il a pu, à force de pollution, faire beaucoup de mal à la nature, partout sur la planète. Par exemple, on a produit, produit et consommé beaucoup de plastique, depuis son invention il y a environ 70 ans, au point que l’on retrouve dans l’océan un « continent de plastique » formé de déchets, qui est le fruit de cette production.
Regarde cette image :


Elle est pourtant belle notre planète, non ?

De plus en plus de gens, comme Marcel et Kimberley, tentent de produire, consommer et vivre autrement. Certains juste par choix, d’autres, comme les catholiques, portés par l’appel pressant du pape François, qu’il a lancé dans un texte appelé « Laudato Si », à vivre ce qu’il l’appelle l’écologie intégrale, qui allie amour de Dieu, du prochain et de la Création (Le monde dans lequel nous vivons, qui est un don de Dieu pour nous). Dans cette idée, tout le monde peut faire quelque chose !

Jouons un peu

1) As-tu des idées de choses que tu pourrais faire, toi, à ton échelle, pour polluer moins et mieux respecter la Création, don de Dieu ?

Quelques idées :
- Garder jeux et vêtements plus longtemps, moins demander
- Faire attention à où et comment est fabriqué ce qu’on achète, quitte à posséder moins mais de meilleure qualité
- Éteindre la lumière quand tu quittes une pièce
- Ne pas laisser l’eau couler quand tu te brosses les dents
-Prendre plus de douches que de bains
- Remplacer les produits d’hygiène de marque et souvent composés de trop de produits, par des choses simples et meilleures pour l’environnement et la santé ; comme du savon bio au lieu de gel douche de marque dans son emballage plastique
- etc.

2) Au début, ça se passe plutôt mal entre Marcel et Kimberley ! Pourquoi ? Qu’est-ce qui les rassemble finalement ?
Réponse : Kimberley avait publié une vidéo où elle parlait mal des gens de la campagne. Elle regrette, et Marcel pardonne. Et puis surtout, l’amour de la nature les réunit bien vite !


Saint Nicolas


La Saint Nicolas se fête le 6 décembre. Saint Nicolas fut évêque en Asie Mineure au 4éme siècle. Il est né en 270 sur les terres des premières communautés chrétiennes.

Sa popularité est liée à des faits de sa vie dont on fait difficilement la part entre l’histoire et la légende. On lui attribue cette fameuse histoire des trois enfants qu’un horrible boucher aurait tués et mis au saloir. Saint Nicolas passant par là, rend la vie aux trois enfants. On raconte aussi l’histoire d’un père de famille pauvre, qui voulait marier ses filles mais il ne pouvait pas payer la dote. Saint Nicolas intervint donc pour éviter de les vendre au marché aux esclaves en jetant des pièces par la fenêtre.

La Saint Nicolas est fêtée surtout dans le nord de la France. Il est suivi du « père fouettard » qui fait peur aux enfants, symbole du mal toujours vaincu par Saint Nicolas. A cette occasion, Saint Nicolas donne des bonbons.

Dans les églises orthodoxes, Saint Nicolas est toujours très vénéré. Il est devenu le patron de la Grèce et de la Russie où son prénom était porté par des Tsars. Une basilique fut construite en son honneur à Constantinople.

"Les Chérubins" par la chorale Gaudete (cliquez)

samedi 5 décembre 2020



Famille modèle - Frère François-Dominique Forquin (cliquez)

Dans le cœur de Dieu

Dans cet album, Hubert Bourel témoigne de la foi qui le rend heureux. Créateur du célèbre « Chantez, priez, célébrez le Seigneur », Hubert Bourel propose ici 11 chansons qui s’inspirent des grandes étapes proposées par l’année liturgique. Des titres qui, de l’Avent à la Pentecôte, invitent à chercher Dieu et à en être son témoin. Des chants pour une prière personnelle ou pour des rassemblements (un ordinaire de messe est proposé). Des chants qui proclament que les hommes et notre monde sont « dans le cœur de Dieu », qui demandent à Marie de nous « montrer la route », qui invitent à accueillir « dans le silence » la présence du Seigneur, etc. Les musiques éclairent les mots en leur donnant couleurs et fraîcheur, avec des arrangements qui ouvrent des univers originaux !

Comme une lumière dans la nuit (cliquez)


les paroles (cliquez et imprimez)

Tico Tico de Zequinha de Abreu par les musiciens de l’ONPL (cliquez)

Kimberley à la ferme 1/2 : Non mais au secours quoi

Journal de Kimberley, le 4 août

Salut à tous ! Aujourd’hui, reportage en direct de l’enfer ! Cela fait à peine une heure que je suis arrivée chez les ploucs, et déjà, je me suis fait piquer trois fois par des bestioles et en plus ça capte même pas dans la chambre. Bonjour les joies de la campagne !

Kimberley râla, arrêta l’enregistrement, et s’écroula sur son lit. Non, elle ne pouvait pas publier une vidéo comme ça. Certes, elle était en colère d’être obligée de séjourner une partie de l’été chez le grand-oncle Paul, mais de là à parler d’être en enfer...

Elle soupira. Papa avait été envoyé à perpète par son boulot. Maman s’était foulé la cheville et se reposait chez sa sœur. Kévin était parti en colo « Fortnite » et devait s’éclater avec ses potes. Et elle… eh bien, on n’avait pas trop su quoi faire d’elle. À quinze ans, on lui refusait aussi bien de rester seule à Paris, que de partir, comme elle l’espérait, seule à la plage avec ses copines. Elle n’avait même pas entendu la réponse de son père. Son regard avait suffi. Il n’aurait pas fait une autre tête si elle avait annoncé partir faire du déminage en zone de guerre avec une bande de punks à chiens.

Elle rit. L’image était excellente. Elle sortit son petit carnet et la nota. Ses petits jeux de mots et exagérations lui valaient son succès sur You tube. Plus de 20 000 abonnés suivaient ses « Aventures d’une ado en mode survie », où elle déglinguait tout ce qui passait à portée de ses jeux de mots cruels, des transports scolaires bondés à la malbouffe de la cantine.

Elle soupira. Elle ne se sentait bizarrement pas trop mal, malgré les meubles anciens, les bêtes en tout genre, le parquet qui craquait, les tableaux représentant des nuées de chiens et de canards, et l’odeur de la ferme.

Oncle Paul ressemblait vraiment beaucoup à feu son grand-père, et cela lui faisait toujours un peu bizarre.

Elle devait trouver un autre angle d’attaque que celui qui lui était venu spontanément, raconter sa « virée en enfer chez les ploucs ». C’était quand-même sa famille, et pas si infernal que ça…

Elle rougit, ayant un peu honte, et décida de sortir se promener à la recherche d’une idée de vidéo. Elle retrouva Paul dans la cuisine, occupé à équeuter des haricots verts. Il leva vers elle deux grands yeux noirs, et la ressemblance avec son grand-père la prit au dépourvu. Décidément, il lui manquait. Elle donna le change en demandant : " Tu fais quoi ?"

Paul, un tas de haricots devant lui sur la toile cirée de la cuisine, leva un sourcil et répondit du tac au tac : " Je cherche à améliorer le Wifi !"

Il fallut une demi-seconde à Kimberley pour comprendre qu’il se moquait gentiment d’elle. Elle rit et dit :- Oui, non, je vois bien ce que tu fais. En fait, je m’ennuie carrément."

"Déjà ?" demanda Paul, amusé. "Tu fais quoi d’ordinaire pour t’amuser à Paris ?"

Kimberley resta interdite un petit moment. Mille idées lui venaient : cinéma, théâtre d’impro, restau, Aquaboulevard, shopping, boutiques bio, lycée, métro, soirées pyjama, escape game, parc Monceau avec les copines… Évidemment, rien de tout ça à Mesnoir-Sous-Macreuse, quarante-sept habitants et trois-cents vaches. Elle haussa les épaules, et dit, plus pour ne pas vexer Paul qu’autre chose : " J’aime bien les parcs, les magasins et les restaus bio, les plantes…"

Et c’était vrai.

"Ah," dit Paul, "dans ce cas tu devrais aller voir le Marcel. Il est timide en diable, mais si tu lui parles nature et plantes bio il devrait sortir de sa coquille. Prends la petite porte à droite après le puits et tu vas tomber sur lui !"
"Pourquoi pas," dit Kimberley, "je n’ai rien d’autre à faire de toute façon."

La suite demain...
Sur les conseils de Paul, Kimberley part à la recherche du mystérieux Marcel. Ce n’est pas comme ça qu’elle va faire la vidéo du siècle !

Pour aller plus loin

Kimberley a du mal à vivre dans un endroit où le wifi passe mal. Pour elle qui passe sa vie sur les réseaux sociaux, c’est la galère ! Peut-on vivre sans Internet ?

Sûrement, vu que cette invention est récente, comme l’informatique. Accroche-toi bien : l’espèce humaine a vécu très longtemps sans tout cela, et a réussi à survivre. Ça peut sembler dur à croire pour toi qui n’as sans doute jamais connu la vie sans téléphone portable, ordinateurs, Internet et autre. Internet est né dans les années 60, mais il a fallu attendre les années 1990 pour qu’il devienne public. Au début, on n’échangeait que du texte, entre chercheurs…

Regarde cette image :


Il s’agit du premier navigateur Web ! Expérimental, il n’affichait que du texte en noir et gris… Mais c’était une révolution, en 1990 ! Son inventeur s’appelle Tim Berners-Lee.
Ça a bien changé depuis, non ?

Jouons un peu

1) Certaines adresses sur le Web commencent par www. Sais-tu ce que cela veut dire ?

Réponse : World Wide Web, en anglais, réseau mondial ou toile mondiale (comme dans toile d’araignée). Cela signifie que le Web est comme une toile d’araignée qui couvre la Terre et relie des réseaux informatiques et des ordinateurs entre eux.

2) Kimberley vit à Paris, elle se retrouve à la campagne et a des idées très arrêtées sur les gens de la campagne, qu’elle appelle avec un mot assez méchant. Sais-tu comment on appelle le fait d’avoir des idées très précises sur les autres sans même les connaître, quitte à être méchant et à les juger sans rien savoir d’eux ?

Réponse : on appelle ça des préjugés. C’est comme un filtre qu’on mettrait entre les autres et nous et qui nous empêche de les découvrir en vérité. Ça peut arriver à tout le monde ! Pour éviter cela, il faut essayer de ne pas coller des étiquettes aux autres, mais de les écouter en vérité, sans jugement tout préparé !

3) Paul dit à Kimberley que si elle parle à Marcel de plantes bio il devrait sortir de sa coquille ! Qu’est-ce que ça veut dire d’après toi ?

Marcel est un escargot qui parle, c’est dingue.
Marcel vit dans une coquille géante, c’est cool.
Marcel est timide, mais si on lui pose des questions sur ce qui l’intéresse il oublie sa timidité, c’est moins drôle mais plus normal.

Je ne te donne pas la réponse, je te laisse en discuter avec tes parents ou un adulte avec qui tu aimes échanger.




Ci dessous l’homélie de Monseigneur Aupetit du 1er dimanche de l’Avent. Une homélie imagée qui parlera à chacun et donne sens à cette période de l’Avent.

Homélie de Monseigneur Michel Aupetit (cliquez)

vendredi 4 décembre 2020



Communiqué de la Conférence des Evêques de France du 2 décembre 2020 (cliquez)

Danse des Mirlitons dans Casse-Noisette de TchaïKovski par des flûtistes de l’ONPL (cliquez)

Aventures chez les samis 4/4 : Le retour au pays

Ále arriva près d’une rivière. Il y avait une charrette avec un âne. Un vieil homme et un garçon de son âge discutaient les pieds dans l’eau. Il s’avança vers eux en titubant. Il tenta de leur dire quelque chose, mais le son qui sortit de sa gorge ressemblait à un grognement animal. Ils réagirent alors avec rapidité : le vieil homme lui proposa un tabouret, le garçon se précipita dans la charrette et en revint avec une gourde et des fruits secs. Ils le firent boire doucement, et lui coupèrent les fruits secs en petits morceaux qu’il parvint à avaler, bien que sa gorge lui fasse aussi mal que si elle était remplie de chardons.

Ále se laissa soigner avec reconnaissance. Il finit par articuler un « merci » et fondit en larmes. Ils l’aidèrent à s’allonger à l’ombre de la charrette, le recouvrirent avec une couverture. Au frais, rassasié, désaltéré, couché dans l’herbe douce, il s’endormit.

Il se réveilla le lendemain et mit un certain temps pour se rappeler où il était. Une délicieuse odeur de nourriture lui chatouillait les narines. Il vit ses bienfaiteurs autour d‘un feu, en train de faire griller du poisson.

"Ah ! Notre visiteur !" dit joyeusement le vieil homme en l’apercevant.

Il se tourna vers l’autre garçon et lui dit : "Elias, tu veux bien donner à ce garçon ton ancienne tunique ? Il serait peut-être plus à l’aise."

" Oui," répondit l’autre en fronçant le nez, "mais il devrait peut-être se laver d’abord. Il sent comme un ours au sortir de l’hibernation."

"Mon fils n’a pas tort" dit le vieil homme. "Va derrière le rideau d’ajoncs, tu y trouveras un pain de savon."

Ále prit le vêtement qu’on lui donnait, et alla se laver. Il fut surpris en découvrant les nombreuses griffures et piqûres d’insectes qu’il portait. Il avait aussi perdu beaucoup de poids. Depuis combien de temps errait-il comme une bête sauvage ?

Aussi propre que possible, ayant revêtu la tunique, il revint vers ses hôtes et s’assit avec eux près du feu.

" Je m’appelle Jussi, et voici mon fils Elias", dit le vieil homme. "Et toi, qui es-tu ? Et comment t’es-tu retrouvé ici ?" demanda l’homme.

"Je suis Ále, du clan des rennes," répondit Ále. "Je… j’ai été volé."

Il se tut et réfléchit à ce qu’il pouvait dire. Il avait tout abandonné pour courir après une rumeur. Il avait tout perdu. Il avait laissé derrière lui sa tente, sa famille, son troupeau de rennes, son clan, et une fille qui l’aimait et l’attendait. Il ne savait plus où il était, ni comment rentrer chez lui. Il avait tout ce dont on pouvait rêver pour être heureux, et comme un imbécile, il avait tout gâché. Il méritait des claques.

Il réalisa qu’il avait parlé à voix haute quand le vieux Jussi répondit :"Des claques, peut-être pas, mais disons que c’est une bonne leçon !". Ále rougit et baissa les yeux.

"Allons, mon garçon " reprit Jussi, "inutile de broyer du noir ! Tu as couru après une chimère, mais tout n’est pas perdu pour toi ! Elias et moi parcourons le vaste monde en vendant nos marchandises, et je peux te dire que ce n’est pas une vie facile. Nous en avons croisé, des jeunes gens rêvant d’échapper à leur destin. L’herbe est toujours plus verte dans le pré d’à côté."

Ále soupira et se redressa un peu. Il se sentait bien avec ses hôtes. Il leur demanda franchement : " Qu’est-ce que je peux faire maintenant ?"

"Tu as une tente," répondit Elias du tac au tac, "tu as une famille, tu as un troupeau de rennes, tu as un clan et tu as quelque part une fille qui t’attend. Qu’est-ce que tu peux faire d’autre que les rejoindre ? Tu préfères passer ta vie comme nous sur les routes, sans savoir si tu auras à manger trois jours plus tard, toujours à te méfier des bandits et des bêtes sauvages ? Rares sont ceux qui comme nous aiment ce genre de vie !"

" Elias," dit le vieux Jussi sur un ton de reproche. "N’agresse pas ce garçon ! Il a eu son compte de problèmes."

"Non", dit Ále, "il a raison. J’ai été bête. Je pensais… je ne sais plus quoi. Mais, plus je m’éloignais de chez moi, plus mon foyer me manquait. Seul l’orgueil m’a empêché de rebrousser chemin."


"Ça, je le comprends", dit Jussi en soupirant. "Moi aussi j’en ai fait des choses par orgueil ! Voici ce que je te propose : reste avec nous quelques semaines, le temps que nous retournions vers l’Est, sur notre chemin de retour. Nous te ramènerons à ton clan. En attendant, tu vivras avec nous, tu chasseras pour nous, tu nous aideras à vendre nos marchandises. Qu’en dis-tu ? On ne pourra pas dire que tu es revenu chez toi ventre à terre à la moindre contrariété ! Ton honneur sera sauf, et tu auras vu un peu de pays !"

"On pourra même t’apprendre quelques tours de théâtre," dit Elias avec un petit sourire en coin. "Et des histoires. Nous autres, marchands ambulants, on connaît des légendes à nulles autres pareilles. Tu feras ton petit effet à la veillée."

Ále sourit et fit oui de la tête. Il n’était pas sûr de maîtriser sa voix, saisi par l’émotion. Il était très heureux d’avoir rencontré le vieil homme et son fils.

À la fin de l’été, le clan des rennes reçut une visite particulière. Des marchands ambulants arrivèrent au village, à la nuit tombante. Ils proposèrent aux habitants d’égayer leur soirée au coin du feu, en leur racontant des histoires et en leur vendant quelques articles venus en droite ligne des terres de l’Ouest.

Comme les distractions de ce genre n’étaient pas si courantes dans les terres du Nord, pas un seul membre du clan ne manqua à l’appel, ce soir-là, au coin du feu.

Le vieil homme qui menait la minuscule troupe se lança dans un récit abracadabrant, contant l’histoire d’un garçon parti chercher fortune, qui avait rencontré bien des épreuves. Portant des masques grotesques, les deux jeunes gens qui l’accompagnaient mimèrent son récit avec humour, pour la plus grande joie de tous. Le jeune homme en quête de fortune affronta tour à tour sous leurs yeux un bandit, une sorcière, un ours mal léché, apprenant de toutes ses épreuves et devenant plus fort.

Finalement, le vieil homme se tut, et le garçon qui jouait le héros s’avança et dit d’une voix émue : "Mais notre héros, malgré toutes ses aventures, comprit qu’il était parti loin chercher ce qu’il avait déjà : un foyer, des amis, une famille. Alors il leur revint, plus fort, leur demanda pardon et reprit sa place parmi eux… Enfin, s’ils veulent toujours de lui."

Il retira son masque, et tout le monde le reconnut avec joie et stupéfaction un Ále plus grand et plus fort. On entendit un grand rugissement de joie, et on lui posa mille questions à la fois. Ále fut accueilli comme un prince, et définitivement rassuré : il était de retour chez les siens, où sa place avait été gardée pour lui.

Un peu à l’écart, Jussi et son fils Elias regardaient la scène avec amusement.

"Et lui qui craignait d’être rejeté !" dit Jussi en riant.

" On peut dire qu’il est aimé !" lui répondit son fils.

" Tu n’es pas jaloux ? "demanda Jussi.

"Non," dit Elias. "Je suis comme toi, tu le sais. Mes pieds ont envie de repartir, et j’ai hâte de voir ce que ces gens vont pouvoir nous acheter, et nous vendre, pour que nous allions faire notre commerce dans le clan d’à côté !"

Ils commencèrent à sortir leurs marchandises, et étaient tout à leur travail quand Ále s’approcha et leur dit : "Est-ce que je peux vous aider ?"

Ils se regardèrent avec méfiance, mais il ajouta :" Rassurez-vous, je reste ici. Je n’étais pas un très bon vendeur, n’est-ce pas ?"

" Ni un très bon acteur," dit Elias.

"Je le sais," dit Ále en riant. "Mais je vous serai éternellement reconnaissant de m’avoir accueilli. Vous ne voulez pas rester avec nous ? Tout le monde serait heureux de vous faire une place."

"Et dormir toutes les nuits au même endroit ? Pouah," répondit Jussi en faisait semblant de cracher quelque chose d’amer. "Non, je connais ma place dans l’univers, et Elias aussi !"

"Et moi aussi maintenant, "dit doucement Ále." Grâce à vous."

"Alors, "répondit Elias," ton voyage n’aura pas été vain. Tu es le plus heureux des hommes !"

Ále entendit quelques pas derrière lui. Il se retourna et découvrit Elve, transformée elle aussi.

FIN


Avant de quitter nos amis les Samis, jetons un dernier regard sur leurs terres… Magnifique non ?


Jouons un peu

Voyons si, à la fin de ce voyage avec les Samis, tu as une bonne mémoire ! Sauras-tu répondre à ces questions ?

1) Comment est-ce que certains appelaient les Samis, par mépris, et que veut dire ce mot ?

Réponse : « Lapons », ce qui veut dire en gros celui est mal habillé, habillé de haillons.

2) Te souviens-tu de quelques prénoms Samis tirés de cette histoire ?

Réponse : Prénoms de filles : Elve – Naná – Oile. Prénoms de garçons : Ále – Herko – Filpa - Lisku


La couronne de l’Avent


Origine et symbole de la couronne de l’Avent
Le temps de l’Avent commence quatre dimanches avant Noël. Il fait revivre ce temps d’attente, celle de l’espérance du salut portée par le peuple d’Israël.
Libéré de l’esclavage en Égypte, conduit vers la terre promise, le peuple choisi par Dieu a attendu pendant plusieurs siècles la réalisation de la promesse faite par Dieu : la venue d’un Sauveur.
Cette promesse se réalise en la venue de Jésus, Fils de Dieu fait homme, il y a environ 2000 ans. Par sa naissance, sa mort et sa résurrection Il vient libérer l’homme du péché et de la mort.

Aujourd’hui, comment se manifeste cette espérance ?
La couronne de l’Avent est un moyen de signifier et de vivre cette attente qui conduit à accueillir le Sauveur que Dieu nous donne : c’est Noël. Elle peut être installée chez soi et aussi dans une église.

Origine
La couronne de l’Avent est liée sans doute à des traditions d’anciens cultes de la lumière liés au solstice d’hiver. La première couronne de l’Avent a été créée par le pasteur protestant Johann Heinrich Wichern (1808-1881), éducateur et théologien à Hambourg. En forme de cercle, elle est faite de branches de conifère, elle est décorée de fruits et porte quatre bougies.

Signification symbolique et spirituelle de la couronne de l’Avent
La forme ronde renvoie à plusieurs significations :

Elle indique qu’il n’y a ni début ni fin, symbole de Dieu qui est l’Alpha et l’Oméga.
Elle rappelle la couronne d’épines du Christ. L’Église célèbre cette royauté unique le dimanche du Christ Roi, dimanche qui clôt l’année liturgique et qui précède celui du premier dimanche de l’Avent.
Elle montre que le temps des fêtes revient chaque année. l’Avent n’est pas seulement l’attente annuelle de Noël, c’est aussi l’attente de la venue du Christ dans la Gloire de Dieu.
A chaque messe l’Église proclame le mystère de la foi dans l’anamnèse :

« Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus,
nous célébrons ta résurrection,
nous attendons ton retour dans la gloire. »
L’utilisation de conifère dont les branches restent vertes et ne meurent pas, est un symbole de vie, d’éternité. Les fruits posés sur la couronne (pommes de pins, agrumes séchés…) signifient la vie qui renaît. En effet, ils portent en eux leurs graines, symbole de la vie qui renaît sans cesse.


Comment être curé aujourd’hui ????? (cliquez)

Dieu a choisi de se faire attendre .... (cliquez)

jeudi 3 décembre 2020


Aventures chez les samis 3/4 : Découvrir qui je suis

Ále sursauta. Était-ce un pas qu’il avait entendu ? Il tendit l’oreille, mais ne parvint à distinguer aucun son inquiétant, dans la multitude de ceux qui composaient les bruits familiers de la nuit, en forêt.

Shhhh soufflait le vent dans les branches des grands sapins. Frrr chuchotaient les petits animaux qui glissaient de branche en branche. Plic, ploc, dansaient les gouttes d’eau au fond de la grotte à l’entrée de laquelle il avait fait un feu. Cric, crac, se plaignaient les branches sèches que les flammes mangeaient. Hou, hou, chantait le grand hibou qui chassait. Mais pas de bruit de pas.

Il redressa sa couverture sur ses épaules et se força à se calmer. C’était un garçon de quinze ans, presque un homme maintenant, il appartenait au peuple Sami, qui vit dans les grandes étendues sauvages du Nord, il savait faire du feu, mener le troupeau de rennes, voyager aux étoiles, conter les vieilles légendes et chasser sa nourriture, il n’allait pas se laisser impressionner par les bruits de la nuit. Cependant, il se sentait seul.

Quelques jours auparavant, il avait annoncé sa décision à ses parents : il allait parcourir le vaste monde et faire fortune ! Il avait entendu parler d’une troupe de conteurs itinérants, plus loin vers l’Ouest, il allait les rejoindre, apprendre leur métier, se faire un nom. Il reviendrait fortune faite pour épouser Elve et il l’emmènerait sur les chemins.

Rien ni personne n’avait pu l’en empêcher. À présent, il était seul, dans la grande forêt de l’Ouest, à la recherche de la fameuse troupe, pour tenter de se joindre à elle.

Il fit le compte de ses maigres possessions : la tenue qu’il portait, faite de peau de rennes cousues ensemble, de solides bottes de marche, un long couteau de chasse, une besace dans laquelle il avait entassé de la viande séchée et du pain noir, ainsi que quelques herbes médicinales, du fromage, quelques bijoux à échanger en cas de besoin, et sa couverture.

On était au plus fort de l’été, et, si l’hiver la température pouvait descendre en-dessous de moins quarante degrés, à la saison chaude elle pouvait grimper jusqu’à plus trente. Les petits animaux se cachaient la journée, écrasés de chaleur, et ne sortaient qu’à la nuit tombée. Ále devait se contenter de ses réserves, et de quelques baies comestibles glanées en chemin. Mais il savait qu’il ne devait pas en abuser, ou son ventre le lui ferait payer. Il avait faim.

Il se demanda pour la centième fois s’il avait fait le bon choix. Il crut entendre un bruit et tendit l’oreille, mais se rassura : encore une fausse alerte. Il se perdit dans la contemplation des flammes. Le feu l’avait toujours rassuré.

Et le monde explosa en mille étoiles quand il reçut un coup derrière la tête.

Ále grogna. Il avait trop mal pour ouvrir les yeux. Il voulut retourner dans le sommeil. Mais quelque chose le gênait. Il eut l’impression qu’on le retenait. Finalement, il décida d’affronter la réalité et ouvrit péniblement un œil. La lumière lui fit mal. Il faisait jour.

Quand il se fut habitué à la clarté, il eut une idée plus précise de sa situation : il était pieds et poings liés, en caleçon, sur le sol de la grotte, et toutes ses affaires avaient disparu. Il avait de surcroît un mal de tête épouvantable.

Il aurait pu prendre quelques morceaux d’écorce de bouleau pour faire passer son mal de tête, mais ses médicaments, comme sa besace, avaient disparu. Il s’assit tant bien que mal et dut respirer fort pour calmer son vertige. Il observa ses liens : ceux qui l’avaient attaché n’étaient pas des meneurs de troupeaux, contrairement à lui, car leurs nœuds étaient trop mal faits pour résister. Une bête ainsi entravée se serait sauvée rapidement. Il eut soudain une pensée terrible : c’était lui, la bête, en ce moment, et on l’avait attaqué par surprise et privé de tous ses biens. Il eut un moment de désespoir.

Il reprit un peu de courage et réfléchit à sa situation. Il ne devait pas se laisser aller ! En tordant ses poignets, il parvint à libérer ses mains, puis détacha ses chevilles. Il put se mettre debout et s’étirer : il avait des courbatures partout. Il regarda autour de lui : nulle trace de ses agresseurs, aucune piste à suivre. Du reste, qu’aurait-il fait ? Seul et sans armes, il était aussi vulnérable qu’un jeune renne éloigné du troupeau.

Il décida de marcher, car il ne lui servait à rien de rester sur place à se lamenter. Il se dirigea donc tout droit, vers l’Ouest, et serra les dents pour ne pas trop penser à sa situation. Ses pieds nus lui faisaient mal, blessés par les cailloux et les pommes de pin. Mais il était un Sami, il n’avait pas peur de l’effort, ni de la douleur. Il marcha, marcha, marcha, perdant le sens du temps qui passait.

Ále entendit des rires, et se dirigea vers eux, émergeant en même temps des bois et du cauchemar éveillé dans lequel il s’était perdu depuis des jours.

La suite demain : Ále a tout perdu et erre seul dans la forêt. Trouvera-t-il la force de retrouver son clan ?


Aujourd’hui, les Samis sont encore 85 000, et s’ils sont intégrés à la vie de leurs pays d’adoption – essentiellement la Suède – ils redécouvrent leurs origines, et en sont fiers. Certains vivent encore de l’élevage des rennes et de la pêche, comme leurs ancêtres ! Et leurs festivals traditionnels réunissent de plus en plus de curieux, Samis ou non !

Jouons un peu

1) Quel est l’animal fétiche traditionnel des Samis, d’où ils tiraient jadis nourriture et vêtement ?

Le cochon d’Inde
Le mammouth
Le teckel à poil dur
Le renne

Réponse : le renne bien sûr !

2) En quoi sont les vêtements de ceux qu’on voit ici en photo ? Pourquoi pas en peaux de rennes ?

Réponse :Tissus modernes, laine, coton, feutre, ont remplacé les peaux de bête, car ces Samis là sont insérés dans la vie moderne et ne s’habillent plus de peaux de rennes…


Chaque année, l’émission La Foi prise au Mot (KTO) propose un cheminement en quatre épisodes lors de l’Avent.
Cette année, Régis Burnet, professeur de Nouveau Testament à l’université de Louvain, invite à marcher avec saint Paul. Découvrez grâce aux lumières de l’apôtre le projet de Dieu pour l’humanité. (à retrouver chque jeudi sur votre site Internet)

Saint Paul et le dessein de Dieu (1/4) L'Espérance du retour du Christ (cliquez)

Homélie du pape François - Messe du premier Dimanche de l’Avent (cliquez)

La recette du gâteau de Savoie d’ Anne-Marie -(cliquez)


mercredi 2 décembre 2020



Communiqué de la décision du Conseil d’Etat du 29/11/2020 (cliquez)

Aventures chez les samis 2/4 : Le grand renne blanc

Le lendemain matin, la famille fut réveillée par un cri. La petite Naná se tenait devant le lit vide de sa sœur. Sur la peau de renne, trois morceaux de bois formaient un signe connu de tous, comme on en laissait sur la piste, pour dire "je suis partie".

Ils cherchèrent Elve pendant une heure, en vain. Filpa finit par retrouver les traces de la jeune fille, presque recouvertes par la neige : elles se dirigeaient vers le nord, vers la vallée où résidait la vieille Oile, que beaucoup considéraient comme une sorcière.


Il ne servait à rien de partir à la poursuite d’Elve dans la tempête qui s’annonçait : cela n’aurait servi qu’à faire d’autres victimes. Le cœur serré, la famille se tint chaud dans sa hutte, ne pouvant qu’attendre, et espérer. Au cœur de l’hiver, le jour ne durait que quelques heures, et encore, si on pouvait appeler cela le jour. C’était une lumière blafarde, sans ombre, et quand tout était recouvert de neige, on ne distinguait plus ni la terre, ni le ciel. Le hurlement du vent, le froid, vous rendaient fou si vous ne geliez pas.

La vieille Oile grogna et remit trois bûchettes dans le brasero. Elle jeta dessus une pincée d’herbes sèches, qui s’enflammèrent en répandant un parfum agréable dans la petite hutte. Cela lui ouvrit l’esprit, et elle réfléchit à ce qu’elle devait faire.

Cela faisait deux jours qu’elle avait trouvé la jeune fille, à moitié morte, à quelques pas de sa hutte. Elle l’avait portée à l’intérieur, la laissant d’abord près de l’entrée. Il ne fallait pas réchauffer trop vite quelqu’un que le grand froid avait blessé, sinon le cœur pouvait lâcher. Elle avait donc rapproché patiemment la jeune fille du feu, la déshabillant petit à petit. Puis, elle lui avait frotté les mains et les pieds avec de la graisse de renne, pour y faire circuler le sang. Qu’est-ce que cette jeune écervelée s’imaginait ? Qu’on pouvait se jeter dans la neige, comme ça, en pleine tempête, sans rien risquer ? Elle avait eu le temps, avant de s’évanouir, de dire que Oile devait absolument la laisser là et aller sauver le garçon Ále. Folie ! Il n’était pas question de sortir de ce temps-là.

Et puis, le clan ne l’aimait pas beaucoup, elle le savait. Même si tous avaient adopté la foi chrétienne, comme elle, certains la prenaient encore pour une sorcière, adepte des anciennes croyances, comme si le fait de connaître les herbes et de savoir soigner certaines maladies faisait d’elle une amie des démons !
Non, elle ne risquerait pas sa vie.
La fille se réveilla en geignant. Elle avait mal et son visage était brûlé par le froid. Oile la rabroua, et lui dit que c’était bon signe qu’elle souffre. Elle garderait sûrement ses doigts ! Mais ça lui était égal : elle voulait seulement que Oile aille soigner son ami.

"Pas question ! " S’écria Oile pour la troisième fois de la matinée. "Le vent souffle dehors, la neige brûle la peau comme un feu, on ne distingue plus la terre et le ciel et l’air que l’on respire vous blesse les poumons comme des couteaux qu’on vous y planterait ! Je reste ici, tout ce que je peux faire c’est te sauver toi ! Bois ton médicament et cesse de m’importuner."

Elve ne dit rien, mais saisit la fiole d’écorce de bouleau que la vieille tenait à la main, et repoussant ses couvertures, se leva d’un bond et se dirigea vers la porte en titubant. Sa tête se mit à tourner, et elle s’écroula, tremblant de toute part.
"Tu es folle !" Cria la vieille Oile. "Que fais-tu ?"
"J’y retourne !" Dit Elve en pleurant. "Je vais sauver mon ami, puisque vous ne le faites pas. Je ne le laisserai pas mourir sans rien faire !"
Et elle essaya de se redresser.

Oile soupira, s’approcha d’elle et la prit dans ses bras pour la consoler.
"Là, là," dit Oile. "Que ferais-tu dehors dans ta robe légère ? Tu ne ferais pas trois pas, et tu mourrais là, devant ma porte. On penserait quoi de moi, je te le demande ? Tu l’aimes à ce point, ce garçon ?". "C’est mon ami," grommela Elve en boudant.
"Il en a de la chance, ton ami". Après un silence, elle ajouta : "Après tout, peu importe. Je suis vieille, mais encore vaillante. Je survivrai peut-être. Mais tu vas me promettre de rester bien au chaud ici. Je te laisse assez de bois, d’eau et de nourriture pour dix jours. Au-delà, je serai revenue... du moins j’espère."

Elle s’aperçut alors qu’Elve s’était endormie, serrant la fiole de médicament dans sa main. Elle sourit et enfila ses bottes les plus chaudes, trois couches de vêtements, sa grosse veste en peau d’ours, son grand couvre-chef, ses moufles. Elle avait une gourde en peau, de la viande séchée, de quoi faire du feu, des fioles de liqueurs médicinales, son couteau de chasse, dans des poches proches de sa peau. Elle était prête à partir quand elle revint en arrière. Avec un morceau de charbon, elle traça sur une peau qu’elle laissa bien en évidence les deux signes de piste signifiant : "je suis partie" et "attends ici". Elle espéra que cela suffirait pour que la jeune fille ne tente pas une autre folie. Puis, relevant la peau de l’entrée, elle sortit affronter les éléments.

Ále soupira et ouvrit les yeux. Sa mère était à son chevet et lui épongeait le front.
"Mon grand garçon"dit-elle, et ses yeux se remplirent de larmes, "tu es revenu !"
"J’ai fait un drôle de rêve," dit Ále d’une voix pâteuse." Elve était dans la neige, perdue, et j’étais le grand renne blanc, et je lui montrais le chemin !"
Sa mère resta figée un instant et lui dit :
"Elve va bien. Elle a trouvé la vieille Oile, qui est venue ici pour te soigner. Quant à Elve, personne ne comprend comment elle a trouvé le chemin toute seule…"
"Elve est sortie chercher Oile pour moi ?" Demanda-t-il d’une voix angoissée. "Mais c’est de la folie ! Comment va-t-elle ?"
"Elle va bien, dit sa mère", rassure-toi." Les hommes ont mené une expédition pour aller la chercher et la ramener chez elle."
Le garçon soupira de soulagement. Sa mère versa un peu de médicament dans une cuillère, et lui fit boire. Aussitôt, il alla mieux. Il dit dans un soupir : "J’ai bien fait de lui cacher ses moufles !"

Et il se rendormit le cœur en paix, en rêvant qu’il était le grand renne blanc, courant dans la neige à la rencontre de celle qui l’avait sauvé, pour la guider vers la chaleur et vers la vie.

La suite demain : Ále a bien grandi. Il a une vie parfaite. Mais quelque chose en lui, lui donne envie de plus… Suivez-le dans sa quête pour devenir un homme.


Les terres des Samis – que l’on appelle traditionnellement la Laponie, même si on devrait dire la Samie – sont à cheval sur quatre pays : Suède, Norvège, Finlande et Russie. Parler sa propre langue, traverser les frontières, ne pas vivre comme les autres, leur a longtemps valu la persécution.

Regarde cette image ancienne : leurs tenues traditionnelles sont chouettes, non ? Ces enfants Samis n’ont-ils pas l’air d’être habillés comme les lutins des légendes nordiques ? Pour eux, ce n’est pas un déguisement !

Jouons un peu : Voyons si tu saurais répondre à ces questions :

1) Quel est le pays des Samis, et qu’a-t-il de particulier ?

Réponse : Ce n’est pas vraiment un pays, puisqu’il n’a pas de vraie frontière et en traverse plusieurs, à cheval sur quatre pays.

2) Quels sont les pays traversés par le territoire des Samis ?

Réponse :Suède, Norvège, Finlande, Russie.


Recette pour 24 muffins (cliquez et imprimez)

Esprit de Lumière - Communauté de l’Emmanuel interprèté par Gaudete (cliquez)

Avril 1794 : une des colonnes infernales envoyées par le gouvernement de la Terreur pour détruire la Vendée, s’approche du Moulin la Reine à Montilliers...

C’est cet épisode de l’histoire locale de Montilliers, que vous retrouverez au fil de ce mois de décembre, en huit tableaux .

Moulin la Reine : 1er tableau

1 Les lavandières (cliquez)

mardi 1 décembre 2020



« Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit »
St. Matthieu 8,8


Pas de toi(t) sans moi - Méditation du Père François-Dominique Forquin (cliquez)

Carte sapin de Noël (cliquez pour imprimer le patron et suivez les instructions)

Aventures chez les samis 1/4 : Un ami en danger

Elve sourit en jouant avec ses moufles. Sa petite sœur Naná était un peu jalouse. Elle savait pourquoi Elve souriait en laçant et délaçant bêtement les cordons de ses moufles. Elle pensait évidemment à Ále, son amoureux.

Chez les Sami, peuple du Nord l’Europe, garçons et filles vivaient le plus souvent séparés. Il fallait des années avant de pouvoir se marier. Les garçons étaient cependant autorisés à déclarer leur intérêt aux filles de façon patiente et discrète.

L’un des jeux consistait à cacher les moufles d’une jeune fille – sans se faire voir, bien sûr. Il fallait alors non seulement les retrouver, mais deviner quel garçon avait fait le coup. Un matin, en se réveillant, Elve n’avait pas retrouvé ses moufles. Elle avait retourné son lit dans tous les sens, mais elles avaient disparu.

Comme tout le monde dormait dans l’unique pièce de la grande hutte en peau, elle n’avait pas osé faire trop de bruit, et avait emprunté les moufles de sa petite sœur - un peu serrées, mais ça allait – pour sortir dans le froid aller chercher du petit bois. C’est alors qu’elle avait aperçu un mouvement et s’était retournée. Derrière un arbre se cachait Ále. Quand elle s’était approchée, le cœur battant, il avait disparu. Mais ses moufles étaient délicatement posées sur un arbre tombé dégagé de sa neige. Des pas s’en éloignaient, en direction de la hutte de la famille de Ále, bien plus loin dans la forêt.

Elve avait repris ses moufles, et s’en était retournée à sa tâche, le cœur en fête. Après cela, elle n’avait pas revu Ále pendant des semaines. Quand elle l’avait aperçu à la fête du printemps, il avait fait mine de ne pas la connaître et avait détourné la tête. Tout juste avait-il un peu de rouge aux joues et un petit sourire.

Elve aimait bien Ále. Il était encore trop tôt pour savoir s’il serait un jour vraiment son amoureux – ils n’avaient que dix ans – mais elle aimait bien l’idée. Elle aimait la façon dont il montait fièrement sur son renne pour conduire le troupeau de son père.

Un matin, elle était restée garder sa petite sœur, et son petit frère Herko, qui avait à peine quatre ans. Une année s’était écoulée depuis l’histoire des moufles, et l’hiver était l’un des plus rudes que l’on ait jamais affronté. Les plus jeunes étaient donc dans la hutte familiale, réchauffée par un poëlle central qui ronflait comme un renne.

Naná et Herko jouaient avec les rennes en bois sculptés par leur père, et, comme à leur habitude, se disputaient pour savoir qui aurait le renne blanc. L’animal de légende était supposé conduire les Sami égarés, et annoncer de bonnes choses. Elve sourit et leur dit :
"Vous n’avez qu’à l’avoir chacun votre tour, comme ça, ça ira !". Et cela suffit pour ramener la paix.

Vers midi, elle entendit des pas dans la neige au-dehors, et s’habilla rapidement. Prenant la bouilloire, elle alla la remplir de neige tout en saluant ses parents, et son grand-frère Filpa qui secouaient leurs vêtements.
"Comment vont les rennes ?" demanda Elve.
"Pas très bien", répondit Filpa. Nous avons encore perdu un vieux mâle. Ça nous fera de la viande, mais l’hiver est trop rude. Nous aurons du mal à sauver les plus faibles.

Elve frissonna, et rentra poser la bouilloire sur le feu, pour préparer une boisson chaude. Les rennes étaient toute la richesse de son peuple – tout était utilisé dans l’animal, viande, peau, os, tendons, pour se nourrir ou confectionner chaussures, objets et vêtements. Le cœur de l’hiver était une période difficile. Cet hiver ; la température allait même descendre à moins quarante degrés.

Quelqu’un appela dehors, et son père cria d’entrer. Elve fut surprise de voir Lisku, le père de Ále. Il salua à la ronde. La jeune fille sentit l’angoisse lui serrer le cœur.

"Vous reste-t-il de la liqueur d’écorce de bouleau ?" demanda-t-il. Ále est très malade depuis plusieurs jours, et nous n’en avons plus.

Le père de Elve lui répondit, d’une voix qui semblait cacher mille questions : " Nous n’en avons pas, malheureusement. Il n’y en a plus dans le clan ?"
"Nulle part", répondit l’homme tristement. "Je vous remercie, je dois retourner vers ma famille".

Il écarta la peau qui protégeait l’entrée, et un coup de vent glacial chargé de neige s’engouffra tandis qu’il sortait. Il sembla à Elve que la température avait soudain chuté. Ses parents et son frère se regardaient sans rien dire. Elle demanda en tremblant un peu : " Vous pensez que c’est grave ?"

Les Sami étaient un peuple courageux. Son père lui fit confiance en lui disant la vérité :
"Nous avons entendu parler de la fièvre de Ále. Cela fait plusieurs jours qu’il est très malade. Il n’arrive plus à manger, et il délire. Ses parents et ses frères et sœurs se relaient pour le rafraîchir, et lui parler. Ils prient beaucoup. Mais ils n’ont plus rien pour le soigner. Seule la vieille Oile pourrait peut-être faire quelque chose, mais elle ne sort pas de chez elle pendant l’hiver. Et sa hutte est à trois jours de marche. Personne ne risquerait sa vie par ce temps-là, et encore moins celle d’un renne. Non, il faut prier."

Le silence se fit dans la hutte. Elve se jeta sur son lit, et, la tête enfouie dans sa peau de renne, pleura silencieusement en tenant ses moufles contre son cœur…

La suite demain : Elve est désespérée, Ale est très malade. Que peut-elle faire pour sauver son ami ? Suivons-la dans son incroyable périple.



Les Samis sont un peuple du Nord de l’Europe, très ancien, vivant très simplement, en accord avec la nature. Leur pauvreté et leur mode de vie, leur ont longtemps valu le mépris des autres peuples du Nord. D’ailleurs, ils les ont longtemps appelé les « Lapons » - ce mot est resté dans notre langue – ce qui en suédois veut dire « ceux qui sont mal habillés », ou encore « ceux qui sont en haillons ». Pas très sympa, n’est-ce pas ?

Voyons si tu es observateur...

1) D’après toi, quel est l’abri que l’on voit derrière cette famille ?

Réponse : la maison des Samis, appelée la lavvu, faite à l’origine de peaux de rennes, puis quand des échanges commerciaux avec l’extérieur ont été possibles, de différentes toiles bon marché, tendues sur des perches de bois, un peu comme les tentes des peuples d’Amérique du Nord. Elle est facilement démontable et transportable.

2) Pourquoi une maison démontable ?

Réponse : pour pouvoir voyager, suivre les troupeaux de pâturage en pâturage, même si au fil du temps des familles de plus en plus nombreuses se sont « sédentarisées », c’est-à-dire qu’elles ont construit des maisons en dur. Mais aussi parce qu’ils élèvent des rennes et disposent donc de leurs peaux.


dimanche 29 novembre 2020 : 1er dimanche de l’Avent


1er dimanche de l´Avent , lectures et commentaires de M.N.Thabut (cliquez)


Regardez l'humilité de Dieu - Anne-Sophie Rahm (cliquez)
Tom et sa grand-mère
Du hockey et des muffins


Tom sonna vigoureusement à la porte de sa grand-mère chez qui il aimait beaucoup aller. Mamie était tellement créative qu’on ne s’ennuyait jamais chez elle, et Tom avait hâte de voir ce qu’ils allaient faire aujourd’hui.
Elle lui ouvrit aussitôt :

  • Tom ! dit-elle. Entre, je t’attendais !
    Tom pénétra en trombe dans la maison, curieux de découvrir ce que sa grand-mère avait préparé pour lui. Mais il fut surpris : sur un guéridon du salon, une couronne de branches de sapin, joliment décorée, avec quatre bougies dont une seule allumée, côtoyait une Bible ouverte.
  • Qu’est-ce que c’est ? demanda Tom.
  • Une couronne de l’Avent ! répondit sa grand-mère. Tu n’en as jamais vu ?
  • Si, bien sûr, dit Tom, mais ça s’accroche dehors sur la porte non ? Et c’est à Noël qu’on sort ça ?
  • C’est pour préparer Noël justement. Le mot Avent, avec un e, désigne le temps qui prépare à Noël.
  • Je ne comprends pas, dit Tom.
  • Bon, dit sa grand-mère, assieds-toi, je vais tout t’expliquer.
    Tom adorait cette phrase, c’était comme la clé qui ouvrait un monde d’histoires merveilleuses !
  • Bon, dit sa grand-mère, tu vas bien à un match de Hockey sur glace avec ton papa dans un mois ?
  • Oui ! s’exclama Tom, des étoiles dans les yeux.
  • Très bien, continua-t-elle. Et est-ce que tu te prépares pour le match ou tu attends juste d’y aller ?
  • Oh, j’y pense tout le temps ! s’écria Tom. Je suis trop content d’y aller ! J’ai eu leur T-shirt comme cadeau pour mon anniversaire. J’ai appris tous les noms des joueurs, regardé des photos et des films où ils jouent. L’autre jour j’ai fait des pancakes. J’ai… Mais… Mais quel rapport avec Noël ?
  • Eh bien tu vois, Noël c’est pareil. Ce n’est pas juste un grand événement qu’on découvre le matin en se levant, on le prépare quelques semaines à l’avance, pour être fin prêt le jour J !
  • Combien de semaines ? demanda Tom.
  • La solution est autour de toi… répondit sa grand-mère avec un sourire rusé.
    Ça aussi, c’était une phrase clé. Tom observa ce qui l’entourait et dit :
  • Je sais ! Quatre bougies, quatre semaines, c’est ça ?
  • Oui, dit grand-mère, bravo mon grand. Et ce dimanche commence la première semaine. Chaque semaine, il y a une bougie à allumer et quelque chose du message de Noël à découvrir. Tu veux bien ?
  • Oui ! Dit Tom.
  • Alors, dit sa grand-mère, je vais te lire quelque chose de la Bible. Adam et Ève !
  • Je connais, dit Tom, mais le papa d’Hector dit que c’est des bêtises, que scientifiquement ça ne se peut pas !
  • Le papa d’Hector, dit sa grand-mère, confond peut-être deux ou trois choses. D’abord, c’est un moine qui a le premier parlé du big bang, l’explication scientifique de la naissance de l’univers. Mais si la science dit comment, la foi dit pourquoi.
    Elle lui lut des extraits du livre de la Genèse qui, au début de la Bible, raconte en un long poème la Création du monde.
  • C’est beau, dit Tom après un instant.
  • La science et la foi ne sont pas si opposées que certains le croient, mon grand. Ce poème sur la Création nous dit que Dieu nous aime. C’est une déclaration d’amour !
  • Waow, dit Tom. Carrément !
  • Oui, et Il nous confie même sa Création, parce qu’Il veut qu’on y participe !
  • Là, dit Tom, je ne capte pas ! Il n’a pas besoin de nous non ?
  • Ah, ça, c’est comme les muffins de ton père !
    Tom sourit. Personne au monde ne savait mieux que sa grand-mère rebondir sur des images et des exemples du quotidien.
  • Ton père fait des muffins, n’est-ce pas ?
  • Les meilleurs du monde ! confirma Tom.
  • Est-ce qu’il a besoin de toi pour en faire ? demanda sa grand-mère.
  • Non, dit Tom, c’est le meilleur pour ça.
  • Et pourtant, est-ce qu’il te le demande régulièrement ?
  • Eh bien, dit Tom, il m’appelle à chaque fois qu’il en fait et je l’aide. Oui, c’est vrai ça, au fond, il n’a pas besoin de moi.
  • Alors, dit sa grand-mère, pourquoi te demande-il de l’aider ?
  • Ben, dit Tom, il veut qu’on passe du bon temps ensemble, des moments père-fils comme il dit. Il veut aussi que j’apprenne à cuisiner, parce qu’il dit que les garçons doivent savoir tout faire à la maison. Et puis on s’amuse beaucoup, j’aime bien !
  • Voilà tout le sens de cette première bougie, mon grand, dit sa grand-mère en regardant la petite flamme danser sur la couronne de l’Avent. Dieu nous aime, et nous a voulus pour nous-mêmes, pour que nous puissions l’aimer et par lui être aimés. Il veut nous rendre acteurs de sa Création, par pur amour.
  • Ça alors, dit Tom tu parles d’une découverte !
  • Et ce n’est qu’un aspect du message de Noël…
  • J’ai hâte d’entendre le reste, dit Tom.
  • Rendez-vous pour la seconde bougie la semaine prochaine alors !
  • Compte sur moi !
    En rentrant chez lui, ce midi-là, Tom expliqua à sa famille ce qu’il avait découvert. Sa sœur Lara eut aussitôt envie de faire une couronne de l’Avent, et lui demanda de lui lire aussi l’histoire de la Genèse. Un peu plus tard, son papa l’appela et lui demanda :
  • Tu veux faire des muffins mon grand ?
    Tom fit semblant d’hésiter, ce qui était un jeu entre eux et dit enfin :
  • OK, dit Tom. Mais, dis-moi, on ne pourrait pas en faire des spéciaux cette année, pour Noël ?
  • Pourquoi pas, dit son papa, mais ça se prépare d’avance ça. Je dois trouver une recette spéciale… Oui, j’ai des idées ! On peut essayer !
  • Super, dit Tom, dans ce cas, en Avent !

La suite des aventures de Tom dimanche prochain.

Chaque dimanche de l’Avent, un dessin te sera proposé. Tu pourras les imprimer, lescolorier et pourquoi pas les déposer dans ton coin prière en attendant Noël.

Imprimez et coloriez (cliquez)

Un calendrier de l’Avent catholique sur votre mobile


Comment cheminer spirituellement en ce temps de l’Avent ? Comment se préparer à vivre Noël, en communion avec la communauté catholique ? La Conférence des évêques de France propose un calendrier de l’Avent digital via l’application mobile Eglise catholique en France.
Chaque jour, à partir du 29 novembre, premier dimanche de cet Avent 2020 et début d’une nouvelle année liturgique, un nouveau contenu sera dévoilé sous la case correspondante du calendrier, pour prier, méditer, ou découvrir comment les communautés catholiques préparent la fête de Noël.
Le lien pour télécharger l’application (cliquez)


NE SOIS PAS LE DERNIER A DONNER AU DENIER. messages et vidéos pour connaitre et répondre aux besoins du diocèse (cliquez)


Pour en savoir plus et répondre aux besoins du diocèse, cliquez sur ce lien

NE SOIS PAS LE DERNIER A DONNER AU DENIER

Six épisodes à découvrir au fil des six semaines à venir pour comprendre l’importance du denier de l’Eglise.

Pour info : Le denier sert à rétribuer les prêtres, à rembourser les frais pastoraux des diacres, des prêtres à la retraite
Pour chaque paroisse, la prise en charge des prêtres revient à 18000€ par an.

3 façons de participer :

en ligne cliquez ici avec votre carte bancaire c’est sécurisé et rapide.

par prélèvement automatique pour un soutien régulier et réparti dans la durée.

par chèque à l’ordre de l’Association Diocésaine d’Angers.
Vous pouvez compléter le bulletin avec vos coordonnées et renvoyer chèque et bulletin à : Association Diocésaine d’Angers 36 rue Barra - BP 40608 - 49006 Angers cedex 1 -

Merci pour votre générosité !

Campagne du denier 2020 - 2ème épisode : les séminaristes (cliquez)
Campagne du denier 2020 - 3ème épisode : les Laïcs en mission ecclésiale (cliquez)
Campagne du denier 2020 - 4ème épisode : les Religieuses en mission (cliquez)
Campagne du denier 2020 - 5ème épisode : Joyeux Noël ! (cliquez)
Campagne du denier - dernier épisode : Ne sois pas le dernier à donner au denier (cliquez)



Communiqué de Monseigneur Delmas du 27/11/2020 concernant la reprise des messes (cliquez)